Marchés : le CAC 40 prend 1,5% sur la semaine, mais refuse les 5.000 pts

Marchés : le CAC 40 prend 1,5% sur la semaine, mais refuse les 5.000 pts
Deux traders souriants sur le floor du New York Stock Exchange.

Boursier.com, publié le vendredi 14 août 2020 à 17h45

La semaine a été assez mouvementée sur les places boursières mondiales, au gré des informations et rumeurs relatives au tant attendu plan de relance américain. Alors que les négociations entre les conseillers de la Maison blanche et les démocrates semblent pour l'heure dans l'impasse sur le sujet, la place parisienne est tout de même parvenue à arracher un gain hebdomadaire de 1,5% dans la zone des 5.000 pts. L'indice phare parisien termine ce soir à 4.963 pts (-1,58%).

Les doutes sur la vigueur de la reprise économique mondiale et l'évolution peu favorable de la crise sanitaire ont toutefois pesé en fin de semaine, limitant les performances indicielles.

En l'absence pour l'heure de nouveau plan de relance négocié aux Etats-Unis pour faire face aux conséquences de la crise liée au nouveau coronavirus, les opérateurs se contentent des décrets de Donald Trump destinés à assurer une aide de court terme aux millions d'Américains mis au chômage par la crise.

Donald Trump a décidé samedi de contourner le Congrès en signant un plan de relance par décrets. Les mesures permettraient un gel des cotisations salariales et le versement d'une indemnité hebdomadaire de 400 dollars à des dizaines de millions de chômeurs américains. Jusqu'à la fin du mois dernier, ces chômeurs bénéficiaient d'une indemnité de 600 dollars. Ce plan peut toutefois être contesté par les démocrates.

Nancy Pelosi a déclaré qu'elle avait reçu une "ouverture" du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin en vue d'une éventuelle rencontre, mais qu'elle avait refusé l'offre, la Maison Blanche n'ayant pas fait évoluer ses positions. "Nous avons clairement indiqué à l'administration que nous étions prêts à baisser de 1.000 milliards de dollars s'ils montaient de 1.000 milliards de dollars", a précisé Pelosi dans une déclaration conjointe avec le leader démocrate du Sénat, Chuck Schumer. "Nous sommes disposés à reprendre les négociations une fois qu'ils auront commencé à prendre ce processus au sérieux".

Mnuchin, cependant, a déclaré que c'était Pelosi qui "n'était pas disposée à se réunir pour poursuivre les négociations à moins que nous n'acceptions à l'avance sa proposition, qui coûterait au moins 2.000 milliards de dollars". La présidente de la Fed de San Francisco, Mary Daly, a quant à elle estimé hier que "le Congrès devrait construire un pont plus grand (...), maintenant que nous savons que le coronavirus n'est pas derrière nous et que nous sommes dans cette situation depuis plus longtemps que nous l'espérions".

Selon Trump, le financement du service public du courrier et des prochaines élections constituerait le point de blocage majeur des discussions entre la Maison blanche et les démocrates du Congrès sur un nouveau plan de relance. Les conseillers du président américain auraient lutté face aux exigences des démocrates visant à obtenir des crédits additionnels pour la préparation de la présidentielle du 3 novembre. "Les dossiers sont la poste et les 3,5 milliards de dollars pour le vote par courrier", a indiqué Trump sur Fox Business Network. Le leader américain ajoute que les démocrates désireraient 25 milliards de dollars de plus pour le service public du courrier. Trump estime que le vote par courrier favoriserait la fraude.

Lorsque les conseillers du président et les responsables démocrates se sont quittés en fin de semaine dernière, leurs propositions sur le plan de relance présentaient un écart d'environ 2.000 milliards de dollars, croit savoir Reuters.

Etats-Unis et Chine devraient faire le point demain sur leur accord commercial "historique" signé en janvier et qui marquait une trêve dans leur conflit de plusieurs mois. Le niveau des achats de produits américains par la Chine laisse sans doute Washington sur sa faim depuis cet accord, mais le covid-19 a fortement compliqué la donne. Ce point intervient alors que les tensions se font grandissantes entre les deux superpuissances, Trump ayant pointé du doigt la responsabilité de la Chine dans la crise sanitaire, puis s'étant attaqué aux géants technologiques chinois Tencent ou ByteDance.

