Marchés : l'Asie termine la semaine en baisse

Marchés : l'Asie termine la semaine en baisse©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 03 avril 2020 à 07h47

La tendance est à la baisse sur les places financières de la zone Asie-Pacifique ce vendredi matin. Singapour recule de 2,2%, suivi de Bombay qui perd 1,6% avec Sydney, Hong Kong pointe en recul de -0,9%, Shanghai et Taiwan de -0,5% et la bourse de Tokyo termine la semaine en berne à -0,16%. Seul Seoul monte timidement de 0,2%. La Bourse de New York a pourtant terminé en rebond d'environ 2% jeudi soir, grâce à un sursaut des valeurs pétrolières, qui ont salué l'espoir d'une réduction de la production mondiale de brut par Riyad et Moscou face à la crise du coronavirus. Les cours du pétrole brut WTI ont ainsi flambé de près de 25%, de retour à plus de 30$ le Brent, dans la foulée des déclarations de Donald Trump sur une possible réduction de la production des principaux pays producteurs de pétrole... Ce matin, les cours retombent à 28,40$ le baril de Brent.

La pandémie de coronavirus continue de peser lourdement sur l'économie, provoquant une envolée du chômage aux Etats-Unis. Le nombre de demandeurs d'emplois a ainsi dépassé 6,5 millions la semaine dernière, un nouveau record historique outre-Atlantique... C'est donc surtout le secteur de l'énergie qui a soutenu la cote US hier soir avec un bond de 9% de l'indice S&P 500 Energy, suivi de loin par les "utilities" (3,1%) et les biens de consommation de base (+2,8%). Parmi les pétrolières, Chevron a grimpé de 11%, ExxonMobil de 7,2%,, Devon Energy a gagné 14,7%, Marathon Oil a pris 10,6%, Schlumberger a bondi de 10,1% et Transocean a repris plus modestement 1,8%. La plupart de ces titres perdent cependant encore entre 40% et 70% depuis le début de l'année...

Feu de paille sur les cours du pétrole ?

Les cours du pétrole se sont offert un spectaculaire sursaut technique après être tombés lundi sous le seuil des 20$ le baril pour le WTI, et après avoir perdu les deux-tiers de leur valeur au 1er trimestre. Donald Trump, qui signale depuis deux semaines son intention d'intervenir "au moment approprié" pour soutenir les cours, a mis le feu au marché en annonçant jeudi que l'Arabie saoudite et la Russie avaient accepté de réduire leur production de 10 millions de barils par jour (soit environ 10% de la demande mondiale avant la crise du coronavirus).
"Je viens de parler à mon ami MBS (prince héritier) d'Arabie Saoudite, qui s'est entretenu avec le président Poutine de Russie, et je m'attends & j'espère qu'ils réduiront d'environ 10 millions de barils (ndlr : la production), et peut-être bien plus, ce qui, si cela se produit, sera GRAND pour l'industrie du pétrole et du gaz !" a ainsi annoncé le président américain sur son compte Twitter... Des promesses qu'il va désormais falloir tenir.

Mercredi, le président russe Vladimir Poutine avait lui aussi appelé les pays producteurs et consommateurs de pétrole à trouver une solution, face à l'effondrement des cours, sans faire d'annonce concrète. La chute des cours à des niveaux inférieurs aux prix de revient pour de nombreux producteurs menace en effet la filière dans de nombreux pays, dont la Russie et les Etats-Unis.

La demande mondiale de pétrole a plongé de 20% à 25% ces dernières semaines en raison de la crise du Covid-19, selon les experts. Malgré cela, l'Arabie saoudite et la Russie persistaient dans leur guerre des prix déclenchée début mars, contribuant à augmenter l'offre de brut sur des marchés mondiaux saturés et où les stocks débordent... Ainsi, les stocks américains publiés mercredi pour la semaine close au 27 mars, ont montré une envolée de 13,8 millions de barils à 469,2 mb, contre un consensus de +3,3 mb.

Des inscriptions au chômage multipliées par deux en 7 jours aux Etats-Unis

Malgré le soulagement sur le front du pétrole, les investisseurs ont encaissé des statistiques très inquiétantes sur le front de l'emploi aux Etats-Unis. Le Département américain au Travail vient d'annoncer, pour la semaine close au 28 mars, que les inscriptions au chômage ont atteint le niveau record de 6,548 millions, en hausse de 3,341 millions par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 3,283 millions, qui constituait déjà un plus haut historique.
Le consensus Bloomberg était positionné à 'seulement' 3,7 millions. Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes, soit environ dix fois moins que le niveau de la semaine passée !

Forte baisse attendue des bénéfices et des dividendes en 2020

Alors que le bilan de la pandémie de Covid-19 continue de s'aggraver rapidement, les conséquences économiques sont de plus en plus dramatiques, de part et d'autre de l'Atlantique. Les analystes commencent ainsi à intégrer le scénario d'une crise durable, qui va non seulement laminer les bénéfices des entreprises mais aussi entraîner une réduction ou une suspension des versements de dividendes et ses programmes de rachat d'actions.
Le marché table désormais sur une baisse de 9,6% des bénéfices du S&P-500 au deuxième trimestre et à un recul de 2% sur l'année, selon le consensus IBES Refinitiv. Des données sans aucun doute appelées à être révisées à la baisse...

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui reflète son évolution face à 6 devises de référence (euro, livre sterling, franc suisse, dollar canadien, yen et couronne suédoise) a regagné 0,8% à 100,15 points, faisant office de valeur-refuge malgré les mauvaises statistiques de l'emploi US. L'euro retombe à 1,0855$ ce matin. Sur les marchés obligataires, les taux ont progressé, le rendement du T-Bond à 10 ans se tendant de 4 points de base à 0,62%...

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