Marchés : fin de semaine prudente en Asie

Marchés : fin de semaine prudente en Asie©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 24 avril 2020 à 07h32

La tendance est à la baisse pour terminer la semaine sur les marchés de la zone Asie-Pacifique, avec des replis de 1,2% en bourse de Tokyo, -1,6% à Bombay, -1,2% à Seoul et Singapour, tandis que Shanghai recule de 0,9% et que Taiwan cède 0,1%. Seule la bourse de Sydney remonte de 0,7%. Après un gain d'environ 1,5% en début de journée, la Bourse de New York a fini hier soir proche de l'équilibre, malgré les nouveaux plans de relance envisagés des deux côtés de l'Atlantique pour faire face à la récession provoquée par la crise du coronavirus. Il s'agit cette fois d'un plan complémentaire de 480 milliards de dollars de soutien aux PME et aux hôpitaux aux Etats-Unis, tandis qu'en Europe, les dirigeants peinent à trouver un accord sur les modalités d'un plan de relance. Le pétrole a poursuivi son rebond après son effondrement du début de la semaine mais se montre plus hésitant ce vendredi matin à 22$ le Brent.
A la clôture, l'indice Dow Jones a avancé de 0,17% à 23.515 points, tandis que l'indice large S&P 500 a cédé 0,05% à 2.797 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a fini proche de l'équilibre (-0,01%) à 8.494 pts.

Pas de remède rapide au Covid-19 !

L'avancée des indices s'est nettement réduite en fin de séance, après des informations faisant état de résultats décevants de l'antiviral remdesivir de Gilead Sciences (-4,3%) dans la lutte contre le coronavirus Covid-19... La semaine dernière, une étude préliminaire avait à l'inverse fait état de résultats prometteurs d'essais cliniques de cette même molécule sur des patients américains... Mais jeudi soir, le 'Financial Times' a évoqué l'échec d'un essai clinique, en citant un "document de travail provisoire publié accidentellement" par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé)...

Les marchés boursiers sont en revanche restés relativement stoïques face à l'annonce d'un nouveau bond du chômage la semaine dernière aux Etats-Unis, tandis que les indices PMI d'activité se sont effondrés des deux côtés de l'Atlantique. Ces données sont toutefois désormais intégrées dans les esprits des investisseurs et au moins en partie dans les cours de Bourse... Les marchés préfèrent pour l'instant se projeter vers les espoirs de sortie de crise, avec un début de déconfinement en cours en Europe et aux Etats-Unis. Le nombre de nouveaux cas de Covid-19 admis dans les hôpitaux continue de diminuer, ainsi que le nombre de décès, même si ce reflux est progressif et variable selon les régions et les pays...

Plans de relance en cascade

A Washington, la chambre des représentants est en passe d'adopter une rallonge de 480 milliards de dollars pour soutenir les PME en difficulté et les hôpitaux américains face à la crise du coronavirus. Le texte, issu d'un compromis bipartisan, a déjà été voté mardi par le Sénat...
Ce nouveau plan, le 4e acte législatif depuis le début de la crise du coronavirus, complète le "CARES Act" de 2.200 milliards de dollars adopté fin mars. Dans le détail, le nouveau dispositif prévoit de consacrer 320 Mds$ supplémentaires au programme "PPP" qui assure le paiement des salaires des entreprises sinistrées, plus 60 Mds$ à un programme parallèle de crédit aux PME en état de catastrophe, ainsi que 75 Mds$ pour les hôpitaux et 25 Mds$ pour des programmes fédéraux de tests de dépistage du coronavirus.

En Europe, les dirigeants se sont réunis jeudi soir en visioconférence pour élaborer un important plan de sauvetage. Cependant, malgré un accord de principe, des divisions subsistent sur les modalités, notamment sur la question épineuse la mutualisation de la dette, que rejette toujours l'Allemagne et d'autres pays d'Europe du Nord. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a averti les dirigeants de la région que la production économique pourrait diminuer de 15% cette année et a mis en garde contre le risque "d'agir trop peu, trop tard" face à cet impact économique de la pandémie de Covid-19...

Les indicateurs économiques plongent

Les marchés ont ainsi pris connaissance jeudi de la dernière salve de statistiques témoignant de la violence de la crise provoquée par le coma artificiel dans lequel l'économie a été plongée pour freiner la propagation du coronavirus. Aux Etats-Unis, le nombre de chômeurs a continué son ascension dans la semaine close au 18 avril. Les inscriptions au chômage ont atteint 4,427 millions après 5,245 millions la semaine précédente. Le consensus était positionné à environ 4,2 millions. Sur les cinq dernières semaines, la première puissance mondiale a détruit plus de 26 millions de postes, du jamais vu. Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes.

Un peu plus tôt en Europe, l'indice PMI composite s'est effondré à 13,5 en avril dans la zone euro. Il s'agit d'un nouveau plus bas historique après un chiffre de 29,7 en mars. L'indice des services s'est effondré, à 11,7 dans le zone euro, plombé notamment par l'Allemagne (15,9) et la France (10,4). L'indice PMI manufacturier a aussi plongé de 38,5 en mars à 18,4 en avril dans le zone euro, là aussi un plus bas historique.
Sur le marché des changes, l'indice du dollar progresse et l'euro recule à 1,0770$, tandis que la BCE a annoncé mercredi soir qu'elle accepterait certaines obligations devenues "junk bonds" en garantie pour accorder des crédits aux banques européennes...

Ce matin, la Banque populaire de Chine a baissé le taux d'intérêt à un an de la facilité de crédit ciblée à moyen terme (TMLF), dernière mesure en date prise par la banque centrale pour alléger les coûts de financement et soutenir l'économie face à l'impact de la crise sanitaire. La BPC a indiqué qu'elle abaissait le taux d'intérêt à un an sur les TMLF (Targeted Medium Term Credit Facility) de 20 points de base, à 2,95%, contre 3,15% pour l'opération précédente.
Dans le même communiqué, elle a déclaré avoir injecté vendredi 56,1 milliards de yuans, soit 7,36 milliards d'euros environ, dans l'économie alors que 267,4 milliards de yuans servis par le biais de la TMLF arrivaient à échéance.
Cet instrument de politique monétaire vise à soutenir des secteurs de l'économie en difficulté, en encourageant l'octroi de crédit aux petites entreprises et aux sociétés privées...
Les TMLF ont une maturité d'un an mais les banques pourront les renouveler pendant deux ans de plus. Avec la mesure annoncée vendredi, l'écart de taux entre la TMLF et la facilité de crédit à moyen terme à un an (MLF) a été effacé, alors que 10 points de base les séparaient lors de la précédente opération. La BPC a abaissé la semaine dernière à 2,95% le taux de la MLF...

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