Pétrole : encore une folle semaine, le canal de Suez bloqué

Pétrole : encore une folle semaine, le canal de Suez bloqué©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 26 mars 2021 à 20h45

Les cours du pétrole viennent de vivre une nouvelle semaine particulièrement volatile, alternant les hausse et les baisses, partagés entre les craintes sur la demande liées à la 3e vague de Covid-19 en Europe, et les risques pour l'approvisionnement après l'échouage d'un porte-conteneurs dans le canal de Suez...

Les cours du pétrole viennent de vivre une nouvelle semaine particulièrement volatile, alternant les hausse et les baisses, partagés entre les craintes sur la demande liées à la 3e vague de Covid-19 en Europe, et les risques pour l'approvisionnement après l'échouage d'un porte-conteneurs dans le canal de Suez...

Vendredi, le contrat à terme de mai sur le baril de pétrole brut WTI a repris 4,1% à 61,97$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent d'échéance mai a avancé de 4,2% à 64,57$. La semaine se solde par une légère hausse de 0,9% pour le WTI tandis que le Brent a fait du surplace, mais dans le détail, le chemin a été chaotique : après une séance calme lundi, les cours ont plongé de 6% mardi, avant de remonter de 6% mercredi et de reperdre environ 4% jeudi, avant un nouveau gain d'environ 4% vendredi...

La semaine précédente, le WTI avait chuté de 6,4% et le Brent avait lâché 6,8%, leur plus forte baisse hebdomadaire depuis octobre 2020. Les cours gagnent encore environ 25% depuis le début de l'année, après avoir subi une correction de plus de 10% par rapport à leurs sommets de début mars.

Cette semaine, la volatilité a été accrue par l'échouage d'un porte-conteneur géant, qui s'est mis en travers du Canal de Suez, bloquant totalement le trafic. Le canal pourrait rester bloqué pendant des semaines, perturbant l'approvisionnement de marchandises mondiales, à commencer par le pétrole...

Un cours d'équilibre autour de 60$ ?

Selon les analystes, ces secousses ne sont pas une surprise, dans la mesure où le marché pétrolier s'était un peu trop emballé en début d'année dans l'anticipation d'une reprise économique vigoureuse à mesure que les campagnes de vaccination contre le coronavirus permettront un retour progressif à la normale.

Les cours ayant désormais retrouvé leurs niveaux précédant la crise du coronavirus, les investisseurs s'interrogent logiquement sur les perspectives du marché. Beaucoup estiment que les cours pourraient désormais fluctuer autour d'un seuil d'équilibre de l'ordre de 60$, compte-tenu des perspectives de reprise de la demande et d'une offre qui devrait s'accroître progressivement elle aussi.

Les stratégistes actions de la banque UBS, dans une note publiée jeudi, estiment que les récentes turbulences devraient inciter l'Opep+ à être "prudente dans ses décisions concernant ses niveaux de réduction" lors de sa prochaine réunion mensuelle prévue la semaine prochaine. Début mars, le groupe de pays producteurs avait surpris les marchés en décidant de maintenir en avril l'essentiel de ses coupes de production afin de continuer à soutenir les cours.

Un marché appelé à rester sous-approvisionné en 2021

L'actualité leur a donné raison, la 3e vague de coronavirus en Europe ayant entraîné de nouvelles mesures de restriction, notamment en France et en Allemagne, ce qui risque de peser sur la demande pétrolière. En outre, aux Etats-Unis, les stocks pétroliers ont gonflé depuis 5 semaines consécutives, tandis que la production américaine est repartie à la hausse. Vendredi, la firme Baker Hughes a indiqué que le nombre de puits pétroliers actifs aux Etats-Unis a augmenté de 6 cette semaine pour atteindre 324, contre 267 fin décembre 2020, mais encore loin de ses niveaux de la fin 2019, autour de 700 puits actifs.

A moyen terme, UBS estime que même si la demande de pétrole reste loin de ses niveaux de 2019, avant la pandémie, le marché restera sous-approvisionné grâce aux coupes de l'Opep+ et à une production américaine plus basse qu'avant la crise sanitaire. La banque anticipe une amélioration de la demande à la fin du printemps et pendant l'été, notamment en raison d'une reprise des déplacements en voiture et en avion. Pour l'aérien, "les grands marchés intérieurs comme les Etats-Unis seront les premiers à redémarrer, les vols internationaux seront les derniers à reprendre", soulignent aussi les analystes.

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