Pétrole : forte hausse après les accusations de Nétanyahou contre l'Iran

Pétrole : forte hausse après les accusations de Nétanyahou contre l'Iran©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 30 avril 2018 à 20h55

Les cours du pétrole, qui reculaient lundi en début de séance, se sont brusquement réveillés après un regain de tension au Moyen-Orient, suite à de nouvelles accusations du Premier ministre israélien contre l'Iran.

Le baril de brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a flambé jusqu'à 1,8% en séance à 69,23$, avant de revenir quelque peu en arrière, à 68,38$ (+0,4%) pour le contrat à terme de juin sur le Nymex.

La hausse du brut a ainsi été contrecarrée lundi soir par l'annonce d'une production pétrolière américaine record en février, à 10,26 millions de barils par jour (bpj), selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Depuis le 6 avril dernier, le cours du pétrole WTI a cependant flambé de plus de 10% face à la montée de risques géopolitiques.

Accusation de programme nucléaire militaire clandestin en Iran

Alors que la Russie, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni cherchent à sauver l'accord international sur le nucléaire iranien signé en 2015, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a accusé lundi Téhéran dissimuler un programme nucléaire clandestin, ce qui augmente le risque de voir les Etats-Unis dénoncer cet accord le 12 mai prochain, date-butoir fixée par Donald Trump pour prendre sa décision.

Au cours d'une conférence de presse à Tel-Aviv, le Premier ministre israélien a affirmé détenir des "preuves concluantes" d'un programme secret iranien pour se doter de l'arme nucléaire. Il a présenté à la presse des documents présentés comme "les copies exactes" de dizaines de milliers de documents originaux iraniens prouvant que "l'Iran a continué de préserver et d'étendre son savoir-faire en matière d'armes nucléaires pour un usage futur".

L'accord signé en 2015 par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne prévoyait que l'Iran renonce à se doter de l'arme atomique en échange d'une levée des sanctions économiques.

Risques géopolitiques accrus sur l'offre mondiale de pétrole

Depuis, le pays, 3ème producteur de l'Opep, a pu reprendre ses exportations pétrolières en janvier 2016. Ainsi, durant l'année fiscale 2016-2017, les exportations iraniennes de pétrole, et dans une moindre mesure de gaz naturel, se sont élevées à près de 57,4 milliards de dollars selon l'Agence américaine d'information sur l'Energie (EIA), soit 70% de plus que durant l'année fiscale précédente, sous l'effet de la fin des sanctions et de la remontée des cours du pétrole.

Pour les marchés pétroliers, les risques géopolitiques viennent aussi du Venezuela, où des élections présidentielles anticipées sont prévues le 20 mai, ainsi que de la Russie contre laquelle Washington pourrait adopter d'autres sanctions économiques.

Selon une note de Bank of America Merrill Lynch, l'équivalent de 1,5 million de barils par jour qui seraient actuellement "menacés par des risques géopolitiques, surtout au Venezuela, en Iran et en Libye".

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