Pétrole : forte volatilité après des déclarations russes

Pétrole : forte volatilité après des déclarations russes©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 19 novembre 2018 à 19h22

Les cours du pétrole ont démarré la semaine dans un climat très volatil. Le baril de brut léger américain ,WTI a commencé la journée en hausse de 1,5%, à 57,33$, dans le sillage du rebond de la fin de la semaine dernière. Mais rapidement, la tendance s'est inversée, le cours du WTI plongeant de 2,4%, jusqu'à 55,08$, après des déclarations du ministre russe de l'Energie montrant la réticence de son pays à réduire sa production, contrairement au souhait de l'Arabie saoudite.

Le pétrole WTI a toutefois effacé ses pertes en soirée pour terminer la journée en légère progression, en hausse de 0,20% à 56,57$ le baril sur le Nyse (contrat à terme de décembre). Le baril de Brent cotait au même moment 66,43$, en recul de 0,5% (contrat à terme de janvier).

Pas d'excès d'offre en vue en 2019, selon le ministre russe de l'Energie

Le ministre russe de l'Energie Alexander Novak a affiché une attitude prudente concernant une éventuelle baisse de sa production, estimant que le marché mondial ne risquait pas de souffrir d'un excès d'offre l'an prochain. M. Novak a estimé que les prochains mois pourraient être marqués par une offre légèrement supérieure à la demande en raison de facteurs saisonniers, mais il a ajouté qu'il ne pensait pas que le marché ferait face en 2019 à une situation d'offre excédentaire. D'ici à la mi-2019, le marché devrait être équilibré, voire en léger excès de demande, selon le ministre russe.

Ce point de vue diverge avec celui de l'Arabie saoudite, le leader de l'Opep, qui a décidé de réduire sa propre production de 500.000 barils par jour dès décembre afin de soutenir les cours du baril, qui ont subi un plongeon supérieur à 20% depuis début octobre, chutant pendant six semaines consécutives. Riyad espère convaincre les autres membres de l'Opep ainsi que d'autres pays producteurs, dont la Russie, de suivre son exemple afin de réduire la production mondiale d'au moins 1,4 million de barils par jour l'an prochain, selon de sources citées par 'Reuters'. Une réunion entre l'Opep et ses alliés est prévue le 6 décembre prochain à Vienne.

L'AIE appelle les pays producteurs à faire preuve de "bon sens"

Lundi, le point de vue de la Russie a été partagé par le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol. Ce dernier a affirmé qu'un réduction de l'offre de pétrole des grands pays producteurs pourrait avoir des implications négatives pour le marché, et a appelé les acteurs du marché à faire preuve de "bon sens".

Lors d'une conférence de presse, M. Birol a jugé les marchés bien approvisionnés, mais a ajouté que les capacités inemployées en Arabie saoudite étaient modestes, ce qui implique qu'une réduction de l'offre des gros producteurs pourrait se traduire par des tensions sur le marché.

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