Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC40 limite la casse, l'euro pèse

Marchés / bilan hebdomadaire : le CAC40 limite la casse, l'euro pèse©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 26 janvier 2018 à 17h45

Le marché parisien flirte avec ses niveaux d'il y a dix ans! Malgré la vigueur de l'euro, désormais tout proche de la barre de 1,25$, le CAC40 parvient à grignoter 0,05% sur la semaine, à 5.529 points ce vendredi soir. Mardi, l'indice a touché un plus haut d'une décennie, à 5.567 points, avant de reculer. La BCE était au centre des attentions ces derniers jours puisqu'elle tenait sa première réunion de l'année. Sans surprise, elle a laissé ses taux directeurs inchangés, tout comme son programme de rachat d'actifs. Les multiples déclarations de dirigeants lors du forum économique mondial de Davos ont également pesé sur les marchés, particulièrement sur celui des devises où chaque phrase est diversement interprétée...

Du coté des entreprises, LVMH a lancé la saison des résultats à Paris. Et une nouvelle fois le géant du luxe a dépassé toutes les attentes. Carrefour a également été recherché après la présentation du plan de relance du distributeur. A l'inverse, Suez a été sanctionné après un avertissement surprise sur ses résultats.

ECO ET DEVISES

D'après le rapport gouvernemental, la croissance américaine du quatrième trimestre 2017 est ressortie sur un rythme de 2,6%, contre +2,9% de consensus de place et +3,2% pour le trimestre antérieur. L'indice des prix rattaché au PIB a augmenté sur un rythme de +2,4%, contre +2,3% de consensus. Les dépenses réelles de consommation sont ressorties en croissance de 3,8%, contre +3,6% de consensus.

Les commandes nouvelles en biens durables aux Etats-Unis, pour le mois de décembre 2017, sont ressorties en progression de 2,9% en comparaison du mois antérieur, contre +0,6% de consensus. Hors transport, les commandes se sont appréciées de 0,6%, en ligne avec les attentes de marché.

L'indice des indicateurs avancés américains mesuré par le Conference Board pour le mois de décembre 2017 est ressorti en progression de 0,6% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de +0,5% et une lecture révisée de +0,5% pour le mois de novembre.

D'après le Département américain au commerce, les ventes de logements neufs du mois de décembre 2017 sont ressorties sur un rythme de 625.000 unités, contre un consensus de place de 680.000 et un niveau de 689.000 pour le mois de novembre (lecture révisée en baisse).

L'économie britannique a continué à bien résister en fin d'année dernière même si elle montre des signes d'essoufflement, Brexit oblige. Selon les données provisoires de l'Office national de la statistique, le PIB a progressé de 0,5% au quatrième trimestre 2017, après une hausse de 0,4% au cours des trois mois précédents. En glissement annuel, la croissance ressort à 1,5%, contre 1,7% au troisième trimestre et 1,4% de consensus. Il s'agit de la plus faible croissance enregistrée par l'économie britannique depuis début 2013.

La croissance de la zone euro continue son accélération en ce début d'année, le taux d'expansion atteignant, en janvier, un pic de près de 12 ans. L'indice PMI IHS Markit Flash Composite se redresse ainsi de 58,1 en décembre à 58,6 en janvier, atteignant son plus haut niveau depuis juin 2006. La croissance s'accélère dans le secteur des services et affiche son plus fort taux depuis août 2007, tendance toutefois partiellement compensée par un ralentissement de l'expansion dans le secteur manufacturier.

L'indice de confiance des milieux d'affaires allemands compilé par l'Institut Ifo a atteint 117,6 points en janvier, soit légèrement au-dessus des attentes (117,1 pour le consensus). En décembre, l'indicateur avait atteint 117,2 points. La composante évaluation actuelle ressort à 127,7 points (contre 125,4 au consensus et 125,4 en décembre) et la composante des attentes à 108,4 points (vs. 109,4 au consensus et 109,5 le mois précédent).

Sur le marché des changes, l'euro vaut désormais 1,243$, en hausse d'environ 1,7% sur la semaine. Du côté du pétrole, le baril WTI s'affiche à environ 66$ et le Brent ressort à 70,4$. L'once d'or s'échange autour des 1.352 dollars (+1,5%).

LES VALEURS

* Econocom progresse de 6,5%. La SSII a dégagé en 2017 un chiffre d'affaires de 2,98 MdsE, en hausse de 17,5% en données brutes et de 11,2% en organique. Les objectifs du plan 2013/2017 sont atteints, avec un résultat opérationnel courant qui devrait dépasser 150 ME.

* GTT monte de 5,9% alors que le groupe a décidé d'unir ses forces avec le Chinois CHI (Cosco Shipping Heavy Industries) pour mieux faire face aux exigences du marché et à ses nouvelles orientations. Les deux groupes ont signé un accord portant à la fois sur la construction et la rénovation de navires propulsés au GNL, sur des petits méthaniers, ainsi que sur des unités de production, de liquéfaction et de stockage de GNL (FLNG), etc. Autant de projets qui correspondent aux priorités de CHI en matière de développement stratégique, à savoir rester compétitif et couvrir la gamme complète de produits dans ses domaines de spécialisation.

