Marchés : L'Asie maintient le cap à la hausse

Marchés : L'Asie maintient le cap à la hausse©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 30 avril 2020 à 07h35

Les places de la zone Asie-Pacifique grimpent encore ce jeudi, à l'image de la Bourse de Tokyo qui progresse de 2,6%, suivie de Singapour qui gagne 2,2%, de Sydney (+2,5%) et de Bombay (+2,9%). Shanghai s'adjuge 1,2% avec Taiwan (+0,9%), Hong Kong (+0,8%) et Seoul (+0,7%). Hier soir, Wall Street a terminé en nette hausse sur l'espoir d'une avancée concernant la mise au point d'un traitement contre le Covid-19. De quoi faire oublier l'annonce d'un plongeon du PIB des Etats-Unis au 1er trimestre de 4,8%, la Réserve fédérale évoquant des "risques considérables pour les perspectives économiques à moyen terme" en raison de la crise du coronavirus... Le pétrole a opéré aussi un vif de rebond de 22% pour le baril de WTI de retour à 17$.
A la clôture, l'indice Dow Jones a grimpé de 2,21% à 24.633 points, tandis que l'indice large S&P 500 a bondi de 2,66% à 2.939 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 3,57% à 8.914 pts.

Les marchés ont aussi apprécié certains résultats d'entreprises plus résistants que prévu malgré la crise, notamment de la part d'Alphabet, de Facebook après-bourse, ou même ceux de Boeing, dont les titres ont rebondi. Gilead Sciences a progressé de 5,6% : le laboratoire américain ayant donc annoncé que sa molécule remdesivir avait montré des résultats positifs lors de deux nouveaux essais cliniques menés sur des patients atteints de forme sévère de Covid-19.

La Fed encore prête à agir autant que nécessaire

La Réserve fédérale a fait savoir mercredi soir, à l'issue de sa réunion de deux jours, qu'elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour soutenir l'économie américaine face à la grave crise économique engendrée par la pandémie de coronavirus. Son président Jerome Powell a décrit un "arrêt brutal" de l'économie et une crise dont la durée est encore incertaine, comportant des "risques considérables à moyen terme".
La banque centrale américaine, qui a déployé ces dernières semaines un arsenal sans précédent de mesures de soutien, a comme prévu maintenu en l'état ses taux directeurs, le taux des "fed funds" restant proche de zéro, dans une fourchette de 0% à 0,25%. Le taux restera à ce niveau jusqu'à ce que la Fed "soit convaincue que l'économie a surmonté les événements récents", a précisé l'institution dans un communiqué...

Lors de sa visioconférence, le président de la Fed Jerome Powell a prévenu que "l'activité économique devrait plonger au 2e trimestre à un rythme sans précédent", ajoutant qu'"il se pourrait que l'économie ait besoin de plus de soutien de la part de nous tous, si nous voulons que la reprise soit robuste". Le patron de la Fed a plusieurs fois insisté sur l'importance de la politique budgétaire pour aider l'économie, estimant que "ce n'est pas le moment" de laisser les craintes de hausse du déficit fédéral entraver la taille de la réponse budgétaire.

Le PIB plonge de 4,8% au 1er trimestre, le 2e trimestre sera pire !

Sur le plan macro-économique, le coronavirus a comme prévu fortement impacté la croissance du 1er trimestre aux Etats-Unis. Le PIB, publié mercredi, a ainsi plongé de 4,8% en rythme annuel sur les 3 premiers mois de l'année.
Il s'agit du plus important recul depuis la récession de 2008, mais ce chiffre devrait encore s'aggraver au 2e trimestre, la crise sanitaire et les mesures de restriction n'ayant frappé les Etats-Unis qu'à partir de mars... Malgré cela, les chiffres du 1er trimestre sont pires qu'attendus par le consensus, qui se situait à -3,7% sur la période. L'indice avancé des prix rattaché au PIB a progressé sur un rythme de 1,3%, contre 1,2% de consensus. Les dépenses réelles de consommation se sont effondrées de 7,6%, alors que le consensus n'était que de -1,5%.

