Marchés / bilan hebdomadaire : sursaut du CAC sur les 5.500 pts, Nasdaq 'au top'

Marchés / bilan hebdomadaire : sursaut du CAC sur les 5.500 pts, Nasdaq 'au top'
Traders sur le floor du NYSE.

Boursier.com, publié le vendredi 15 juin 2018 à 17h45

Dans une actualité particulièrement chargée cette semaine, le CAC 40, indice phare parisien, s'est octroyé sur cinq séances un gain léger de 1%, de retour à plus de 5.500 pts (de justesse), dans un contexte où l'euro est néanmoins retombé à environ 1,16$ suite à la réunion de la BCE. La semaine a été particulièrement éprouvante, puisqu'elle a débuté par l'échec du G7 et s'est terminée sur de nouvelles tensions commerciales entre USA et Chine. Même le Nasdaq, qui touchait hier soir un sommet historique à plus de 7.760 pts, redescend quelque peu ce vendredi... Le CAC 40 clôture en repli de 0,48% ce vendredi soir à 5.502 pts.

Malgré ce climat de guerre commerciale, les marchés financiers ont tout de même trouvé du réconfort dans la solidité des statistiques économiques américaines et européennes, ou encore dans l'actualité des fusions et acquisitions (finalisation du gigantesque 'deal' AT&T / Time Warner pour 85 Mds$, contre-attaque de Comcast sur Fox face à Disney, nouvelles avancées pour Qualcomm sur le dossier NXP Semiconductors...).

La semaine avait débuté sur l'échec du sommet du G7 de La Malbaie, ruiné par des tweets rageurs de Donald Trump contre le premier ministre canadien Justin Trudeau. Les dirigeants du G7 (Etats-Unis, Canada, Grande-Bretagne, France, Italie, Allemagne et Japon) s'étaient pourtant mis d'accord à l'arrachée sur la nécessité d'un "commerce libre, équitable et mutuellement bénéfique" et sur l'importance de la lutte contre le protectionnisme, selon le communiqué conjoint, qui semblait pendant un moment avoir effacé les dissensions.

Les opérateurs avaient ensuite été quelque peu rassurés par les commentaires enthousiastes du président américain Donald Trump à propos de sa rencontre avec le leader nord-coréen Kim Jong-un à Singapour. Trump estime que la dénucléarisation débutera très rapidement en Corée du Nord. Le président américain entend inviter Kim à la Maison Blanche et rencontrer plusieurs fois son nouvel allié... Selon Trump, le sommet historique avec Kim Jong-un s'est déroulé "bien mieux que ce que tout le monde espérait". Donald Trump dit avoir établi une "bonne relation" avec Kim. A Singapour, les deux dirigeants ont promis de travailler ensemble à mettre un terme à la crise nucléaire dans la péninsule coréenne.

Kim et Trump ont livré un communiqué commun détaillé à l'issue de leur rencontre. Il y est précisé que les deux dirigeants ont conduit un échange complet, sincère et approfondi d'opinions sur les questions relatives à l'établissement d'une nouvelle relation entre USA et Corée du Nord et à la construction d'un régime durable et robuste de paix sur la péninsule coréenne. Le président Trump s'est engagé à apporter des garanties en matière de sécurité, alors que le président Kim a confirmé son engagement ferme à mener à bien la dénucléarisation de la Corée du Nord. Etats-Unis et Corée du Nord entendent "joindre leurs efforts pour établir un régime de paix durable et stable dans la péninsule coréenne", affirment encore Trump et Kim.

La semaine était également celle des banques centrales, avec deux réunions sous haute surveillance. La Réserve fédérale américaine a procédé mercredi, comme l'attendaient les marchés, à une deuxième hausse de ses taux directeurs depuis début 2018. Elle a précisé qu'elle comptait relever au total ses taux quatre fois cette année, et non trois fois, comme elle le prévoyait précédemment.

La banque centrale américaine a soufflé le chaud et le froid, en adoptant d'une part un ton légèrement plus "faucon" que lors de sa précédente réunion, tout en affirmant d'autre part qu'elle ne modifierait pas son approche graduelle pour relever ses taux directeurs et qu'elle n'anticipait pas de dérapage inflationniste.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a ainsi estimé lors de sa conférence de presse que l'économie américaine "se porte très bien", ce qui a permis à la Fed de "franchir une nouvelle étape" dans son processus de normalisation de ses taux directeurs. Il a toutefois ajouté qu'il était attentif à ne "pas resserrer trop trop vite" la politique monétaire de la Fed.

