Pétrole : le baril grimpe encore, vers une prolongation de l'accord de l'Opep+

Pétrole : le baril grimpe encore, vers une prolongation de l'accord de l'Opep+©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 05 juin 2020 à 13h49

Les cours du brut évoluent au plus haut depuis trois mois, soutenus par la reprise de l'activité économique à travers le monde et sur la perspective d'un accord entre pays membres de l'OPEP+ sur une prolongation des réductions de la production à l'issue d'une réunion qui aura lieu samedi. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison juillet grimpe actuellement de 2,5% à 38,3$ sur le Nymex tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance août avance de 3% à 41,2$ à Londres.

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole se réunira par vidéoconférence samedi à 13 heures (heure de Londres), suivie d'une conférence avec ses alliés de l'OPEP+ deux heures plus tard, selon des délégués du cartel cités par 'Bloomberg'. Après presque une semaine de querelles, les dirigeants des principaux membres de l'organisation auraient convenu de prolonger d'un mois l'accord de baisse de la production, soit jusqu'à la fin du mois de juillet, au lieu de l'assouplir début juillet, comme prévu précédemment.

Longtemps opposées, l'Arabie saoudite et la Russie semblent désormais regarder dans la même direction. Les deux parties sont même unies contre les membres de l'OPEP+ qui n'ont jamais réussi à assumer leur part du fardeau, Irak et Nigéria en tête. "Réunies à la tête de l'OPEP+ et confrontées à de nombreux mois, voire des années, de surproduction, la Russie et l'Arabie saoudite n'avaient pas grand-chose à perdre et beaucoup à gagner en imposant des mesures concrètes pour améliorer le respect de l'accord par les réfractaires, en particulier l'Irak", souligne Bob McNally, fondateur de 'Rapidan Energy Group'.

L'Irak, dont le taux de conformité à l'accord a été de seulement 38% selon une enquête Reuters publiée le mois dernier, aurait accepté de faire un effort supplémentaire afin de rattraper son retard, selon les sources de l'agence Reuters. Bagdad aurait expliqué son faible taux de conformité par des problèmes techniques et un remaniement récent au sein du gouvernement...

Face à la chute historique des cours de l'or noir, l'OPEP et ses partenaires se sont engagés en avril à réduire la production de 9,7 millions de barils par jour, soit environ 10% de l'offre mondiale, en mai et juin. En outre, l'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis ont procédé à de nouvelles réductions volontaires d'environ 1,2 million de barils par jour pour le mois de juin, ce qui porte le total des réductions OPEP+ à près de 11 mbj.

"Nous sommes raisonnablement optimistes quant aux perspectives du pétrole pour le second semestre de l'année", affirme Isabelle Mateos y Lago, directrice adjointe de l'équipe en charge des institutions souveraines chez BlackRock. "La demande devrait se redresser bien plus rapidement que l'offre". La reprise de l'activité économique avec le soutien des Banques centrales et des gouvernements laisse en effet penser que la consommation de brut devrait nettement augmenter sur la deuxième partie de l'année.

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