Pétrole : la part de l'Opep va continuer de décroître face aux Etats-Unis

Pétrole : la part de l'Opep va continuer de décroître face aux Etats-Unis©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 05 novembre 2019 à 20h25

Dans son rapport annuel publié mardi, l'Opep dévoile ses prévisions à moyen et long terme pour le marché mondial du pétrole. Le cartel pétrolier, qui compte 13 membres dont l'Arabie saoudite, prévoit notamment une réduction de sa propre production pétrolière d'ici à 2024, tandis qu'en parallèle, la production américaine de pétrole de schiste va croître fortement.

A plus long terme, la demande mondiale d'or noir continuera d'augmenter, mais un peu moins vite que prévu, d'ici à 2040, en raison d'une croissance économique ralentie, et des mesures prises par un certain nombre de pays contre le réchauffement climatique.

L'OCDE en pointe dans les efforts climatiques

La demande mondiale de brut devrait ainsi progresser de près de 12 millions de barils par jour (mbj) à long terme, passant de 98,7 mbj en 2018 à 110,6 mbj en 2040, indique le cartel. Cette prévision représente une baisse de plus de 1 mbj à horizon 2040 comparé au rapport publié l'an dernier. "La plus grosse part de cette révision est liée à une plus faible activité économique par rapport aux attentes de 2018", explique l'Opep.

Par régions, la demande pétrolière devrait atteindre un plafond ces prochaines années dans les pays de l'OCDE, avant d'entamer un déclin en raison d'une implantation "significative" des véhicules fonctionnant avec des carburants alternatifs au pétrole, comme l'électricité ou l'hydrogène.

En revanche, la demande des pays en développement devrait plus que compenser ce déclin, sous l'effet de la croissance démographique et économique, ainsi que de l'émergence d'une classe moyenne avide de consommation.

Explosion du pétrole de schiste américain d'ici à 2024

Par ailleurs, l'Opep reconnaît dans ce rapport que sa part dans la production pétrolière mondiale va continuer de diminuer au profit des Etats-Unis, dont la production de pétrole de schiste ne cesse de croître. Ainsi, l'organisation estime que sa propre production de pétrole va passer d'environ 35 millions de barils par jour cette année à 32,8 millions en 2024.

"Le principal facteur à moyen terme de la croissance de l'offre hors-Opep demeure l'explosion du pétrole américain", explique l'Opep, qui mène depuis deux ans, avec ses alliés, dont la Russie, une politique de limitation de sa production afin de soutenir les cours de l'or noir.

Pour le seul pétrole de schiste, les Etats-Unis vont pomper 16,9 mbj en 2024, estime l'organisation, soit 40% de plus qu'aujourd'hui (12 mbj estimés en 2019) avant un ralentissement pour atteindre un pic en 2029 à 17,4 mbj.

A plus long terme, l'Opep a cependant toujours pour ambition d'accroître sa production : "sur le long terme, c'est l'Opep qui devrait répondre à la majorité de la demande pétrolière", écrit ainsi le secrétaire général de l'organisation, Mohammed Barkindo, dans l'introduction du rapport annuel.

Les cours actuels insuffisants pour équilibrer les budgets de l'Opep

Le cartel et ses partenaires, dont la Russie, doivent se rencontrer le mois prochain à Vienne pour discuter de nouvelles réductions de production. Jusqu'ici, leurs efforts ont conduit les cours du pétrole à remonter autour de 60$ mais ce prix ne permet pas aux pays de l'Opep, Arabie saoudite en tête, d'équilibrer leurs budgets. Le Fonds monétaire international estime ainsi que Riyad devrait vendre ses barils à 83,6$ en moyenne pour équilibrer ses comptes publics en 2020.

Mardi soir, on était très loin de ces cours... Le cours du baril de brut léger américain (WTI) progressait de 1,26% à 57,25$ sur le Nymex (contrat à terme de décembre), tandis que le Brent de la mer du Nord gagnait 1,37% à 62,98$ (contrat à terme de janvier).

En outre, les cours actuels du brut auront sans doute un impact négatif sur la valorisation de la compagnie pétrolière Saudi Aramco, que Riyad s'apprête à introduire en Bourse. Le prince héritier Mohammed ben Salman vise les 2.000 milliards de dollars, mais les banques conseil de l'opération auraient plutôt placé la barre entre 1.500 et 1.800 Mds$.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.