Marchés : l'Asie reste dans le rouge

Marchés : l'Asie reste dans le rouge©Boursier.com
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Boursier.com, publié le jeudi 19 mars 2020 à 07h29

Les places de la zone Asie-Pacifique sont encore sous pression ce jeudi matin, dans le sillage de la rechute de Wall Street hier soir. La bourse de Shanghai limite son retard à 0,4%, Tokyo recule de 1,08%, mais les autres places cèdent plus de terrain, à l'image de la bourse de Hong Kong qui perd 2,3%, suivi de Bombay en repli de 2,6%. Sydney recule de 3,4%, Singapour de -4,4% et Taiwan de -5,8%, la pire performance revenant à Seoul en baisse de 7,5%.

La Bourse de New York a connu une nouvelle journée agitée, hier mercredi, perdant près de 10% en séance avant de finir en recul de 5% à 6% pour les principaux indices... A la clôture, l'indice Dow Jones a perdu 6,3% à 19.898 points, tandis que l'indice large S&P 500 a abandonné 5,18% à 2.398 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a perdu 4,7% à 6.989 pts. Le cours du pétrole WTI a sombré de plus de 24%, tombant près de 20$ le baril, au plus bas depuis plus de 18 ans, début 2002...
L'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "l'indice de la peur", est reparti vers de nouveaux sommets historiques, en hausse de 12,5% à plus de 85 points, au-dessus de ses sommets de la fin 2008, dans le sillage de la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait entraîné la débâcle boursière et entraîné une profonde récession économique.

Le Dow Jones est désormais revenu au plus bas depuis l'automne 2016, effaçant tous ses gains acquis depuis l'élection de Donald Trump comme président américain en novembre 2016.

Malgré les récentes annonces de plans d'aide de la part des banques centrales et des gouvernements à travers le monde, le coup d'arrêt brutal donné à l'économie mondiale par les mesures anti-Covid-19, continue de paniquer les investisseurs, dont la seule préoccupation est actuellement de se procurer des liquidités, alors que les marchés anticipent un lock-down total des Etats-Unis pendant quelques semaines.

Plan de soutien de l'administration Trump

Les investisseurs s'inquiètent du manque de précisions apportées jusqu'ici par l'administration Trump au sujet des mesures de soutien à l'économie pour faire face à la crise du coronavirus. Les médias évoquent un plan de 1.300 milliards de dollars, mais les détails restent donc encore flous.
Dans sa conférence de presse désormais quotidienne depuis la Maison Blanche, Donald Trump s'est décrit comme un "président en temps de guerre" et a annoncé la quasi-fermeture de la frontière avec la Canada, mais n'a pas encore donné de détails sur le plan de soutien massif tant attendu par les marchés, notamment en aide au secteur aéronautique...
Le président américain s'est engagé à prendre des mesures économiques majeures, dont la suspension des expulsions et des saisies immobilières. Il a aussi annoncé la fermeture de la frontière entre les Etats-Unis et le Canada pour tout "voyage non essentiel".

Mercredi matin, Bill Ackman, le célèbre gérant du hedge-fund activiste Pershing Square, avait appelé Donald Trump à fermer toutes les frontières des Etats-Unis pendant 30 jours. "Monsieur le Président, la seule réponse est de fermer le pays pendant les 30 prochains jours et de fermer les frontières", a-t-il tweeté. "Dès que vous aurez renvoyé tout le monde chez lui pour le Spring Break et fermé les frontières, le taux d'infection s'effondrera, la bourse s'envolera et les nuages se dissiperont", a-t-il ajouté.

Les obligations d'Etat ont poursuivi leur correction entamée la veille. Les annonces de plans de relance massifs, qui vont alourdir la dette publique, ont ainsi entraîné des tensions sur les taux souverains, phénomène observé aussi en Europe où le Bund allemand à 10 ans a bondi de 20 pdb à -0,25%, celui de l'OAT à 10 ans a grimpé de 12 pdb à 0,33% et celui du Gilt britannique a pris 24 pdb à 0,79%.

Le pétrole en chute libre

Le pétrole WTI s'est encore effondré hier, approchant désormais des 20$ le baril, après être passé lundi sous le seuil des 30$ le baril. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a plongé de plus de 24% à 20,37$ pour le contrat à terme d'avril coté sur le Nymex, tombant au plus bas depuis début 2002, il y a plus de 18 ans. Le Brent de mer du Nord a relâché 10% à moins de 25$ pour le contrat à terme de mai, au plus bas depuis le printemps 2003.

Les cours subissent le double effet de l'effondrement de la demande de pétrole dû à la propagation du coronavirus, et de la fin de l'accord Opep+ qui permettait de soutenir les cours depuis 2016...

La BCE sort l'artillerie lourde

Côté européen, tard dans la nuit, la BCE a annoncé qu'elle allait racheter 750 MdsE d'actifs supplémentaires... Ce programme d'achat d'urgence contre la pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme ou PEPP) permettra à la BCE de "s'assurer que tous les secteurs de l'économie pourront bénéficier de conditions de financements favorables, qui leur permettront d'absorber le choc" créé par l'épidémie, a précisé la BCE dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion d'urgence tenue mercredi soir par téléphone.

Le programme s'appliquera "de façon égale aux familles, entreprises, banques et gouvernements", a ajouté la BCE, précisant que "le conseil des gouverneurs fera tout ce qui est nécessaire dans le cadre de son mandat".

Le nouveau programme s'ajoute aux 120 milliards d'euros d'achats d'actifs annoncés la semaine dernière à l'issue de la réunion de la BCE du 12 mars, qui avait déçu les investisseurs. "Les achats seront effectués d'ici la fin de l'année 2020 et le programme inclura les catégories d'actifs éligibles dans le cadre du programme d'achat d'actifs existant", a précisé la BCE...

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