Où l'on reparle d'une séparation d'EDF en deux entités

Où l'on reparle d'une séparation d'EDF en deux entités©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 24 novembre 2017 à 10h55

EDF s'annonce d'ores et déjà comme la grosse performance de la semaine sur le CAC 40, avec un titre qui gagne 2% ce matin à 11,05 euros, après avoir repris 10% depuis la clôture de lundi soir. Est-on en train d'assister au retournement tant attendu pour une entreprise coincée dans la problématique de la transition énergétique, faute d'avoir suffisamment anticipé la fin de sa rente nucléaire ? Certains le pensent. Plusieurs analystes ont ressorti de leurs cartons le vieux scénario d'une scission du groupe en deux entités, qui a plutôt bien fonctionné chez les homologues allemands.

"Nous pensons que les priorités du gouvernement pour le développement des énergies renouvelables et pour la stabilité financière d'EDF vont favoriser dans les prochains mois la mise en place d'un nouveau cadre réglementaire pour EDF qui pourrait constituer un catalyste puissant pour la performance du titre à court terme", écrit ce matin Louis Boujard, qui suit les utilités chez Oddo BHF. Comme UBS a pu le développer il y a quelques jours, l'analyste considère que la meilleure approche pour respecter le double enjeu de la gestion du parc nucléaire et du développement des énergies renouvelables consisterait à scinder EDF en deux entités distinctes. L'opération, qui mettrait d'un côté le réseau, les services client et les énergies renouvelables et de l'autre les actifs de production, essentiellement nucléaires, permettrait de séparer les dépenses d'investissement et de cesser d'avoir à arbitrer "développement des renouvelables" contre "maintenance du parc nucléaire". L'attrait du premier périmètre ne fait pas de doute. Mais alors que faire pour s'assurer que le second soit pérenne ?

Un pôle "Nucléaire de France", comme l'appelle Boujard (un plus joli nom que le "OldCo" d'UBS), nécessitera des efforts réglementaires pour être viable. "Au cours des trois dernières années, le nucléaire a démontré son incapacité à s'adapter aux contraintes de la volatilité du prix de marché lorsque les conditions de prix ne sont pas favorables", rappelle l'analyste. Par conséquent, un groupe recentré sur la production nucléaire 100% au prix du marché deviendrait financièrement très risqué. Pour y remédier, le spécialiste pense qu'il faudrait instituer un système de "CFD" (contract for différence) sur la totalité du parc existant, un peu à l'image du contrat négocié entre EDF Energy et les autorités britanniques à Hinkley Point C. Ce montage protègerait le groupe contre une baisse excessive des prix de l'énergie. La nouvelle architecture d'EDF pourrait amener jusqu'à 6,10 euros de revalorisation à l'action, a calculé Oddo BHF. Le bureau d'études estime que le marché n'accorde pour l'heure qu'une probabilité très mince à une scission, mais que cette hypothèse est amenée à monter en puissance, ce qui profitera au titre. En attendant, il recommande à ses clients d'acheter en visant 13,50 euros.

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