Les chiffres de la consommation aux Etats-Unis pour le mois de juillet ont quelque peu déçu ce jour. Ainsi, selon le rapport du jour, les ventes de détail ont augmenté de +1,2% en comparaison du mois antérieur, alors que le consensus était de +2%. Notons toutefois que la croissance de la consommation américaine a été révisée en hausse pour le mois de juin à +8,4%, contre +7,5% précédemment estimé.

Les ventes de détail hors automobile du mois de juillet 2020 se sont appréciées quant à elles de +1,9% par rapport au mois précédent, contre +1,5% de consensus et +8,3% un mois auparavant. Hors automobile et essence enfin, les ventes de détail ont grimpé de 1,5% contre un consensus de +0,9% (+7,7% en juin).

Les chiffres avancés de la productivité américaine non-agricole pour le second trimestre 2020 ont fait ressortir une progression au rythme de... +7,3% en comparaison du trimestre antérieur, contre +1% de consensus. Les coûts unitaires du travail se sont appréciés sur un rythme de +12,2%, contre +5,7% de consensus.

La production industrielle américaine pour le mois de juillet 2020 a progressé de 3%, comme prévu, en comparaison du mois antérieur, après un bond de 5,7% en juin. La production manufacturière s'est améliorée de 3,4% en juillet contre +3% de consensus.

La contraction record confirmée de 12,1% de l'économie de la zone euro au deuxième trimestre incite aussi à la prudence ce jour, comme les mauvais indicateurs économiques chinois. Les ventes chinoises de détail ont baissé sur un an en juillet, alors qu'elles étaient attendues en hausse. La production industrielle chinois est aussi ressortie inférieure aux attentes.

Le bilan de la pandémie du nouveau coronavirus s'alourdit encore. Selon l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas confirmés dans le monde depuis l'émergence du virus se monte désormais à 20,96 millions, dont 5,25 millions aux Etats-Unis, pays le plus touché, 3,22 millions au Brésil, 2,46 millions en Inde et 910.778 en Russie. L'épidémie a fait 760.318 morts dans le monde, dont 167.277 aux USA, 105.463 au Brésil et 55.293 au Mexique.

Les spécialistes demeurent sceptiques concernant le potentiel vaccin russe revendiqué par Vladimir Poutine cette semaine, compte tenu du manque de données susceptibles de renseigner sur son innocuité ou son efficacité.

Le président russe a annoncé plus tôt cette semaine la validation par les autorités locales de santé d'un tout premier vaccin contre le nouveau coronavirus. Le ministère russe de la Santé a donc accordé une autorisation réglementaire pour ce premier vaccin anti-covid-19 développé par l'Institut Gamaleya. Le dirigeant du fonds souverain russe, Kirill Dmitriev, a indiqué que ce vaccin serait commercialisé sous le nom de Spoutnik V sur les marchés internationaux, le nom faisant référence au premier satellite artificiel lancé par l'Union soviétique en 1957. L'autorisation intervient après moins de deux mois d'essais chez l'homme. Elle va permettre une utilisation à grande échelle du vaccin en Russie.

Cependant, les dernières phases d'essais cliniques se poursuivent pour déterminer l'innocuité et l'efficacité du vaccin. Ces essais devaient débuter mercredi. Vladimir Poutine a ajouté : "Je sais qu'il est très efficace, qu'il permet de développer une forte immunité et, je le répète, il a passé tous les tests nécessaires". Poutine espère une production de masse sous peu.

L'Organisation mondiale de la Santé discute quant à elle avec les autorités russes de la procédure en vue d'une éventuelle "préqualification" du vaccin. "Nous sommes en contact étroit avec les autorités russes et des discussions sont en cours au sujet d'une éventuelle préqualification du vaccin", a précisé un porte-parole de l'organisation, cité par Reuters, ajoutant tout de même que cette préqualification inclut un examen et une évaluation de l'ensemble des données d'innocuité et d'efficacité.

