Pétrole: brusque repli après de nouvelles critiques de Donald Trump

Pétrole: brusque repli après de nouvelles critiques de Donald Trump©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 26 avril 2019 à 20h45

Le pétrole a bu la tasse, vendredi, après des propos de Donald Trump affirmant avoir réclamé à l'Opep une baisse des prix du brut. Les cours de l'or noir ont bondi d'environ 40% depuis le début de l'année pour atteindre ces derniers jours leurs plus hauts niveaux depuis près de 6 mois.

Le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI reculait vendredi de 3,5% à 62,94$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juin chutait de 3,7% à 71,59$. Jeudi, le Brent avait franchi brièvement en début de séance le seuil des 75$ pour la première fois depuis 6 mois, après la décision de l'Allemagne et de la Pologne de suspendre leurs importations de brut russe via l'oléoduc Droujba, en raison d'une contamination au chlorure organique.

Vendredi, on a appris en outre que le nombre de forages en activité aux Etats-Unis a fortement baissé cette semaine, passant de 825 à 805 selon les statistiques hebdomadaires publiées par la firme parapétrolière Baker Hugues. Cette nouvelle est de nature à soutenir les cours du pétrole, mais les marchés ont surtout réagi aux propos de Donald Trump.

Donald Trump remet la pression sur l'Arabie saoudite

Le président américain a ainsi affirmé vendredi avoir appelé l'Opep à faire baisser les prix du baril de pétrole, ce qui aurait déjà eu, selon lui, pour effet de faire reculer le coût de l'essence. "Les prix de l'essence sont en train de baisser. J'ai appelé l'Opep et leur ai dit, +vous devez les faire baisser +", a affirmé le locataire de la Maison-Blanche devant des journalistes.

Ce n'est pas la première fois que Trump lance ce type d'appel, mais les pressions semblent s'être accentuées depuis que les Etats-Unis ont décidé, lundi, de mettre fin aux dérogations qui permettaient encore à huit pays d'acheter du pétrole iranien.

Donald Trump avait déjà affirmé lundi que l'Arabie saoudite, chef de file du cartel, et d'autres pays allaient "compenser" la perte des barils iraniens sur le marché mondial. Le ministre saoudien de l'Energie Khaled al-Faleh avait dans le même temps assuré que son pays était prêt à "stabiliser" le marché.

La Russie plutôt favorable à la fin de l'accord Opep+ ?

Le président américain a besoin de prix de l'énergie plus bas en vue de sa campagne présidentielle de 2020. Après avoir mis en oeuvre son plan visant à ramener à zéro les exportations de pétrole iranien, Donald Trump entend obliger les membres du groupe Opep+, qui comprend la Russie, à mettre un terme à leur accord de réduction de production, afin de remplacer les barils perdus d'Iran mais aussi d'autres pays en difficulté comme le Venezuela et la Libye.

Ces dernières semaines, des responsables russes ont laissé entendre qu'ils pourraient plaider en faveur d'une hausse de la production de l'Opep+ lors de la prochaine réunion du groupe en juin prochain.

Cité le 13 avril par l'agence de presse russe TASS, le ministre russe des Finances, Anto Silouanov, a ainsi évoqué la possibilité d'une hausse de la production de la Russie comme de l'Opep. Il a expliqué que "nous sommes face à un dilemme. Avec l'Opep, que devons-nous faire ? Devons-nous perdre des parts de marché face aux Américains, ou mettre fin à notre accord ?" Il a ajouté que dans ce dernier cas, les cours du brut pourraient retomber à 40$...

Des propos tenus avant la décision de Washington de mettre fin, dès le 2 mai, aux dérogations que Donald Trump avait accordées l'an dernier à 8 pays importateurs de pétrole iranien, dont les deux plus importants, la Chine et l'Inde. Cette décision américaine est susceptible de retirer environ 1 million de barils par jour supplémentaires du marché mondial, ce qui est susceptible de pousser les cours encore plus haut si l'Opep+ continue de fermer ses vannes....

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