Marchés : du mieux dans la zone Asie-Pacifique

Marchés : du mieux dans la zone Asie-Pacifique©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 17 mars 2020 à 07h22

La tendance est à l'amélioration (légère) dans la zone Asie-Pacifique ce mardi matin, à l'image de la Bourse de Sydney qui rebondit de près de 6%. Bombay remonte de près de 1%, Tokyo limite son retard à 0,37%, Shanghai à -0,8%. Singapour recule de 1%, suivi de Taiwan et de Seoul qui cèdent 2,5%.
Malgré les annonces fortes de la Fed, dimanche soir, et l'urgence nationale décrétée vendredi soir par le gouvernement fédéral américain pour lutter contre le coronavirus, la crainte d'une récession aux Etats-Unis a provoqué lundi soir un nouveau vent de panique sur les marché financiers américains. A la clôture, l'indice Dow Jones a fondu de 12,9% à 20.188 points, tandis que l'indice large S&P 500 a abandonné 12% à 2.386 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, s'est effondré de 12,3% à 6.904 pts.

Pour le Nasdaq, il s'agit de la pire journée de son histoire. Quant au DJIA, il n'avait pas connu une telle déroute depuis le krach boursier de 1987. Plus tôt dans la journée, les indices européens avaient terminé en baisse moins prononcée, l'EuroStoxx 50 chutant de 5,25% et le CAC 40 lâchant 5,75%.

"L'indice de la peur" au sommets

Depuis leurs pics historiques de février, les trois indices américains ont désormais abandonné 32% pour le Dow Jones, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq ont flanché de près de 30%. Une chute intervenue avec une rapidité jamais observée depuis la crise financière de 2008.
L'indice Vix de la volatilité, aussi appelé l'indice de la peur, a grimpé lundi à un niveau record (+43,6% à 83 points !) au dessus de ses niveaux de la fin 2008, dans le sillage de la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait entraîné la débâcle boursière et entraîné une récession...

A l'image de Donald Trump, les marchés ont pris brutalement conscience de la gravité de la crise sanitaire mondiale créée par le coronavirus Covid-19. L'épidémie qui a frappé durement la Chine, désormais en convalescence, se propage désormais rapidement en Europe et aux Etats-Unis, de quoi figer l'économie mondiale.

La Fed est intervenue massivement depuis la semaine dernière sur les marchés de taux à court et moyen terme, puis dimanche, elle s'est aussi engagée à racheter au moins 700 milliards de dollars d'actifs à plus long terme (obligations d'Etat et créances hypothécaires). Son président Jerome Powell a assuré que la banque centrale américaine ferait le nécessaire pour assurer la liquidité sur les marchés interbancaires, en vue de fournir du crédit aux entreprises comme aux particuliers.

Plan de soutien pour le secteur aérien

En outre, les principales banques centrales mondiales (BCE, Fed, BoJ, BoE, banques centrales du Canada et de Suisse), ont lancé dimanche une action concertée pour assurer l'approvisionnement suffisants des marchés financiers en dollars américains.
En attendant, Donald Trump a changé de ton brutalement ces dernières heures, en jugeant "peut-être possible" une récession aux Etats-Unis. Lors d'un point presse à la Maison Blanche, Trump a ajouté que le marché boursier "s'en sortirait tout seul", ce qui a encore accentué la chute des indices... "Le marché sera très solide dès que nous nous serons débarrassés du virus" a ajouté le président américain, prévoyant un "énorme rebond" de l'économie après l'épidémie.
Le président a appelé les Américains à éviter tout rassemblement de plus de 10 personnes. Il a envisagé la fin de l'épidémie en "juillet-août, quelque chose comme ça (...) si nous faisons un très bon travail", alors qu'auparavant, il avait évoqué le mois d'avril comme échéance possible de l'épidémie.
Parmi les secteurs les plus touchés, un vaste plan de sauvetage est en vue pour le compartiment aérien, alors que Boeing et plusieurs compagnies aériennes sont au bord de l'effondrement financier.

Le pétrole retombe sur les 30$, récession en vue

La crise du coronavirus se double d'un krach pétrolier, déclenchée le 6 mars dernier par l'Arabie Saoudite et la Russie, qui ont mis fin à leur accord de réduction de la production, au moment où la demande mondiale se réduit face à la crise du coronavirus... Hier, les cours du baril sont tombés sous le seuil des 30$ le baril, au plus bas depuis début 2016, il y a plus de quatre ans. Les deux variétés de pétrole, Brent et WTI, ont désormais abandonné près de 60% depuis le début de l'année....

De nombreux économistes estiment que les Etats-Unis vont connaître une forte contraction du PIB au 2e trimestre, voire une récession si la contraction s'étend sur 2 trimestres. Dans une note publiée ce week-end, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs estime que le PIB de la première économie mondiale pourrait se contracter de 5% au deuxième trimestre, après une croissance nulle au cours des trois premiers mois de l'année.
Les économistes de la banque américaine ont par conséquent ramené leur prévision de croissance sur l'ensemble de 2020 à 0,4% contre 1,2% estimé précédemment pour les Etats-Unis. "L'incertitude qui entoure tous ces chiffres est bien plus grande que la normale", souligne GS. "Les consommateurs et les entreprises continueront à réduire leurs dépenses de voyage, de divertissement et de restauration, tandis que les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et le resserrement des conditions financières freineront davantage la croissance", relèvent les économistes de GS.

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