Dans ses nouvelles projections médianes, la Fed anticipe donc 4 hausses cette année pour porter le taux des "fed funds" à 2,4% à la fin 2018. Puis trois autres tours de vis interviendraient en 2019 pour atteindre 3,1%, et un seul en 2020 à 3,4%. Quant à l'inflation, elle a été revue en légère hausse cette année à 2% pour l'indice "core PCE" (le plus suivi par la Fed) contre 1,9% précédemment. Cependant, pour 2019 et 2020, la Fed ne prévoit pas d'accélération des prix, avec des prévisions maintenues à 2,1% pour les deux années suivantes.

Concernant l'évolution des prix, le patron de la Fed a indiqué que la hausse des cours du pétrole allait pousser l'inflation au dessus de l'objectif de 2%, mais que ce phénomène serait "temporaire". M. Powell a ajouté qu'il ne cherchait pas à "crier victoire contre l'inflation" et a précisé que la Fed considérait que la normalisation monétaire progressive ne sera pas de nature à peser sur la croissance ni sur la bonne tenue du marché de l'emploi américain.

La Fed voit ce marché de l'emploi continuer de s'améliorer, avec un taux de chômage à 3,6% en 2018 (contre 3,8% prévu précédemment), et 3,5% en 2019 et 2020 (contre 3,6% prévu précédemment). La croissance du PIB des Etats-Unis est revu en légère hausse pour cette année (2,8% au lieu de 2,7%) mais pour les deux années suivantes, la Fed a maintenu ses prévisions précédentes (2,4% en 2019 et 2,2% en 2020).

Dans son communiqué, la Fed a retiré la mention selon laquelle les taux resteraient "durablement" en dessous de leur tendance à long terme. La Fed parle désormais de "futures hausses graduelles" au lieu d'évoquer des "ajustements" de ses taux. Les responsables de la banque centrale ont aussi signalé que les "indicateurs d'inflation à plus long terme sont peu modifiés".

La politique fiscale de Trump va constituer un "soutien significatif" pour la demande sur les trois prochaines années, a aussi estimé le patron de la Fed. Pour l'instant il n'y a pas d'impact négatif visible des disputes commerciales dans les statistiques économiques, a ajouté M. Powell. Il a refusé de commenter les tensions commerciales qui agitent le G7 après l'échec du sommet tenu la semaine dernière au Canada.

L'euro a décroché fortement hier jeudi, après la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne. En fin de soirée, la monnaie unique abandonnait 2% face au billet vert, sous les 1,16$ entre banques, au plus bas depuis la fin mai. Si les annonces de Mario Draghi sont globalement ressorties conformes aux attentes des opérateurs, le fait que la BCE s'engage à garder ses taux à leurs niveaux actuels au moins jusqu'à l'été 2019 a surpris.

"Nous nous attendions à une annonce de tapering de la BCE aujourd'hui, mais pas à un engagement de maintenir les taux inchangés au moins jusqu'à l'été 2019", a expliqué à 'Bloomberg', George Saravelos, co-responsable mondial de la recherche FX chez Deutsche Bank. "Alors que le marché n'a pas encore pricé de hausse des taux avant la fin de l'année prochaine, nous considérons l'introduction d'une guidance basée sur calendrier comme un développement négatif important pour l'euro".

La fin de semaine est marquée par le grand retour des craintes de guerre commerciale. Ainsi, Pékin pourrait dévoiler rapidement ses représailles, après l'annonce de nouveaux prélèvements sur les importations chinoises par l'administration Trump. Geng Shuang, porte-parole du Ministère chinois aux affaires étrangères, a ainsi assuré que la Chine "répondrait rapidement et prendrait les mesures adaptées pour protéger ses droits justes et légitimes", en cas de décisions jugées unilatérales et protectionnistes des USA...

La Maison Blanche vient justement de livrer le communiqué officiel du président Donald Trump concernant le commerce avec la Chine. Trump y souligne tout d'abord sa "grande amitié" avec le président chinois Xi Jinping, ainsi que la relation des Etats-Unis et de la Chine, "très importante" pour lui. Néanmoins, affirme le leader américain "la situation n'est plus tenable".

