Pétrole : le baril chute encore de 5% !

Pétrole : le baril chute encore de 5% !©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 12 mars 2020 à 11h38

Le baril de pétrole broie encore du noir ce jeudi. Le WTI pour livraison avril abandonne plus de 5,5% à 31,1 dollars dans les échanges électroniques sur le Nymex alors que le baril de Brent de la mer du Nord cède 5,9% à 33,7 dollars à Londres. Les deux références affichent une perte d'environ 50% par rapport à leurs sommets de janvier après avoir notamment essuyé lundi leur plus forte baisse quotidienne depuis la guerre du Golfe en 1991.

L'annonce choc de Donald Trump de suspendre les voyages vers les Etats-Unis en provenance d'Europe pour 30 jours pèse fortement ce jeudi sur les cours du brut alors que l'Organisation mondiale de la santé a déclaré que l'épidémie de coronavirus est désormais considérée comme une pandémie. L'effondrement des cours est accentué par les dernières annonces de l'Arabie saoudite qui a promis d'augmenter sa production à un niveau record tout en réduisant ses prix.

"C'est à cela que ressemble un grand choc positif de l'offre et un grand choc négatif de la demande", explique à Reuters Lachlan Shaw, responsable de la recherche matières premières à la National Australia Bank à Melbourne. "Il est difficile d'imaginer un scénario plus pessimiste".

Les Émirats arabes unis ont par ailleurs suivi leur voisin du Golfe en dévoilant des plans visant à stimuler leur production de pétrole après l'effondrement la semaine dernière d'un accord entre l'OPEP, la Russie et d'autres producteurs pour retenir l'offre et soutenir les prix. "Sans l'OPEP+, le marché pétrolier a perdu son régulateur et maintenant seuls les mécanismes du marché peuvent dicter l'équilibre entre l'offre et la demande", note pour sa part Espen Erlingsen, responsable de la recherche chez Rystad Energy.

"Nous voyons maintenant le monde entier s'enfermer", explique de son côté, Vandana Hari, fondatrice de la société de conseil en énergie Vanda Insights à Singapour. "On peut s'attendre à ce que la demande de pétrole s'effondre et toutes les projections précédentes sur la consommation sont maintenant hors de portée".

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