Les craintes de deuxième vague épidémique restent importantes, alors que le virus ne faiblit pas dans certaines régions et que le nombre de cas repart même à la hausse dans certains pays ayant procédé à une levée des mesures de restriction ou confinement.

Le Royaume-Uni va imposer à compter de demain une quarantaine de 14 jours aux personnes arrivant de France, du fait de la résurgence de l'épidémie de coronavirus. La mesure s'applique également aux voyageurs en provenance des Pays-Bas. 2.669 nouvelles contaminations ont été recensés il est vrai en France en 24 heures, selon les chiffres publiés hier par l'agence Santé publique France. Les nouveaux cas ressortent donc au plus haut depuis le 27 avril. La France compte adopter une mesure similaire vis-à-vis du Royaume-Uni au nom de la règle de réciprocité...

Le nombre de cas confirmés en Allemagne a progressé à 221.413, soit 1.449 cas de plus que la veille, selon les données de l'Institut Robert Koch (RKI) pour les maladies infectieuses. Quatorze décès supplémentaires sont signalés pour un total de 9.225 morts.

Ailleurs dans le monde, le Pérou a dépassé le demi-million de cas et affiche le taux de mortalité le plus élevé de l'Amérique latine, selon les données du ministère local de la Santé, qui fait état de 507.996 cas et 25.648 décès.

Le Brésil a enregistré 60.091 nouveaux cas et 1.261 décès en 24 heures, selon le ministère de la Santé.

La Chine a recensé 30 nouveaux cas en 24 heures contre 19 la veille. La Commission nationale de la santé indique que 22 nouveaux cas impliquent des personnes arrivées de l'étranger. Aucun décès n'est déploré. Le bilan officiel local se chiffre à 84.786 cas depuis l'apparition de l'épidémie, pour 4.634 morts.

La Nouvelle-Zélande a recensé ce jour 12 nouveaux cas. Auckland, ville la plus importante du pays, a été placée mercredi dernier en confinement.

Valeurs en hausse sur la semaine

Lagardère a pris 14% sur cinq séances. Amber Capital et Vivendi ont enterré la hache de guerre sur le dossier Lagardère. Malgré leurs divergences, les deux parties ont signé un pacte à la suite des résultats très mitigés publiés récemment par Lagardère.

Vivendi et Amber Capital, qui sont respectivement les premier et deuxième actionnaire de Lagardère avec 23,5% et 20% du capital, vont dans ce cadre entamer auprès de Lagardère des démarches afin d'avoir, chacun, au conseil de surveillance une représentation minoritaire, de trois membres pour Amber Capital et un membre pour Vivendi. Ils ont également souhaité stabiliser son actionnariat en consentant pour cinq ans un droit de première offre et un droit de préemption réciproques.

Valeo s'est redressé de 12% sur la semaine, sur un secteur automobile très bien orienté dans l'ensemble avec la confirmation de la reprise du marché chinois en juillet, ou la hausse surprise du marché russe le mois passé.

Klépierre a pris 10% sur cinq jours, alors que Neoen a grimpé de 9%.

Renault s'est adjugé 8% sur cinq jours. Les commandes de voitures en France devraient progresser en août par rapport au même mois de 2019, malgré la trêve estivale, selon des informations de l'agence Reuters obtenues auprès de deux sources proches des constructeurs automobiles français.

Dans le secteur, notons également un gain de 8% de Faurecia sur la semaine.

Tarkett a pris 9% sur cinq séances. Fnac Darty est monté de plus de 8%.

Sur cinq jours, Elior, Sartorius Stedim Biotech, Accor, Plastic Omnium, Suez ou Dassault Aviation ont gagné 6% à 8%.

Valeurs en baisse

Atos a abandonné 4% sur la semaine, tandis qu'AKKA Technologies a reculé pour sa part de 3% supplémentaires sur cinq séances et Sopra Steria de 1%.

Eurofins Scientific consolide de près de 3% cette semaine et Sanofi de 1%. Air France-KLM cède aussi 1% au terme d'une semaine mouvementée.

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