Marchés : l'Asie suit à distance le gros rebond de Wall Street

Marchés : l'Asie suit à distance le gros rebond de Wall Street
illustration pour marchés asie

Boursier.com, publié le mardi 07 avril 2020 à 07h24

Dans le sillage de la Bourse de New York qui a fortement rebondi lundi soir, les marchés financiers de la zone Asie-Pacifique suivent la tendance ce mardi matin, mais à distance et sans forcer, saluant les premiers signes du ralentissement de la propagation du coronavirus dans plusieurs pays européens et à New York, épicentre américain de la pandémie...
Ce matin la Chine n'a répertorié aucun décès sur son territoire pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire. Le pétrole reste en revanche en discuté, les pays producteurs ayant reporté leur réunion de lundi devant entériner une baisse de leur production à jeudi...

Bombay remonte de 4,5%, suivi de Singapour (+1,9%), Shanghai grimpe de 1,8% avec Taiwan, Seoul progresse de 1%, Tokyo prend 0,9%, Hong Kong +0,5%. Seule la Bourse de Sydney recule de 1,3%.
A la clôture hier soir, rappelons que l'indice Dow Jones a regagné 7,73% à 22.679 points, tandis que l'indice large S&P 500 a rebondi 7,03% à 2.663 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a grimpé de 7,33% à 7.913 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient reculé respectivement de 2,7%, 2% et 1,7%, même si l'agitation des deux précédentes semaines s'est quelque peu calmée... La volatilité, mesurée par l'indice Vix (aussi appelé "l'indice de la peur") continue de refluer lundi, revenant à 44,9 (-4%), après avoir dépassé les 85 points (un record) courant mars au plus fort de la panique boursière provoquée par le Covid-19.

Plus tôt en Europe, les marchés avaient aussi fini en forte hausse, l'indice EuroStoxx 50 regagnant 5% et le CAC 40 rebondissant de 4,61%, après un recul de 4,5% la semaine dernière pour l'indice phare français.

Le pire serait passé selon Morgan Stanley

Les marchés américains avaient terminé la semaine passée en berne après la publication d'une explosion du nombre de chômeurs en mars aux Etats-Unis, en raison des mesures de restriction prises pour lutter contre le coronavirus. Après la chute de 30% de indices boursiers en mars, suivi d'un rebond de l'ordre de 20%, les investisseurs espèrent que le pire est désormais passé. C'est en tout cas l'hypothèse privilégiée par la banque d'affaires américaine Morgan Stanley.

Selon Mike Wilson, stratégiste actions de MS, "la liquidation forcée d'actifs survenue depuis un mois est derrière nous, et les Etats-Unis ont mené des interventions monétaires et fiscales sans précédent et sans limites". En Bourse, ce dernier évoque des "valorisations les plus attractives depuis 2011". Tous ces éléments "confirment notre conviction que le pire est derrière nous dans ce marché baissier cyclique, qui a commencé il y deux ans, et non pas le mois dernier", a affirmé M. Wilson dans une note publiée lundi.

De son côté, le président américain Donald Trump a déclaré lundi matin sur Twitter "LA LUMIÈRE AU BOUT DU TUNNEL!" sans autre commentaire. Un peu plus tôt, il avait aussi tweeté "USA STRONG!" pour vanter la force des États-Unis.

La propagation du Covid-19 semble marquer le pas en Europe et à New York

Des signes encourageants

Malgré les craintes de récession économique profonde à venir, les investisseurs ont préféré voir dans les publication des dernières données sanitaires l'apparition de quelques signes positifs des deux côtés de l'Atlantique. Ce sentiment a cependant été quelque peu refroidi en fin de soirée par l'annonce de l'entrée du Premier ministre britannique Boris Johnson en unité de soins intensifs à Londres, après l'aggravation soudaine de ses symptômes liés au Covid-19...

Depuis vendredi, l'Italie, la France et l'Espagne ont fait état de statistiques montrant que la hausse du nombre de nouveaux cas, de décès et d'hospitalisations en réanimation a ralenti depuis plusieurs jours, même si les chiffres continuent de croître en valeur absolue.

A New York, épicentre de l'épidémie aux Etats-Unis, le gouverneur Andrew Cuomo, a estimé lundi lors de son point presse quotidien, que l'épidémie pourrait avoir atteint un plateau dans cet Etat. Le nombre de décès a augmenté de 599 en 24 heures dans l'Etat, pour atteindre 4.758 morts au total, contre une hausse de 594 dimanche et de 630 samedi. Andrew Cuomo a cependant déclaré que "ce n'est pas le moment de se relâcher" et a prolongé de deux semaines, jusqu'au 29 avril, la fermeture dans l'Etat des écoles et des commerces non-essentiels.

Les plans de relance se succèdent

Par ailleurs, au Japon, le Premier ministre Shinzo Abe a annoncé lundi un plan de soutien massif d'environ 108.000 milliards de yens (915 MdsE) pour combattre les effets du coronavirus. Dans le cadre de ce plan, plus de 50 MdsE seront versés aux ménages et aux entreprises et l'Etat consacrera en outre, 220 MdsE pour reporter des paiements de taxes.

Plusieurs autres pays ont annoncé de nouvelles mesures budgétaires pour affronter la crise actuelle, dont Singapour et l'Espagne. Aux Etats-Unis, les démocrates du Congrès préparent un nouveau plan massif d'investissement sans doute pour le mois de mai après le package colossal déjà 2.200 Mds$ adopté le mois dernier et représentant pas moins de 10% du PIB US, tandis que les ministres des Finances de la zone euro (l'Eurogroupe) se réuniront mardi en vidéoconférence pour tenter de trouver un consensus sur une réponse commune, sur fond de polémique sur l'émission de "coronabonds", des euro-obligations qui mutualiseraient la dette liée au Covid-19...

Sur le marché des changes, l'euro se cale sur les 1,08/$, tandis que la livre sterling a reculé de 0,3% à 1,2235$ après l'annonce de l'aggravation de l'état de santé de Boris Johnson. Sur les marchés obligataires, les taux sont remontés, le rendement du T-Bond à 10 ans se tendant de 7 points de base à 0,67%, et le Bund allemand gagnant 2 pdb à -0,43%.

Le marché pétrolier suspendu aux négociations entre pays producteurs

Le marché pétrolier est reparti dans le rouge lundi, après le report d'une réunion de l'Opep et de ses alliés, dont la Russie, susceptible de déboucher sur une réduction importante de l'offre mondiale afin d'enrayer la chute des cours... Selon la chaîne 'CNBC', lundi, l'Arabie saoudite et la Russie seraient pourtant "très, très proches" d'un accord sur une réduction de la production. La réunion téléphonique entre pays producteurs, initialement prévue lundi, est désormais programmée pour jeudi... Le Brent ouvre ce mardi sur les 34$.

Jeudi dernier, Donald Trump avait mis la pression sur l'Arabie saoudite et la Russie pour qu'ils acceptent de réduire leur production de 10 millions de barils par jour, ce qui représente environ 10% de la demande mondiale avant la crise du coronavirus. Riyad ferait le maximum en coulisse pour que l'effort soit réparti entre les producteurs y compris les Etats-Unis.

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