Marchés : L'Asie suit de loin le rebond de Wall Street

Marchés : L'Asie suit de loin le rebond de Wall Street©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 27 mars 2020 à 07h21

La poursuite du rebond à Wall Street hier soir n'impressionne pas plus que cela les places de la zone Asie-Pacifique ce vendredi. La Bourse de Tokyo remonte malgré tout encore de 2,5%, suivi de Singapour en hausse de 2% et de Seoul (+1,8%). Hong Kong grimpe de 1,2% avec Shanghai (+0,7%). Taiwan abandonne en revanche 0,4%, Bombay recule de 0,7% et Sydney replonge même de 5,3% après l'annonce de l'instauration d'une quarantaine pour tous les voyageurs arrivant sur son territoire. Hier soir, Wall Street a pourtant signé une troisième séance de vif rebond, malgré la publication d'une flambée historique du nombre de demandeurs d'emplois, qui a grimpé à 3,3 millions la semaine dernière aux Etats-Unis pour cause de crise du coronavirus...

A la clôture, l'indice Dow Jones a encore repris hier soir 6,38% à 22.552 points, ce qui porte le rebond à plus de 21% en trois séances. L'indice large S&P 500 a grimpé de 6,24% à 2.630 pts et le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a progressé de 5,6% à 7.797 pts. Les marchés ont préféré continuer de surfer sur le plan d'aide massif adopté par le Sénat américain, soit un "package" record de 2.000 milliards de dollars.
Plus tôt dans la journée, les marchés européens avaient eux aussi progressé, l'EuroStoxx 50 prenant 1,7% (après +10% en deux jours) et le CAC 40 grimpant de 2,5% (après +13% en deux jours).
L'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "indice de la peur", a reculé de 4,6% à 61 points, après avoir atteint la semaine passée des niveaux records supérieurs à 85.

Flambée historique du nombre de demandeurs d'emploi !

L'impact du coronavirus sur l'économie américaine comme attendu est violent et rapide, comme l'a montré la publication des chiffres hebdomadaires de l'emploi aux Etats-Unis. Ainsi, pour la semaine close au 21 mars, les inscriptions nouvelles au chômage ont atteint le niveau record de 3,283 millions, en hausse de 3 millions par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 282.000. Le consensus 'Bloomberg' était positionné à 1,64 million.
Le précédent record hebdomadaire de demandeurs d'emploi remontait à octobre 1982, où il avait été près de 5 fois inférieur, avec 695.000 inscriptions au chômage...

Les marchés semblent toutefois avoir déjà (au moins partiellement) intégré le cataclysme sur l'emploi et l'économie... Ils espèrent que les mesures d'exception adoptées par la Réserve fédérale (QE illimité) et le gouvernement américain sauront atténuer le choc que va subir l'économie américaine.

Rebond technique ou reprise durable ?

Après un plongeon de 30% suivi d'un rebond de l'ordre de 20%, les investisseurs s'interrogent désormais sur la pérennité de la reprise boursière. Certes, les banques centrales et les gouvernements se sont engagés à soutenir leurs économies, mais il est encore impossible de mesurer quelle sera la durée de la récession économique désormais attendue au niveau mondial.
Dans une note publiée jeudi, Guillaume Garabedian, Responsable gestion conseillée et produits structurés de Meeschaert Gestion Privée, estime que "l'évolution sanitaire est difficilement prédictible" et préconise de privilégier une "stratégie d'investissements par paliers" afin d'optimiser le couple rendement/risque des portefeuilles. "Sur un horizon de moyen et long terme, nous restons convaincus que la faiblesse actuelle des cours constitue une opportunité rare de prendre des positions", poursuit le gestionnaire.

Le dollar poursuit son reflux, le pétrole replonge

Sur le marché des changes, le dollar a reflué pour la 4e séance consécutive, après plus d'une semaine d'ascension. L'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) a chuté jeudi soir de 1,7% à 99,34 points. L'euro se traite ce matin de retour au-dessus des 1,10/$ à 1,1065/$ entre banques.
Les taux se sont détendus sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans cédant 2 points de base à 0,85%.

Les cours du pétrole en revanche ont replongé après les chiffres de l'emploi américains, qui font craindre le pire pour la future demande de pétrole. Après 3 jours de rebond, le cours du brut léger américain WTI est retombé à 23$, tandis que le Brent de mer du Nord a abandonné 3,8% à 26,40$. Selon le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la demande mondiale de pétrole pourrait chuter de 20% en raison de la multiplication des mesures de confinement liées au Covid-19. Enfin, l'or reste très volatil, à 1.644$ l'once.

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