Marchés : le vert l'emporte en Asie, sauf à Tokyo

Marchés : le vert l'emporte en Asie, sauf à Tokyo©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 09 avril 2020 à 07h32

Dans le sillage du rebond de la Bourse de New York qui a clôturé en nette hausse mercredi soir, les investisseurs anticipant une sortie de crise du Covid-19 d'ici quelques semaines, la tendance positive l'a emporté dans la zone Asie-Pacifique. La Bourse de Sydney grimpe de 2,2% ce jeudi matin, suivie de Bombay qui remonte de 2%. Singapour prend 1,4%, Seoul +1,2%, avec Hong Kong (+0,6%)e et Shanghai (+0,3%). Seule la Bourse de Tokyo redonne 0,6% sur le Nikkei. Sur les marchés, on anticipe toujours un nouveau plan de soutien américain de l'économie, tandis que Wall Street a salué la clarification du paysage politique après le retrait de Bernie Sanders de la course à la Maison Blanche. Donald Trump affirme quant à lui vouloir "rouvrir l'économie" le plus vite possible en commençant par "les petites villes" moins touchées par l'épidémie. A la clôture, l'indice Dow Jones a grimpé de 3,44% à 23.433 points, tandis que l'indice large S&P 500 a progressé de 3,41% à 2.749 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, a gagné 2,58% à 8.090 pts. Les indices américains ont désormais repris plus de 20% par rapport à leurs plus bas niveaux du 23 mars dernier.

Sur le front sanitaire, le nombre de décès augmente malgré tout toujours fortement aux Etats-Unis. Mercredi soir, près de 420.000 cas de Covid-19 étaient détectés outre-Atlantique et le nombre de morts a dépassé les 14.000. Dans le monde, le Covid-19 touche désormais 1,49 million de personnes et le nombre de morts dépasse les 87.000.

Donald Trump veut "rouvrir l'économie" américaine

Malgré cette crise sanitaire intense, l'administration Trump envisage de "rouvrir l'économie" dans de petites villes, moins touchées par l'épidémie, avant de permettre à de plus grandes - frappées par le virus - de progressivement reprendre leur activité régulière. "Une fois que nous aurons ROUVERT NOTRE GRAND PAYS, et ce sera le plus tôt possible, l'horreur de l'Ennemi Invisible, sauf pour ceux qui ont malheureusement perdu un membre de la famille ou un ami, doit être rapidement oubliée. Notre économie va EXPLOSER, peut-être comme jamais auparavant !!!", a tweeté Donald Trump.

Les experts financiers commencent eux aussi à se projeter au-delà de la crise du coronavirus. Comme ses concurrentes JP Morgan et Morgan Stanley, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs a estimé mercredi que le pire est sans doute passé pour les marchés d'actions, et conseille à ses clients de profiter des niveaux actuels pour racheter des actifs risqués...
Dans un entretien publié mercredi par l'agence 'Bloomberg', Silvia Ardagna, directrice au sein de la branche gestion de fortune de Goldman Sachs, a repris l'expression de Donald Trump, qui a dit voir "la lumière au bout du tunnel" lundi dans un tweet, dans la lutte contre le coronavirus.
"Nous voyons la lumière au bout du tunnel parce que nous pensons que la communauté médicale trouvera tôt ou tard une solution, et parce que la réponse budgétaire dans le monde, et surtout aux Etats-Unis, a été très agressive et massive", a déclaré Mme Ardagna.
"Aujourd'hui est un bon moment pour revenir sur les marchés et profiter de la baisse des marchés d'actions pour se positionner en vue du rebond", a-t-elle ajouté. Ses commentaires font écho à d'autres responsables de la stratégie d'investissement de GS, qui ont conseillé depuis la mi-mars de revenir graduellement vers les actifs risqués...

La Fed a réagi à un "grave danger"

De son côté, la Fed a publié mercredi soir les "Minutes" de sa réunion surprise du 15 mars. Elle y explique qu'elle se devait d'apporter une "réponse forte" à la crise provoquée par la pandémie de Covid-19, qui fait courir un "grave danger" aux perspectives économiques des Etats-Unis.
Lors de cette réunion, la banque centrale américaine avait réduit d'un point entier ses taux directeurs proches de zéro, après les avoir déjà réduits d'un demi-point le 3 mars.

Le président de la Fed, Jerome Powell, est attendu ce jeudi pour une visioconférence consacrée aux perspectives économiques.
Par ailleurs, la chambre des représentants américaine poursuit son travail en vue d'adopter un nouveau plan de soutien à l'économie, afin de compléter celui de 2.200 milliards de dollars déjà adopté fin mars. La présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a évoqué la perspective d'un plan additionnel d'au moins 1.000 Mds$.

L'euro campe sur les 1,0865/$, alors que l'Eurogroupe a toujours autant de mal à s'accorder sur le vieux continent sur un plan financier de sortie de crise.
La livre sterling a repris 0,4% à 1,2382$ après des nouvelles encourageantes sur l'état de santé du Premier ministre britannique Boris Johnson, atteint de coronavirus et hospitalisé depuis lundi soir en soins intensifs.

Les marchés pétroliers restent sur la défensive, avec un baril de brent à 33$, en attendant la réunion des pays producteurs prévue jeudi et vendredi, et qui devrait déboucher sur une baisse de la production afin de mettre fin à l'effondrement des cours. Le marché pétrolier mondial, a été laminé par la guerre des prix déclenchée en mars par l'Arabie saoudite et la Russie, et par la crise du Covid-19, qui a entraîné un plongeon de la demande de brut. Les dernières déclarations en provenance de Moscou ou de Riyad montrent cependant que l'entente cordiale n'est pas encore au menu des discussions...

Vos réactions doivent respecter nos CGU.