Par ailleurs, l'indice des promesses de ventes de logements s'est effondré en mars. Cet indice, mesuré par la National Association of Realtors (NAR), a ainsi chuté de 20,8% en comparaison du mois précédent (à 88,2), contre -10% de consensus de place et +2,4% en février.

Le pétrole rebondit enfin !

Le marché pétrolier reste la proie de brusques mouvements spéculatifs... Sur le Nymex, les cours sont repartis en nette hausse, le baril de brut léger américain (WTI) s'envolant de plus de 20%, de retour à 17$ après être tombé la veille jusqu'à 10$ en séance. Le baril de Brent de la mer du Nord retrouve ce matin les 24$.
Ce rebond s'est produit malgré l'annonce d'une nouvelle hausse des stocks pétroliers aux Etats-Unis, qui est toutefois un peu moins forte que prévu. Pour la semaine close au 22 avril, les stocks ont bondi de 9 millions de barils à 527,6 mb, alors que le consensus tablait sur un bond de 10,6 mb. Les réserves d'essence ont en revanche reculé de 3,7 millions de barils (contre environ 2,5 mb de consensus), alors que les stocks de produits distillés ont progressé de 5,1 mb par rapport à la précédente semaine, contre une hausse de 3,6 mb anticipée par le marché.

De son côté, l'or pointe à 1.719$ l'once. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse de près de 15% depuis le début de l'année, faisant office de valeur refuge.
Sur le marché des changes, l'euro a progressé de 0,54% à 1,0865$, à l'approche de la réunion de la BCE ce jeudi, laquelle qui pourrait annoncer de nouvelles mesures de soutien à l'économie européenne.

En Chine, l'activité du secteur manufacturier a progressé en avril pour un deuxième mois consécutif alors que davantage d'entreprises ont repris leur activité après la fin des mesures de confinement généralisé pour lutter contre le coronavirus, montrent des données officielles. Cependant le déclin des commandes à l'exportation s'est amplifié, mettant en évidence le chemin encore long qu'il reste à parcourir.
L'indice PMI manufacturier officiel a ralenti à 50,8 en avril contre 52 le mois précédent, a rapporté le Bureau national des statistiques, mais reste pour un deuxième mois d'affilée au-dessus du seuil de 50 qui sépare contraction et expansion de l'activité. Il s'agit d'une progression relativement conforme au consensus, qui donnait un indice à 51.

Alors que l'épidémie de coronavirus apparaît maîtrisée en Chine, le rebond de l'économie chinoise reste mou et les analystes préviennent que les entreprises et consommateurs continueront de faire face à des pressions tout au long de l'année, principalement à cause du déclin de la demande extérieure et de la hausse du chômage. Les industriels chinois doivent gérer la faiblesse des nouvelles commandes à l'exportation et un blocage logistique, alors que de nombreux exportateurs voient les stocks s'accumuler, les coûts croître et les revenus chuter.
Le sous-indice des commandes à l'exportation a chuté en avril à 33,5, contre 46,4 en mars, des usines enregistrant même des annulations de commande après avoir rouvert leurs portes, a indiqué un représentant du BNS au moment de la publication des données. Cela a poussé vers le bas l'ensemble de l'activité manufacturière, avec un sous-indice des nouvelles commandes globales reculant à 50,2 contre 52,0 un mous plus tôt.
Sur fond de crise sanitaire, l'économie chinoise s'est contractée au premier trimestre pour la première fois depuis l'introduction des statistiques officielles sur la croissance, en 1992.

Les analystes avertissent aussi des risques pour l'emploi et s'attendent à ce que la crise sanitaire provoque cette année plus de 30 millions de pertes d'emploi en Chine, notamment à cause du déclin de la demande mondiale... D'après les données officielles, le sous-indice de l'emploi a marqué un léger recul en avril, à 50,2 contre 50,9 le mois précédent.
Le taux de chômage en zone urbaine a diminué à 5,9% en mars contre 6,2% en février, laissant penser que les difficultés du marché du travail ne se reflètent pas encore complètement dans les statistiques gouvernementales.
Le secteur des services, qui représente 60% du produit intérieur brut de la Chine, a aussi connu une progression de son activité, avec un indice PMI s'établissant à 53,2 en avril contre 52,3 un mois plus tôt, montre une étude distincte du BNS.

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