Moulinvest : impact contenu de la crise sanitaire sur l'exercice 2019-2020

Moulinvest : impact contenu de la crise sanitaire sur l'exercice 2019-2020©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 07 décembre 2020 à 17h53

Le groupe industriel familial Moulinvest, spécialisé dans l'éco-construction, le bois énergie et l'imprégnation du bois, a réalisé un chiffre d'affaires consolidé de 66,2 millions d'euros au titre de l'exercice 2019-2020 (période du 1er septembre 2019 au 31 août 2020), contre 64 ME sur l'exercice précédent. Il est en progression de +3,5%.

La marge brute s'établit à 36,9 ME en progression de +8,2% à période comparable. Cette amélioration s'explique à la fois par la contribution croissante des activités des pôle Energie et Imprégnation ainsi que par l'amélioration des conditions de production en scierie en lien avec la mise en service de la nouvelle ligne de profilage à l'origine d'une augmentation significative des volumes et de gains de productivité (hausse du rendement matière, baisse du taux de déchet).

La part de la masse salariale représente 13,6% du chiffre d'affaires en diminution par rapport à l'exercice précédent (14,7%). Cette variation est expliquée par l'optimisation de l'appareil productif. Les autres achats et charges externes du Groupe représentent 13,3 ME soit 20,1% du chiffre d'affaires (19,6% au titre de la période précédente). Certains postes de charges tels que l'énergie, les frais locatifs et d'entretien associés à l'implantation de la nouvelle usine ont en effet augmenté.

L'Ebita consolidé s'établit à 13,8 ME (+22,1% vs. Ebita 2019). Il bénéficie à la fois de la bonne progression de la marge brute et du contrôle efficace de la structure de coûts au cours de cet exercice.

Le résultat d'exploitation progresse à 5,7 ME (5,4 ME sur 2018-2019), représentant un taux de marge opérationnelle stable de 8,6% du chiffre d'affaires. Les amortissements augmentent substantiellement (+36,5%) suite à la mise en service de la nouvelle usine. Les charges financières sont stables à 1,7 ME (1,6 ME sur 2019). Le résultat net consolidé ressort à 3,8 ME au 31 août 2020 (3,2 ME au 31 août 2019).

Structure financière

Le Groupe dispose au 31 août 2020 de 35,6 ME de capitaux propres (31,9 ME au 31 août 2019). Au 31 août 2020, la trésorerie nette de découvert représente 12,2 ME (3 ME au 31 août 2019) et les dettes financières atteignent 47 ME (42,6 ME au 31 août 2019) l'intégralité des financements seniors ayant été débloquée. Le ratio dette nette/ capitaux propres est de 1,1 (1,33 au 31 août 2019).

Le ratio de levier (Dette Nette/Ebitda) est de 2,83 (3,74 au 31 août 2019).

Le Groupe a dégagé au cours du semestre écoulé un flux de trésorerie d'exploitation de 13,3 ME (9,1 ME en 2019). Le besoin en fonds de roulement diminue de 1,7 ME sur la période. La trésorerie nette du Groupe ressort à 12,2 ME au 31 août 2020.

Au global, la trésorerie s'améliore sous l'effet conjugué de la hausse des volumes de ventes sur l'ensemble des pôles en fin de période, d'une gestion rigoureuse des conditions d'approvisionnement en matière première et d'un gel des remboursements d'emprunts et crédit-baux sur 6 mois accordé par les partenaires bancaires afin de faire face au contexte d'incertitudes induit par la crise sanitaire.

Perspectives favorables

L'exercice 2020 a été marqué par des circonstances exceptionnelles. En premier lieu, la mise en service de la nouvelle unité de production qui s'est accompagnée de changements importants sur le plan de l'organisation et de la gestion des flux internes au site historique de Dunières. Ce pari industriel est aujourd'hui en passe d'être réussi avec le franchissement d'un premier seuil d'augmentation des capacités de production de l'ordre de 50%.

Cette mise en service est intervenue dans un contexte particulièrement changeant avec la survenance de la crise sanitaire induite par la COVID-19 en mars 2020. Malgré un ralentissement prononcé de ses activités aux mois de mars et avril (-25%), affectées en cascade par la situation des partenaires commerciaux négociants et distributeurs contraints de fermer leurs portes à l'occasion du confinement, le Groupe a su mobiliser ses ressources et opérer une relance d'activité relativement rapide une fois les protocoles sanitaires en place.

Le Groupe a adopté un positionnement prudent axé sur l'optimisation des moyens de production et la maîtrise des coûts. Le modèle économique du Groupe a de nouveau démontré sa résilience en s'appuyant sur la maîtrise de la chaîne de valeur et la diversité de son portefeuille d'activité.

Sur le plan financier rappelons que le Groupe a eu un recours ciblé aux mesures gouvernementales en matière d'activité partielle, et mis en oeuvre, avec le soutien de son pool bancaire, un décalage de 6 mois de l'ensemble des engagements financiers significatifs au titre des contrats d'emprunt et de crédit-bail. Le pool bancaire a notamment accordé un décalage des échéances en capital sur les tranches A, C et D de la dette senior de 6 mois, qui viendront majorer les échéances prévues à horizon mai 2025. Cette approche prudentielle, combinée aux lignes court terme disponibles dont bénéficie le Groupe a permis dans un premier temps de stabiliser la situation.

C'est ensuite à partir du mois de juin que la relance de l'activité commerciale a permis de conforter la position de trésorerie. Moulinvest n'a, à date, pas sollicité le concours d'établissements bancaires dans le cadre du dispositif Prêt Garanti par l'Etat (PGE).

En dépit de la crise et d'une visibilité relativement limitée, les perspectives commerciales du Groupe restent favorablement orientées. Avec la montée en puissance des volumes de production et de ses gains de productivité, Moulinvest sera désormais en mesure de se positionner efficacement avec une offre qualitative et compétitive sur les marchés internationaux dans un contexte haussier des prix. Les marchés mondiaux connaissent en effet un regain de dynamisme en lien avec la forte demande américaine en produits de sciage destinés à la construction et à l'aménagement, alors même que la crise sanitaire a induit une rationalisation des capacités de production (Canada). Cette situation de déséquilibre a tendance à favoriser la demande qui influe à la hausse sur les indices prix des bois résineux. La demande résiste également bien sur les autres pôles d'activité et notamment sur le marché du granulé s'agissant désormais d'un produit de première nécessité.

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