Marchés : la zone Asie/Pacifique ne suit pas le rebond américain

Marchés : la zone Asie/Pacifique ne suit pas le rebond américain
illustration pour marchés asie

Boursier.com, publié le mercredi 18 mars 2020 à 07h18

Les places asiatiques réagissent en ordre dispersé ce mercredi au rebond de Wall Street hier soir, où l'administration et la Fed donnent dans la surenchère pour tenter de rassurer les investisseurs. Après avoir chuté de près de 13% lundi, l'indice Dow Jones a ainsi regagné mardi plus de 5% à la clôture de Wall Street. Ce matin, Singapour reprend 0,6%, Shanghai évolue en recul de 0,8%. Les autres places reculent plus nettement avec Tokyo (-1,8%), Taiwan (-2,3%), Hong Kong (-2,5%), Bombay (-2,6%), Seoul (-4%), tandis que Sydney rechute de 6,4%.

La Fed comme la Maison Blanche ont annoncé mardi soir de nouvelles mesures de soutien massif à l'économie, alors que des économistes projettent désormais une récession brutale aux Etats-Unis et dans d'autres pays, compte-tenu de la paralysie de l'économie provoquée par les mesures prises pour lutter contre l'épidémie de coronavirus Covid-19. L'indice Vix de la volatilité, aussi appelé "l'indice de la peur", s'est légèrement calmé mardi soir, revenant à 74,8 points (-9,5%) après avoir flambé lundi de 43,6% à 83 points. Il reste malgré tout proche des sommets atteints à la fin 2008, dans le sillage de la faillite de la banque Lehman Brothers, qui avait entraîné la débâcle boursière et entraîné une récession...

Mobilisation de la Banque centrale et du gouvernement US

L'administration Trump a annoncé un certain nombre de mesures de soutien de l'économie et des ménages, le président américain s'engageant à aider les salariés qui seront frappés par le chômage technique et des licenciements en raison du Covid-19. Parmi les décisions, figure le versement direct de 1.000$ aux Américains d'âge adulte.

Washington prévoit de présenter au Congrès un plan de soutien massif de 850 milliards de dollars, notamment destiné aux secteurs les plus touchés par l'épidémie, comme les compagnies aériennes, qui pourraient bénéficier d'environ 50 Mds$.

La Fed monte au feu

De son côté, la Réserve fédérale américaine a annoncé de nouvelles mesures. Elle va renouer avec les procédures exceptionnelles utilisées lors de la crise financière de 2008 en octroyant des facilités de crédits aux entreprises.
La Fed va ainsi réintroduire ses rachats de titres de créance à court terme des entreprises émettrices (Commercial Paper Funding Facility, CPFF), un dispositif utilisé pour la première fois lors de la crise financière de 2008. "En assurant le bon fonctionnement de ce marché, en particulier en période de tension, la Réserve fédérale fournit des facilités de crédits qui soutiendront les familles, les entreprises et les emplois dans l'ensemble de l'économie", a déclaré l'institut d'émission.

Sur le marché des changes, a le dollar rebondi, profitant des annonces de la Fed et de l'administration Trump. L'euro revient ce matin sur la barre des1,10/$.
Les obligations d'Etat ont fait l'objet de prises de bénéfices, faisant brusquement remonter les taux d'intérêt. Le rendement du T-Bond a 10 ans a ainsi regagné 37 points de base à 1,09%, remontant au dessus de 1%, après être tombé brièvement sous 0,5%, un plus bas historique, le 9 mars dernier. Ce taux était encore logé autour de 1,9% fin 2019 avant la crise du coronavirus...

En revanche, le pétrole n'est pas parvenu à se redresser, après avoir glissé lundi sous le seuil des 30$ le baril. Le cours du baril Brent pointe ce mercredi à 26,90$.
Le pétrole a désormais abandonné près de 60% depuis le début de l'année, plombés par la guerre des prix déclenchée par l'Arabie Saoudite et la Russie, qui ont mis fin le 6 mars dernier à leur accord de réduction de la production. Cette stratégie, qui intervient au moment où la demande mondiale se rétracte face à la crise du coronavirus, a eu un effet dévastateur sur les cours du brut et sur les cours de Bourse des valeurs pétrolières.
L'or en revanche, a repris quelques couleurs après avoir été copieusement vendu ces derniers jours par des investisseurs en quête de liquidité. L'once d'or pointe à 1.542$ ce mercredi.

Vers une récession aux Etats-Unis et en Chine

De nombreux économistes estiment que les Etats-Unis vont connaître une forte contraction du PIB au 2e trimestre, voire une récession si la contraction s'étend sur 2 trimestres... Goldman Sachs estime ainsi que le PIB de la première économie mondiale pourrait se contracter de 5% au deuxième trimestre, après une croissance nulle au premier trimestre.
Les économistes de la banque américaine ont par conséquent ramené leur prévision de croissance sur l'ensemble de 2020 à 0,4% contre 1,2% estimé précédemment pour les Etats-Unis. "L'incertitude qui entoure tous ces chiffres est bien plus grande que la normale", souligne GS. "Les consommateurs et les entreprises continueront à réduire leurs dépenses de voyage, de divertissement et de restauration, tandis que les perturbations de la chaîne d'approvisionnement et le resserrement des conditions financières freineront davantage la croissance", relèvent les économistes de GS.

Lundi, Donald Trump avait lui aussi jugé "peut-être possible" une récession aux Etats-Unis, tout en prévoyant un "énorme rebond" de l'économie après l'épidémie, qui pourrait s'achever selon lui en juillet ou août prochain ....

Par ailleurs, concernant la Chine, d'où est partie l'épidémie en décembre 2019, Goldman Sachs a revu ses prévisions à la baisse mardi. La banque d'affaires estime désormais que le PIB de la deuxième économie mondiale pourrait se contracter de 9% au premier trimestre !

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