Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC se maintient sur les 5.500 pts

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC se maintient sur les 5.500 pts©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 11 mai 2018 à 17h45

Les places financières mondiales ont confirmé leur fermeté tout au long de la semaine, malgré la confirmation de la sortie des USA de l'accord international sur le nucléaire iranien. Cette décision, qui n'était certes pas une réelle surprise, ouvre tout de même une période d'incertitude.

Sur le dossier nord-coréen cette fois, la situation semble s'apaiser. Donald Trump vient d'ailleurs d'annoncer que sa rencontre très attendue avec le leader nord-coréen Kim Jong-un allait avoir lieu à Singapour le 12 juin. Trump espère que ce meeting constituera "un moment très spécial" pour la paix dans le monde...

Les valeurs pétrolières ont largement soutenu les bourses mondiales tout au long de la semaine. Total s'est adjugé 2% sur cinq séances, sur les 53 euros désormais... L'indice phare parisien, le CAC 40, s'est accordé environ 0,5% sur l'ensemble de la semaine. Il se replie de 0,07% en clôture à 5.542 pts ce vendredi soir.

Wall Street, porté par ailleurs par les fusions et acquisitions, a poursuivi sa reprise. L'indice historique Dow Jones a repris 2,3% depuis lundi, sur les 24.800 pts à mi-parcours ce vendredi. Le Nasdaq, dopé par Apple, s'est accordé 2,7% sur cinq séances et se stabilise sur les 7.400 pts aujourd'hui.

Le baril de brut WTI s'est affirmé sur les 71$ sur le Nymex (contrat de juin). La période d'incertitude géopolitique qui s'ouvre a porté les cours du brut au plus haut niveau en trois ans et demi. Il faut remonter à l'année 2014 pour retrouver de tels prix du pétrole. Le Brent a franchi pour sa part les 77$.

Donald Trump a comme prévu annoncé mardi soir le retrait des États-Unis de l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien. Ce retrait s'accompagnera du rétablissement des sanctions économiques "les plus élevées" contre l'Iran. Le risque accru de conflit au Moyen-Orient et l'incertitude concernant l'offre pétrolière globale soutiennent donc les cours.

Certains spécialistes estiment que le rétablissement des sanctions limitera les exportations pétrolières iraniennes, pesant sur l'offre globale. L'Iran, membre de l'Opep, était en effet redevenu un exportateur majeur depuis le début de l'année 2016, lorsque les sanctions internationales avaient été levées...

Par ailleurs, le Département américain à l'énergie a publié mercredi son rapport concernant les stocks pétroliers domestiques aux États-Unis. Pour la semaine close au 4 mai, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, sont ressortis en recul de 2,2 millions de barils. Les stocks d'essence ont également régressé de 2,2 millions de barils, alors que les stocks de distillés ont baissé de 3,8 MB en comparaison de la semaine antérieure... Les analystes tablaient sur des replis moins prononcés des trois catégories de stocks... L'American Petroleum Institute, de son côté, avait fait état d'un recul de 1,9 million de barils des stocks de brut.

Du côté de la Zone euro cette fois, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a affirmé aujourd'hui la nécessité d'un nouvel instrument budgétaire commun, afin d'assurer un minimum de cohésion entre pays membres en cas de choc économique. "Nous avons besoin d'un instrument budgétaire supplémentaire pour maintenir la convergence lors de chocs importants, sans qu'il soit nécessaire de surcharger la politique monétaire", a déclaré Draghi, selon des commentaires rapportés par l'agence Reuters. Son objectif serait "de fournir une couche supplémentaire de stabilisation, renforçant ainsi la confiance dans les politiques nationales"...

LES VALEURS

Soitec (+14% sur la semaine). Le titre a amplement profité de la tendance sectorielle. Le mois dernier, Soitec avait dévoilé une solide publication trimestrielle, marquée par des ventes en hausse de 42% en glissement annuel à 92 millions d'euros. La société est en bonne voie pour atteindre son objectif de long terme d'une marge d'EBITDA de plus de 30%. Lors d'un roadshow récent à Paris, Soitec a réitéré ses perspectives positives concernant le développement de son marché global adressable et a donné davantage de détails sur la façon dont l'entreprise fait pression pour développer les technologies SOI, en particulier dans l'industrie automobile. La société a également discuté de la possibilité d'extension de son usine actuelle au lieu d'investir dans un nouveau lieu...

Maisons du Monde (+8% sur cinq jours). Le groupe avait publié début mai un premier trimestre en croissance de 11,5% en glissement annuel et de 5,1% à périmètre comparable, en ligne avec les objectifs. Le 3 mai 2018, Maisons du Monde a par ailleurs annoncé l'acquisition d'une participation de 70% dans Modani, une enseigne d'ameublement présente sur l'ensemble du territoire américain par ses magasins et son activité e-commerce. En 2017, Modani a réalisé des ventes de 41,4 millions de dollars et un EBITDA de 4,9 millions de dollars.

