Paris et Helsinki surveillent Nokia

Paris et Helsinki surveillent Nokia©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 14 mars 2018 à 07h31

Le gouvernement français garde un oeil sur Nokia. Le comité de suivi des engagements du groupe finlandais suite au rachat d'Alcatel-Lucent s'est réuni hier à Bercy pour un point d'étape. L'entreprise estime que l'objectif de porter ses effectifs de R&D en France à 2.500 personnes sera atteint l'été prochain, tandis que l'engagement d'employer 4.200 personnes devrait être rempli d'ici la fin du semestre en cours. Cependant, le comité a aussi noté que Nokia n'a pas tenu ses engagements en matière d'implantation en France du pilotage d'activités de recherche majeures, en particulier concernant la division Nokia Bell Labs. Le ministère a exhorté représentants du personnel et direction à poursuivre le dialogue, tout en espérant que le groupe sera en mesure de présenter fin avril les mesures qui lui permettront d'implanter dans l'hexagone des activités de recherche de pointe. Un nouveau comité de suivi est prévu en juin pour faire le bilan des avancées.

Helsinki aussi

Mais la France n'est pas la seule à se préoccuper de l'empreinte industrielle de Nokia. La Finlande a pris le taureau par les cornes en investissant cette semaine 844 millions d'euros pour prendre 3,3% du capital. Une participation stratégique, qui doit renforcer le droit de regard du pays sur son champion technologique, qui ne cesse de réduire ses effectifs domestiques pour faire face à une concurrence féroce dans les équipements télécoms.

En Finlande, Nokia emploie plus de 6% de la population active, soit 6.300 personnes. Mais ce taux a été bien plus élevé du temps de la splendeur de la société, quand elle officiait à la fois dans les réseaux et les terminaux mobiles. L'incroyable incapacité de l'entreprise à voir arriver le virage du Smartphone l'a conduite à se séparer de sa branche terminaux à vil prix. Solidium, l'entité d'investissement publique locale, a expliqué avoir constitué sa position au fil de l'eau depuis le début de l'année. Elle a assuré le financement en se séparant de titres dans d'autres entreprises comme Telia, SSAB et Sampo. Si aucun représentant n'est demandé au conseil d'administration à ce stade, ce pourrait être le cas à l'avenir. Nokia va quoi qu'il en soit devoir composer avec un actionnaire qui se fera entendre et dont la présence risque de contrarier les investisseurs.

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