"La Chine, par exemple, s'est engagée depuis longtemps dans plusieurs pratiques déloyales liées à l'acquisition de la propriété intellectuelle et de la technologie américaine. Ces pratiques, documentées dans un rapport exhaustif publié par l'United States Trade Representative (USTR) le 22 mars 2018, nuisent à notre sécurité économique et nationale et aggravent notre déséquilibre commercial déjà massif avec la Chine", ajoute Trump.

Au regard du vol de propriété intellectuelle et de technologie de la Chine et de ses autres pratiques commerciales déloyales, les États-Unis de Trump appliqueront donc "un droit de douane de 25% sur des marchandises chinoises de 50 milliards de dollars contenant des technologies d'importance industrielle. Cela comprend les biens liés au plan stratégique chinois 'Made in China 2025' visant à dominer les industries émergentes de haute technologie qui stimuleront la croissance économique future de la Chine, mais qui nuisent à la croissance économique des États-Unis et de nombreux autres pays", détaille le président américain. "Les États-Unis ne peuvent plus tolérer de perdre leur technologie et leur propriété intellectuelle du fait de pratiques économiques injustes", insiste Trump.

"Ces tarifs sont essentiels pour empêcher de nouveaux transferts injustes de technologies et de propriété intellectuelle américaines à la Chine, ce qui protégera les emplois américains. En outre, ils constitueront un premier pas vers l'équilibre des relations commerciales entre les États-Unis et la Chine", dit encore le président Trump.

"Les États-Unis appliqueront des droits additionnels si la Chine prend des mesures de rétorsion, par exemple en imposant de nouveaux droits sur les marchandises, les services ou les produits agricoles des États-Unis; relever les obstacles non-tarifaires; ou prendre des mesures punitives contre les exportateurs américains ou les entreprises américaines opérant en Chine", menace encore la Maison Blanche.

Washington aurait par ailleurs élaboré une liste additionnelle de prélèvements sur des produits représentant quant à eux... 100 Mds$, dans le cas où Pékin répliquerait aux premières annonces.

Les négociations au plus haut niveau entre États-Unis et Chine depuis plus d'un mois ne semblent donc guère avoir apaisé la situation, pas plus d'ailleurs que l'engagement antérieur de Pékin d'acheter 70 Mds$ de produits agricoles ou énergétiques américains additionnels... En outre, les autres 'partenaires' commerciaux des Américains fourbissent leurs armes. L'Union Européenne a même adopté des mesures pour taxer certaines importations américaines. Des dizaines de produits sont concernés notamment les célèbres motos Harley Davidson...

LES VALEURS

ADP (+10% sur la semaine) a fortement progressé cette semaine, atteignant un sommet historique dans l'attente de la privatisation. Les mesures permettant la cession de participations de l'Etat dans ADP, Engie et la Française des jeux seront inclues dans le projet de loi 'Pacte', qui doit être présenté au prochain conseil des ministres le 18 juin.

Le groupe a par ailleurs dévoilé cette semaine ses chiffres de trafic pour le mois de mai. En mai 2018, le trafic de Paris Aéroport (Groupe ADP) est en ressorti hausse de 2,1% par rapport au mois de mai 2017 avec 9 millions de passagers accueillis, dont 6,1 millions à Paris-Charles de Gaulle (+2,1%) et 2,9 millions à Paris-Orly (+2,1% également).

Le trafic international (hors Europe) est en progression (+3,2%) du fait d'une croissance sur les faisceaux suivants : DOM-COM (+14,6%), Amérique du Nord (+5,9%), Moyen-Orient (+5,6%), Asie-Pacifique (+5,5%) et Amérique Latine (+0,3%). Le seul faisceau en retrait est l'Afrique (-4,5%). Le trafic Europe (hors France) est en progression de +3%. Le trafic France est en décroissance de -2,9%.

Le nombre de passagers en correspondance est en recul de 9,5%. Le taux de correspondance de Paris Aéroport s'est établi à 20,3%, en retrait de 2 points par rapport à mai 2017.

Depuis le début de l'année, le trafic de Paris Aéroport est en progression de 2,3% avec un total de 40,5 millions de passagers. Le nombre de passagers en correspondance est en diminution de 4,9%. Le taux de correspondance s'établit à 21,5%, en diminution de 1,6 point.

