Pétrole : la nervosité reste très forte avant la réunion de l'Opep+

Pétrole : la nervosité reste très forte avant la réunion de l'Opep+©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 06 avril 2020 à 23h07

La volatilité est restée extrême lundi sur le marché pétrolier, où les investisseurs attendent avec nervosité des annonces des pays producteurs concernant une baisse de leur production, afin de soutenir les cours.

Après avoir perdu jusqu'à 11% en début de journée, le baril de brut léger américain WTI a fini en baisse de 8% à 26,08$ pour le contrat à terme de mai sur le Nymex, tandis que le Brent de mer du Nord a lâché 3,1% à 33,05$ pour le contrat à terme de juin. La semaine dernière, les cours avaient flambé de l'ordre de 40% en 4 séances dans l'espoir d'une baisse de la production mondiale.

Selon des sources citées lundi par la chaîne américaine 'CNBC', l'Arabie saoudite et la Russie seraient "très, très proches" d'un accord sur une réduction de leur production de pétrole. Le président du Fonds souverain russe a déclaré à 'CNBC' : "je pense que le marché tout entier comprend que cet accord est important et qu'il amènera beaucoup de stabilité, une stabilité tellement importante pour le marché, et nous en sommes très proches".

"Je pense que la Russie, l'Arabie Saoudite, les Etats-Unis et d'autres pays doivent intervenir pour stabiliser les marchés et apporter de la stabilité dans un monde qui est sur le point de connaître probablement la plus grande récession de tous les temps", a ajouté Kirill Dmitriev.

Donald Trump accroît la pression sur l'Opep+

Une 'bonne nouvelle' alors que la réunion d'urgence prévue entre les membres de l'Opep+ et d'autres grands producteurs, prévue ce lundi, a été reportée à jeudi. L'absence de la participation des États-Unis, désormais premier producteur mondial d'or noir, serait en effet toujours mal perçue par plusieurs pays et pourrait constituer une pierre d'achoppement à tout accord. Bien qu'il ait initialement appelé à un accord, le président Donald Trump a décrit samedi l'OPEP comme un cartel et a menacé d'imposer des droits de douane sur le pétrole étranger pour protéger l'industrie énergétique américaine.

Jeudi, Donald Trump avait provoqué une flambée historique du brut (le Brent a pris jusqu'à 47% en séance !) en tweetant qu'il s'attendait à ce que la Russie et l'Arabie Saoudite réduisent leur production d'environ 10 millions de barils : "Je viens de parler à mon ami MBS d'Arabie saoudite, qui s'est entretenu avec le président russe Poutine et je m'attends à ce qu'ils réduisent (leur production) d'environ 10 millions de barils, voire beaucoup plus, ce qui serait formidable pour le secteur pétrolier et gazier!".

L'objectif des négociations porterait ainsi sur une réduction de la production d'environ 10 millions de barils par jour, soit près de 10% de la production mondiale. Néanmoins, certains experts à l'image de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estiment que cette baisse historique, si elle venait à être confirmée, ne serait pas suffisante compte tenu de la chute de la demande.

"Ce type d'accord dont vous auriez besoin pour stabiliser le marché est loin d'être suffisant étant donné l'ampleur de la baisse de la demande", affirme à 'Bloomberg' Daniel Hynes, stratégiste chez Australia & New Zealand Banking Group. Reste qu'il offrirait un certain soulagement aux opérateurs et pourrait déboucher sur un accord plus poussé entre les diverses parties.

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