Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC au plus haut de la décennie !

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC au plus haut de la décennie !©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 12 janvier 2018 à 17h45

Tandis que Wall Street aligne les records historiques sans faiblir, l'indice phare parisien, le CAC 40, a affiché pour sa part un gain supplémentaire de 0,8% cette semaine, pour dépasser les 5.500 pts (+0,52% en clôture ce soir à 5.517 pts), au plus haut de plus de dix ans. L'humeur reste donc à l'optimisme, sur fond de reprise économique en Europe et d'espoirs liés à la nouvelle législation fiscale aux USA... Sur la cote américaine, le Dow Jones se rapproche désormais des 26.000 pts et le S&P500 des 2.800 pts, alors que le Nasdaq évolue à environ 7.250 pts. Les trois indices de référence de Wall Street sont logés sur des sommets.

Reprise en Europe

Le taux de chômage a reculé à 8,7% dans la zone euro en novembre 2017, son meilleur niveau depuis janvier 2009, selon les statistiques officielles publiées par Bruxelles cette semaine. La situation de l'emploi s'est légèrement améliorée par rapport à octobre (8,8%) et plus fortement en glissement annuel (9,8% en novembre 2016).

Dans l'UE28, le taux atteint 7,3%, au plus bas depuis octobre 2008. Eurostat estime que 14,263 millions de personnes étaient sans emploi dans la zone euro en novembre, soit 107.000 de moins qu'en octobre et 1,56 million de moins qu'en novembre 2016.

Dans la zone euro, cinq pays s'affichent toujours au-delà de la moyenne : la France (9,2%), l'Italie et Chypre (11%), l'Espagne (16,7%) et la Grèce (20,5%, dernières données disponibles septembre 2017). Les taux les plus faibles se trouvent en Allemagne et à Malte (3,6%), aux Pays-Bas (4,4%) et en Autriche (5,4%). Hors zone euro, la République Tchèque (2,5%) affiche toujours le taux de chômage le plus faible.

Le chômage des jeunes de moins de 25 ans ressortait à 18,2% en zone euro, ce qui représente 2,624 millions de personnes. La situation est cependant en amélioration de 286.000 personnes sur un an. Là encore, il est faible en Allemagne (6,6%), mais très élevé en Grèce (39,5% en septembre 2017), en Espagne (37,9%) et en Italie (32,7%).

BCE rassurante

Après un début de semaine en demi-teinte, l'euro est reparti en nette hausse hier jeudi, suite à la publication du compte-rendu de la dernière réunion de la BCE des 13 et 14 décembre dernier. Ces "Minutes" ont montré que la banque centrale européenne pourrait revoir sa communication à moyen terme, en tenant moins compte de l'inflation... En fin de journée ce vendredi, l'euro progresse encore de 0,9% à 1,214$.

Après la Banque du Japon, qui a annoncé mardi son intention de réduire ses achats d'obligations d'Etat, la BCE a donc fait comprendre hier jeudi qu'elle entendait modifier son discours cette année pour intégrer l'amélioration de la conjoncture économique dans la zone euro, ce qui a contribué à renchérir la devise unique européenne.

Selon les Minutes de la BCE, "le discours, relatif à diverses dimensions de la politique monétaire et du pilotage des anticipations, pourrait être revu en début d'année prochaine", c'est-à-dire 2018. Pour les marchés, cette phrase est le signe d'une volonté de normalisation, après près de trois ans d'achats massifs d'obligations par la BCE ("QE"). Ce programme, qui a été prolongé jusqu'en septembre, avec des achats réduits de moitié à partir de janvier 2018, pourrait donc s'arrêter à l'automne.

Plusieurs voix se sont prononcées en ce sens au cours des derniers jours, dont celle de Jens Weidmann, le président de la Bundesbank, considéré par beaucoup comme un candidat potentiel à la succession du président de la BCE Mario Draghi à la fin de son mandat en octobre 2019.

Pétrole au plus haut de 3 ans

Les cours du pétrole consolident enfin ce vendredi, après leurs sommets de la veille. Le cours du Brent avait retrouvé hier son plus haut niveau depuis 3 ans, franchissant même la barre des 70$ en séance. Ce vendredi, le baril de Brent cède désormais 0,2% à 69,1$. De son côté, le brut léger américain (WTI) régresse aujourd'hui de 0,4% à 63,6$ le baril (contrat de février sur le Nymex), après avoir lui aussi atteint hier son plus haut niveau depuis 3 ans.

Les cours du brut ont été soutenus par une déclaration du ministre du pétrole des Emirats arabes unis, Suhail al-Mazrouei. Il a affirmé que l'Opep était bien déterminée à poursuivre les mesures de maîtrise de sa production jusqu'à la fin de l'année 2018. Il s'est aussi montré confiant sur un rééquilibrage de l'offre et de la demande courant 2018, après plusieurs années d'excédents d'offre.

