Pétrole : en berne avant une réunion de l'Opep à Oman

Pétrole : en berne avant une réunion de l'Opep à Oman
pétrole brut raffinerie

Boursier.com, publié le vendredi 19 janvier 2018 à 19h53

Le pétrole a subi des dégagements en fin de semaine face à la perspective d'une production américaine en nette hausse en 2018, et avant une réunion de l'Opep et ses alliés, prévue dimanche à Oman.

Vendredi soir, le cours du brut léger américain (WTI) a cédé 1%, à 63,32$ le baril (contrat à terme de février sur le Nymex), tandis que le baril de Brent a reculé de 0,96% à 68,65$ le baril. Sur la semaine, le WTI a cédé 1,7% et le Brent a lâché 1,5%, après avoir atteint la semaine passée les plus hauts niveaux depuis 3 ans.

Croissance "explosive" prévue pour la production des Etat-Unis !

Selon le dernier rapport mensuel de l'AIE, publié vendredi, la production américaine de pétrole devrait connaître une croissance "explosive" en 2018, ce qui éloigne la perspective d'un rééquilibrage du marché mondial, toujours caractérisé par des excédents. L'agence a relevé ses prévisions de production aux Etats-Unis de 1,35 million de barils par jour, pour les porter à un niveau record de plus de 10 mbj par jour cette année, après 9,9 mbj estimés en 2017.

Ainsi, "la croissance explosive aux Etats-Unis et des gains substantiels au Canada et au Brésil, vont contrebalancer les fortes baisses de production prévues au Venezuela et au Mexique", écrit l'AIE. Par conséquent, en 2018, les Etats-Unis pourraient "dépasser l'Arabie saoudite et rivaliser avec la Russie", si ces deux pays continuent de limiter leur propre production.

Ces informations interviennent à deux jours d'une réunion de l'Opep et des ses partenaires, prévue dimanche à Mascate, dans le sultanat d'Oman. Cette réunion devrait évoquer le sujet d'une sortie progressive, avant décembre 2018, de l'accord sur la limitation de la production mondiale de pétrole, avait déclaré le ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak, la semaine dernière. Si des discussions sont prévues sur le calendrier de sortie de l'accord, M. Novak avait toutefois précisé que selon lui, le marché mondial n'est pas encore rééquilibré, malgré la hausse récente des cours du pétrole.

Le patron de Lukoil, l'une des plus grandes compagnies pétrolières russes, a déclaré de son côté, le 12 janvier, que la Russie devrait commencer à sortir de cet accord si les cours (du Brent) restaient à 70 dollars le baril pendant plus de six mois. Le Brent avait franchi lundi le seuil des 70$ en clôture, avant de faire l'objet de prises de bénéfices.

Coups de canifs en vue à la discipline des quotas au sein de l'Opep ?

Les cours du pétrole ont progressé ces derniers mois, remontant au plus haut depuis 3 ans, grâce à plusieurs facteurs : prolongation de l'accord de l'Opep limitant sa production jusqu'à la fin 2018, incidents de production (Ecosse, Libye...), et série de 9 semaines consécutives de baisse des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis. Jeudi, l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a indiqué que ces stocks ont baissé de 6,9 millions de barils sur la semaine achevée le 12 janvier, alors que le consensus tablait sur un recul limité à 3,5 millions de barils. Les stocks à Cushing (Oklahoma), principal terminal de livraison pour le marché américain, ont même baissé de 4,2 millions de barils, un tassement sans précédent depuis au moins 2004.

Selon les observateurs, avec la hausse des prix (qui encourage les producteurs américains à augmenter leurs débits), la probabilité aurait augmenté de voir l'Opep et ses alliés mettre fin à leur accord avant le terme prévu de décembre 2018.

Les limitations de production pourraient être réduites progressivement, selon certains analystes, tandis que d'autres tablent sur le fait que certains membres rouvriront les vannes de façon officieuse pour profiter de la hausse actuelle des cours... Jusqu'à présent, l'Opep et ses partenaires étaient parvenus à faire respecter de la façon disciplinée leurs quotas par leurs membres.

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