Pétrole : en hausse après des troubles en Libye et en Irak

Pétrole : en hausse après des troubles en Libye et en Irak©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 20 janvier 2020 à 19h31

Le pétrole a commencé la semaine sur une note positive, soutenu par la suspension de la production de brut dans deux importants gisements pétroliers en Libye, conséquence de la fermeture d'un pipeline par les troupes du maréchal Khalifa Haftar.

Par ailleurs, l'Irak a temporairement interrompu, dimanche, la production d'un champ pétrolier en raison d'un mouvement social d'agents de sécurité réclamant des contrats de travail permanents, selon des sources citées par 'Bloomberg'. Ils ont bloqué l'accès au champ pétrolier d'Al Ahdab, dans l'est du pays, et un autre champ de cette région, Badra, risque également d'être fermé, selon ces sources.

Suite à ces informations, le baril de brut léger américain (WTI) gagnait lundi soir 0,43% à 58,79$ sur le Nymex (contrat à terme de février), tandis que le Brent de la mer du Nord avançait de 0,71% 65,31$ (contrat à terme de mars). La progression des cours a toutefois été limitée, les analystes estimant que ces perturbations passagères ne sont pas de nature à créer une pénurie de pétrole, dans un marché qui reste excédentaire et où les stocks sont très élevés.

La semaine dernière, l'agence internationale de l'énergie (AIE) a estimé que la "base solide " des stocks pétroliers ainsi que la hausse de la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis formaient une protection contre les perturbations de production.

La Libye, qui produit environ 1,2 million de barils par jour (moins de 1% de la production mondiale), est déchirée depuis plusieurs année par des combats opposant le gouvernement d'accord national (GAN) de Faïez Sarraj à l'Armée nationale libyenne du maréchal Khalifa Haftar. Le premier, reconnu internationalement, contrôle la capitale, Tripoli, et l'ouest du pays (Tripolitaine), épaulé par la Turquie. Le second, soutenu de fait par la Russie, l'Egypte, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, règne sur l'est du pays (Benghazi et la Cyrénaïque), en particulier sur les ports pétroliers.

Le FMI révise une nouvelle fois en baisse ses prévisions de croissance mondiale

La hausse du brut a aussi été plafonnée par l'annonce par le FMI d'une nouvelle révision à la baisse de ses prévisions de croissance économique mondiale, malgré la signature, le 15 décembre, d'un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Le FMI s'attend désormais à une hausse du PIB mondial de 2,9% en 2019, le chiffre le plus faible depuis 2010.

Pour 2020, le fonds s'attend à reprise, mais elle sera plus "poussive" que prévu, avec une croissance de 3,3%, contre 3,4% prévu en octobre. Il s'agit de la 4ème révision à la baisse du PIB mondial pour 2020 depuis octobre 2018. Pour les Etats-Unis, la prévision américaine passe de 2,1% à 2,0% en 2020 (après +2,3% en 2018), et pour la zone euro, elle passe de 1,4% à 1,3%.

A l'inverse, la prévision pour la Chine a été revue à la hausse, de 5,8% à 6,0%. C'est l'Inde qui a pesé lourdement sur la révision à la baisse de la croissance mondiale, les prévisions du FMI passant de 7% à "seulement" 5,8% en 2020...

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