Matières premières : le super-cycle est toujours en cours, selon Goldman Sachs

Matières premières : le super-cycle est toujours en cours, selon Goldman Sachs
ArcelorMittal, Fos-sur-Mer, acier

Boursier.com, publié le vendredi 18 juin 2021 à 21h50

Les cours des matières premières ont subi une vive correction cette semaine, sur fond de discours plus "faucon" de la Réserve fédérale américaine, et de regain de vigueur du dollar, qui a bondi de près de 2% depuis mercredi. L'indice Reuters/Jefferies CRB des matières premières a ainsi abandonné 3% en 5 séances, après avoir atteint début juin son plus haut niveau depuis juin 2015, et avoir rebondi de 75% par rapport à avril 2020, au plus fort de la crise du coronavirus.

Les cours des matières premières ont subi une vive correction cette semaine, sur fond de discours plus "faucon" de la Réserve fédérale américaine, et de regain de vigueur du dollar, qui a bondi de près de 2% depuis mercredi. L'indice Reuters/Jefferies CRB des matières premières a ainsi abandonné 3% en 5 séances, après avoir atteint début juin son plus haut niveau depuis juin 2015, et avoir rebondi de 75% par rapport à avril 2020, au plus fort de la crise du coronavirus.

Pour autant, la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, qui a été la première à affirmer, fin 2020, que l'économie mondiale était entrée dans un nouveau super-cycle haussier pour les matières premières, n'a pas modifié son opinion. Jeff Currie, son économiste star, en charge de la branche matières premières, a ainsi jugé vendredi que la correction actuelle est un opportunité d'achat.

Le cours du cuivre a perdu 8,5% cette semaine, celui du platine a perdu 9%, l'argent a chuté de 7,7% et l'or a lâché 5,9%. Le soja a perdu plus de 7%. Le pétrole s'en est mieux sorti avec un gain de plus de 1% cette semaine, le baril de Brent terminant la semaine à 73,51$ pour le contrat à terme d'août sur le Nymex.

Outre les annonces de la Fed sur de possibles hausses des taux dès 2023, voire 2022, les cours de nombreuses matières premières ont été plombées par l'annonce par la Chine qu'elle allait puiser dans ses vastes stocks pour alléger les tensions sur les prix des matériaux de base. Par ailleurs, pour les produits agricoles, l'arrivée récente de pluies aux Etats-Unis a éloigné les craintes concernant les prochaines récoltes, faisant fléchir les cours.

Vers une hausse phénoménale de la demande mondiale en biens physiques

Dans une note à ses clients, Jeff Currie écrit vendredi que "ce ne sont pas les vaccins, ni la transition énergétique qui vont entraîner une hausse de la demande, c'est le Covid lui-même". La pandémie ayant exposé au grand jour les inégalités dans le monde et la vulnérabilité des ménages modestes, "les gouvernements vont faire la guerre aux faibles revenus".

La réponse des Etats à la crise sociale, explique Jeff Currie, sera plus redistributive et se concentrera sur les ménages à faibles revenus. Leur consommation va entraîner une hausse phénoménale de la demande en biens physiques et donc de matières premières.

"La thèse de la hausse des matières premières ne dépend pas des risques d'inflation ou des projections de la Fed", a-t-il poursuivi. "C'est une question de rareté et de forte demande physique" pour ces produits.

Currie a aussi réitéré son optimisme pour le cours du pétrole, et prévoit toujours un baril de Brent à 80$ d'ici au 3e trimestre, grâce à la remontée de la consommation mondiale. Celle-ci a atteint selon lui 97 millions de barils par jours ces derniers jours, un niveau proche de ce qu'il était avant la crise sanitaire, avec des signes positifs venus d'Europe, et même d'Inde malgré la propagation du coronavirus.

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