Hermès (+6% sur cinq séances). Le groupe de luxe avait dévoilé ses derniers chiffres d'activité début mai. Hermès a vu ses ventes grimper à 1,39 milliard d'euros au T1, en hausse de 3,1%, bridées par la progression de l'euro face au dollar en début d'année. A taux de change constants, la croissance a ainsi atteint 10,8%, malgré une base de comparaison très généreuse, après une hausse de 4,6% au dernier trimestre de 2017 et 8,6% sur l'ensemble de l'année dernière.

EDF (+6% sur la semaine) a publié cette semaine son information financière trimestrielle, confirmant au passage ses objectifs 2018. Le chiffre d'affaires du groupe sur le premier trimestre 2018 s'élève à 20,4 milliards d'euros, en hausse organique de 3% par rapport au premier trimestre 2017. Cette évolution est principalement portée par le segment France - Activités régulées en lien avec l'évolution tarifaire et par la performance d'EDF Trading qui bénéficie d'un contexte de volatilité et de prix favorable lié au climat en Europe et en Amérique du Nord.

Le groupe a confirmé ses objectifs 2018, tablant sur un Ebitda allant de 14,6 à 15,3 MdsE. Le cash flow hors Linky, nouveaux développements et plan de cession d'actifs est attendu voisin de zéro. Le taux de distribution cible du résultat net courant se situe à 50%. Le ratio d'endettement financier net sur Ebitda est anticipé inférieur ou égal à 2,7x.

Air France-KLM (-11% sur la semaine). Le titre trébuche sur la semaine, malgré le rebond technique observé ce vendredi. Le groupe a annoncé une baisse sensible du nombre de passagers transportés à 6,9 millions en avril, soit un repli de 2,5% et un trafic en baisse de 2,6% en raison des grèves chez Air France. Côté brokers, les ajustements se poursuivent. C'est au tour de la firme HSBC d'abaisser son objectif de cours de 13 à 9,5 euros ce vendredi. Oddo BHF avait déjà dégradé le titre à 'alléger' en abaissant le curseur à 7,20 euros. MainFirst qui était 'neutre' jusqu'ici en visant 10 euros, est passé quant à lui à 'sous-performance' en coupant son objectif à 6 euros.

L'action a été attaquée ces dernières séances après que le PDG du groupe, Jean-Marc Janaillac, eut annoncé sa démission. Le dirigeant, qui avait mis son poste dans la balance, a tiré les conséquences du camouflet infligé par les salariés d'Air France lors de la consultation sur l'accord pluriannuel proposé le 16 avril dernier, dont il était à l'origine et dont les résultats sont ressortis en sa défaveur. Le personnel de la compagnie a en effet rejeté majoritairement, à 55% (pour une participation de 80%), le projet d'accord salarial proposé par le management, qui passait par une augmentation de 7% sur quatre ans, dont un rattrapage de 2% en 2018. De quoi placer Air France dans une situation très délicate...

LafargeHolcim (-6% sur cinq jours). Le cimentier franco-suisse fait les frais de sa publication trimestrielle, laquelle a mis en relief une dégradation des marges, dans une proportion plus importante qu'escompté par la communauté financière. Le groupe s'est cependant dit en bonne voie pour atteindre ses objectifs annuels pour 2018.

Sous l'effet d'un hiver exceptionnellement rigoureux en Amérique du Nord et en Europe, l'Ebitda sous-jacent de LafargeHolcim est ressorti à 700 millions de francs suisses au titre des trois premiers mois de 2018, en baisse de 13,4% par rapport à la même période de 2017. En base comparable, l'érosion de cet indicateur atteint 7,7%. A noter que le consensus des analystes était calé sur un Ebitda de 726 MCHF. Petit lot de consolation, le chiffre d'affaires de LafargeHolcim sur ce T1 s'est hissé à 5,83 MdsCHF, faisant ressortir une croissance organique de 3,1%. Les prévisions des analystes sont dépassées.

Société Générale (-5% sur cinq séances). Le titre fléchit encore cette semaine. Réagissant aux résultats trimestriels de l'établissement, ressortis en-dessous des attentes la semaine dernière, JP Morgan a abaissé cette semaine à 48 euros son cours cible, tout en restant 'neutre'. Kepler Cheuvreux (conserver) a réduit à 44 euros son objectif.
Morgan Stanley était passé auparavant de 'surpondérer' à 'pondération en ligne'... Pour faire face aux risques d'amendes aux Etats-Unis, notamment pour les dossiers du Libor et de la Libye, la banque française a provisionné dans ses comptes 2,3 milliards d'euros. L'établissement dirigé par Frédéric Oudéa a par ailleurs fait état au T1 d'un PNB de 6.294 ME, en recul de 2,5%. Le bénéfice net est ressorti à 850 ME, légèrement en-dessous des pronostics du consensus...

Depuis le début de l'année, le secteur financier reste largement délaissé avec des valeurs qui sous-performent systématiquement l'indice vedette et qui, pour la plupart, accusent des replis par rapport au 1er janvier...

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