Wendel (+8% sur la semaine). Wendel, actionnaire de Cromology depuis 2006, a engagé une réflexion stratégique qui s'est traduite par le recentrage du périmètre d'activité de Cromology sur l'Europe et l'Afrique du nord et le lancement d'un ambitieux programme de transformation et d'amélioration de la performance opérationnelle et financière.

Dans le cadre de ces travaux, Wendel, en accord avec Gilles Nauche, dirigeant de Cromology, a estimé opportun de faire évoluer la direction opérationnelle de l'entreprise. En conséquence, il a été décidé de renforcer le management du groupe avec l'arrivée d'un nouveau président, Pierre Pouletty, qui rejoint Cromology à compter de ce 12 juin, et d'un nouveau directeur général, recruté en externe qui rejoindra la société d'ici septembre prochain. Gilles Nauche assurera la transition jusqu'à cette date.

Worldline (+9% sur cinq jours). Le titre a profité d'une excellente tendance dans le secteur des services de paiements électroniques et des services transactionnels. Le catalyseur sectoriel se nommait Adyen. Cette société néerlandaise, qui évolue dans le secteur des solutions de paiements, vient de s'introduire en bourse d'Amsterdam. Ses dirigeants ne doivent pas regretter ce choix puisque la valeur, déjà introduite en haut de fourchette, s'est littéralement envolée depuis mercredi... Dans le même esprit, Ingenico s'est adjugé 7% sur la semaine.

Teleperformance (+8% sur la semaine) a fortement progressé, après avoir bouclé l'acquisition d'Intelenet auprès de Blackstone. La transaction, qui valorise la cible 1 milliard de dollars en termes de valeur d'entreprise, devrait avoir un impact positif de +10% environ sur le bénéfice par action de Teleperformance avant dépréciation du goodwill en 2018 sur une base pro forma. L'acquisition sera intégralement financée par dette bancaire. Portzamparc évoque une excellente nouvelle pour Téléperformance qui, comme la maison de bourse le pensait, n'attend pas la fin de son plan stratégique pour se remettre en mode prédateur dès lors que son levier financier le lui permet, généralement tous les deux ans. La capacité à trouver des cibles pertinentes, à un prix correct, de manière régulière est selon le broker une des forces du dossier. Après intégration de l'acquisition, Portzamparc revalorise le titre de 140 à 161 euros et maintient son conseil 'acheter'.

Eramet (-12% sur la semaine). Le conseil d'administration du groupe australien Mineral Deposits Limited a conseillé jeudi à ses actionnaires de rejeter la nouvelle offre d'achat de ses titres formulée par Eramet, estimant qu'elle sous-valorisait toujours la société. Le groupe minier et métallurgique français a annoncé mercredi qu'il proposait de racheter les actions de MDL qu'il ne détient pas encore au prix de 1,75 dollar australien par action, valorisant le groupe 344,7 millions de dollars australiens soit 222 millions d'euros.

La nouvelle offre, d'un coût de 322 millions de dollars australiens intégralement en numéraire, représente une revalorisation de 19,9% par rapport à la précédente (1,46 dollar par action). Eramet a indiqué qu'il ne la relèverait pas davantage : "Le prix de l'Offre Améliorée de 1,75 dollar australien par action de MDL est final et définitif et ne sera pas augmenté sauf en cas de dépôt d'une offre alternative ou concurrente concernant MDL ou TiZir". L'extension de la période d'Offre court jusqu'au 13 juillet 2018.

Vallourec (-6% sur cinq jours) et TechnipFMC (-5% sur cinq jours) sont enfin victimes de ventes de précaution, après l'avertissement livré par le géant sectoriel Schlumberger. Le groupe américain a indiqué lors de la conférence Wells Fargo West Coast Energy que ses bénéfices du second trimestre pourraient s'avérer moins bons qu'anticipé en raison de retards de démarrage sur des équipements inactifs durant la crise pétrolière mondiale de 2014-2016. La société basée à Houston et à Paris, qui génère la plupart de ses ventes à l'extérieur des Etats-Unis, a précisé qu'elle connaissait notamment des retards de démarrage au Moyen-Orient et en Russie tout en ajoutant que les ventes sont en croissance en Asie, en Europe, en Afrique et en Amérique latine...

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