En milieu de semaine, les cours de l'or noir profitaient aussi de l'annonce d'une 8ème semaine de baisse consécutive des stocks de pétrole aux Etats-Unis. L'agence américaine d'information sur l'Energie (EIA) a indiqué que les stocks avaient reculé de 5 millions de barils, à 419,5 millions, dans la semaine achevée le 5 janvier. La production américaine de pétrole a elle aussi reculé, de 290.000 barils par jour, à 9,5 millions de barils par jour, selon l'EIA.

Profitant en outre d'incidents de production (Ecosse, Libye..) et de tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les cours du pétrole ont gagné plus de 10% depuis un mois, au point que de nombreux analystes annoncent désormais que l'heure de la correction approche...

LES VALEURS

Eramet (+14% sur la semaine). Le titre a affiché la meilleure performance du SBF120 cette semaine, dans la tendance sectorielle et sans actualité spécifique. Euronext avait annoncé en décembre que le groupe minier allait réintégrer le SBF120. C'est chose faire depuis le 18 décembre.

Vallourec (+7% sur cinq jours) s'est bien repris, sur un marché privilégiant visiblement les dossiers les plus massacrés l'année dernière. La progression des cours du brut alimente également la reprise du secteur en bourse.

TechnipFMC (+7% sur cinq jours). Parmi les avis récents, UBS a fait le point en début d'année sur les perspectives de TechnipFMC, en revenant sur les derniers contrats adjugés récemment dans la filière de l'ingénierie pétrolière et gazière en Norvège. Le broker helvétique voit d'un bon oeil l'avalanche de décisions tardives annoncées par les producteurs locaux en décembre... De quoi conforter son opinion 'achat' sur le dossier, toujours valorisé 30 euros l'action.

Alten (+6% sur cinq séances). Oddo BHF a relevé de 80 à 84 euros son objectif sur le groupe de R&D externalisé, un titre qu'il continue d'apprécier avec une recommandation 'achat' inchangée.

Airbus (+6% cette semaine). Airbus présentera ses performances commerciales 2017 le 15 janvier prochain. Le bilan des commandes et des livraisons sera présenté par le président d'Airbus Commercial Aircraft Fabrice Brégier et son COO Clients John Leahy, pour leur dernière présentation annuelle puisque les deux hommes auront quitté l'entreprise l'année prochaine. Une conférence de présentation est programmée entre 9h00 et 10h00. Le rival Boeing a annoncé cette semaine 912 commandes nettes et 763 livraisons, ce qui lui garantit le leadership mondial. Airbus est réputé avoir livre 703 appareils en 2017.

Tarkett (-9% sur la semaine). La semaine a été difficile pour Tarkett, dont le titre a chuté suite à une note d'Exane BNP Paribas, qui a abaissé de surperformance à neutre sa recommandation, en ramenant son objectif de 44 à 38 euros. Le taux de recommandation favorable sur le dossier a reculé de 61,5 à 54%. L'objectif de cours moyen recule légèrement à 39,44 euros.

Suez (-8% sur cinq jours). Credit Suisse, qui n'était déjà pas un fervent défenseur de Suez Environnement, en rajoute une couche ce vendredi en abaissant de 13,1 à 12,9 euros son objectif, justifiant la reconduction de sa recommandation 'sous-performance'. Pour le broker helvétique, le groupe de utilities français s'achemine en 2018 vers une nouvelle année sans relief au niveau de ses comptes, en raison d'un faible levier opérationnel sur l'augmentation des tonnages de déchets traités et à cause d'un risque d'augmentation des taxes d'enfouissement...

Veolia (-6% sur la semaine). Le pic touché cette semaine à 22,07 euros par Veolia, un plus haut depuis février 2016, a poussé deux bureaux d'études à abaisser leurs recommandations. Goldman Sachs et Société Générale sont passés d'achat à neutre hier soir, avec des objectifs respectifs inchangés de 22,80 et 22,50 euros. Veolia conserve 48% d'avis positifs, pour un objectif moyen de 21,72 euros.

Sodexo (-5% sur la semaine). Contre la tendance, Oddo BHF a revalorisé ce vendredi le dossier Sodexo, pour lequel il vise 125 euros contre 122 euros jusqu'ici. Revenant sur la la publication financière décevante du groupe et ses conséquences sur le titre, Oddo BHF estime la sanction "justifiée mais trop importante" alors que les objectifs pour l'ensemble de l'exercice sont confirmés... Par ailleurs, JP Morgan a réhaussé son cours cible à 120 euros sur le dossier et Barclays à 94 euros. Kepler Cheuvreux est plus réservé avec un ajustement de cours inverse de 120 à 115 euros.

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