* Carrefour grimpe de 5,7%. Alexandre Bompard semble avoir convaincu la communauté financière avec la présentation du plan de relance du groupe. Le dirigeant souhaite simplifier l'organisation, réduire drastiquement les coûts, investir massivement dans le numérique et modifier en profondeur l'offre alimentaire. Si tout reste à faire, la majorité des analystes a pris bonne note des ambitions de l'ancien patron de la Fnac et beaucoup ont revu leurs objectifs à la hausse sur Carrefour.

* LVMH gagne 4,5%. Le groupe parvient encore, trimestre après trimestre, à surprendre des investisseurs pourtant fort exigeants sur le dossier. LVMH a dépassé le consensus 2017, avec des ventes de 42,6 MdsE en croissance organique de 12% et une marge opérationnelle courante en progression à 19,5%. Le bénéfice net s'envole de 29% à 5,13 MdsE. Un dividende de 5 euros est proposé sur l'année (dont 1,60 euro déjà versés).

* M6 s'adjuge 4,2%, soutenu par une note d'analyste. Liberum est en effet passé de 'conserver' à 'acheter' sur le titre du groupe de média tout en portant son objectif de cours de 20,50 euros à 27 euros.

* Société Générale avance de 3%. Le 'Handelsblatt' a fait état de rumeurs selon lesquelles Goldman Sachs, Barclays et Société Générale étudieraient un rachat de la division EMC de la Commerzbank. La banque allemande avait annoncé en mars 2017 son intention de scinder cette unité, en évoquant la piste d'une éventuelle introduction en bourse. Elle comprend les ETF, les dérivés actions et d'autres activités de marché. A priori, ce sont surtout les ETF qui intéressent les prétendants, mais une source bien informée a laissé entendre à la publication allemande que la Commerzbank veut trouver preneur pour la totalité de la division.

* Casino prend 2,3%, dans le sillage de Carrefour.

* Elior (+1,9%). Le premier trimestre fiscal a été marqué par un chiffre d'affaires de 1,69 MdE, en croissance organique de 4,7%, aidée par un effet calendaire favorable. Les objectifs ont été confirmés.

A l'inverse, EuropaCorp chute de 17,4% après une mise au point guère convaincante. Le groupe a confirmé avoir entamé des discussions avec divers partenaires financiers et/ou industriels en vue d'un renforcement de ses capacités financières. Si les discussions sont toujours en cours, Gilbert Dupont estime qu'une opération sous la forme d'une augmentation de capital et/ou d'obligations convertibles d'au moins 70 ME serait nécessaire afin de permettre la poursuite des activités de la société... A ce stade, la visibilité sur l'exécution de la nouvelle stratégie du groupe est encore trop limitée et le risque de dilution d'une opération de renforcement des fonds propres semble élevé pour les actionnaires existants, souligne le broker.

* Bigben Interactive s'effondre de 17%, plombé par un léger avertissement sur résultats. Si le groupe a confirmé son objectif de revenus annuels, il ne vise plus qu'une marge opérationnelle courante comprise entre 6% et 7%, contre supérieure à 7% précédemment. Un ajustement qui s'explique principalement par le décalage du jeu Warhammer.

* Suez plonge de 14,8% après son avertissement sur les résultats 2017 provoqué par la situation particulière en Espagne et des coûts associés à la décision de mettre un terme à 2 contrats de services, au Maroc et en Inde, suite à des difficultés opérationnelles. Ces trois éléments ont coûté 45 ME à l'Ebit, qui se contractera de -2% sur l'année, alors qu'il aurait dû légèrement progresser. Les autres objectifs de Suez ont été confirmés.

* SES perd 6,6% et Eutelsat rend 7,8%. Le secteur traverse une passe délicate car il a perdu son statut de sanctuaire. Plusieurs menaces pèsent sur leurs activités, en particulier celle de voir des groupes médias diffuser des contenus sans passer par leurs services. En bourse, les valeurs du secteur affichent depuis plusieurs trimestres des performances largement inférieures à la moyenne.

* Air France KLM cède 6,7%, victime d'une note d'analyste, de la nouvelle hausse des prix du pétrole et de la chute des compagnies aériennes américaines alors que la concurrence est de plus en plus féroce outre-Atlantique.

* STMicroelectronics trébuche de 6,7% malgré une publication trimestrielle de qualité. Les prévisions pour le premier trimestre 2018 sont en revanche plus timides, même si la base de comparaison séquentielle est élevée. Les investisseurs risquent de surveiller le poids du change, avec la flambée de l'euro. En parallèle, la succession de Carlo Bozotti a été scellée, avec l'arrivée aux commandes, comme prévu, de son directeur délégué Jean-Marc Chéry.

* Publicis cède 3,8%. Le groupe dit faire l'objet d'une tentative de déstabilisation en raison de la diffusion à ses commissaires aux comptes et à certains analystes financiers d'un courrier anonyme qui affirme que Publicis Groupe aurait surévalué sa croissance organique en 2016 et 2017 par une application anticipée de la norme comptable IFRS 15. Publicis Groupe conteste formellement ces accusations. "L'auteur de ce courrier se fonde sur une interprétation erronée des normes comptables dans l'unique but de jeter un trouble sur la réalité des chiffres de Publicis".

* bioMérieux se replie de 2,1%. La croissance a ralenti au quatrième trimestre, mais le groupe dépasse légèrement ses objectifs. Le consensus espérait un peu plus. L'objectif de résultat opérationnel courant 2017 a été confirmé dans la fourchette 330 à 345 ME.

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