Pétrole : l'affaire Khashoggi entretient la hausse des cours

Pétrole : l'affaire Khashoggi entretient la hausse des cours©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 15 octobre 2018 à 23h32

L'affaire Khashoggi a entraîné des tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite, soutenant lundi les cours du pétrole, qui évoluent déjà ces derniers temps à leurs plus hauts niveaux depuis 4 ans. La disparition, en Turquie, du journaliste saoudien, critique du régime en place, a provoqué une réaction assez vive de la part de Donald Trump, qui a déclaré samedi que "si l'Arabie saoudite était responsable", il y aurait "un châtiment sévère".

En réponse, un haut responsable saoudien non identifié, cité par l'agence de presse saoudienne SPA, a répliqué que si des sanctions américaines étaient appliquées, le royaume répondrait avec de "plus grandes" sanctions... Lundi cependant, le président américain a modéré ses propos après un entretien téléphonique avec le Roi Salmane, qui a "fermement nié' toute implication du régime dans le sort de M. Khashoggi.

Donald Trump a estimé possible que le journaliste saoudien ait été tué par "des éléments incontrôlables". Il a également annoncé via Twitter qu'il dépêchait son secrétaire d'État Mike Pompeo en Arabie saoudite pour s'entretenir directement avec le roi Salmane.

Ces déclarations ont relancé les spéculations sur un retour du cours du baril de pétrole Brent au dessus des 100$. Lundi, le contrat à terme de novembre sur le brut léger américain (WTI) a gagné 0,62%, à 71,78$ le baril, tandis qu'au moment de la clôture du Nymex, le Brent de Mer du Nord prenait 0,46% à 80,80$. Les deux variétés de pétrole avaient chuté de 4% la semaine dernière, plombées par les craintes sur la croissance mondiale et les turbulences sur les marchés boursiers mondiaux.


Le spectre de l'embargo et du choc pétrolier de 1973...

Les spécialistes du secteur pétrolier se souviennent que le choc pétrolier de 1973, qui avait fait flamber les cours, avait pour origine des querelles diplomatiques entre Washington et Riyad au sujet du soutien à Israël. L'Arabie saoudite et ses alliés de l'Opep avaient alors sanctionné les Etats-Unis par une hausse des prix, et par un embargo sur les livraisons de brut, faisant flamber les cours...

Cependant, la situation actuelle paraît bien différente et les analystes estiment que les deux pays (les plus gros producteurs mondiaux d'or noir) ont plus de raisons de s'entendre que de se déchirer, d'autant que le poids de l'Opep dans la production mondiale a fortement diminué depuis les années 1970.


Les exportations iraniennes en chute libre à l'approche des sanctions US

Les nouvelles tensions entre Riyad et Washington interviennent au moment où Donald Trump exhorte le Royaume saoudien à ouvrir les vannes pétrolières pour compenser la chute des exportations iraniennes après le 4 novembre, date de l'entrée en vigueur des nouvelles sanctions américaines contre Téhéran. A l'approche de cette date, les exportations iraniennes ont déjà nettement ralenti. Selon des données fournies par 'Reuters', elles sont tombées à 1 million de barils par jour dans la 1ère semaine d'octobre contre 2,5 mbj en avril, avant l'annonce des sanctions américaines.

Cette réduction de l'offre iranienne a coïncidé avec de problèmes de production dans d'autres pays (effondrement de la production vénézuélienne, perturbations en Libye...), faisant flamber le cours du pétrole ces derniers mois.

Jamal Khashoggi a disparu le 2 octobre dernier, après s'être rendu dans le consulat saoudien à Istanbul, en Turquie, où une enquête a été ouverte. L'Arabie saoudite ne coopère pas encore dans l'enquête, a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères. M. Khashoggi s'est exilé aux Etats-Unis il y a un an, craignant que ses opinions ne lui valent des représailles. En 2018, il a écrit une série d'articles publiés par le 'Washington Post', dans lesquels il dénonçait la guerre au Yémen et critiquait la répression politique qui a frappé son pays.

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