Pétrole : le baril sous pression, le secteur dans le rouge

Pétrole : le baril sous pression, le secteur dans le rouge©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 26 octobre 2020 à 11h15

Dans le sillage des cours du brut, Total, CGG, TechnipFMC et Vallourec pointent en net repli ce lundi sur la place parisienne. Le baril de pétrole aligne une troisième séance de baisse marquée sur fond de propagation de la pandémie de Covid-19 de part et d'autre de l'Atlantique et de hausse de la production libyenne. Le baril de brut léger américain pour livraison décembre cède actuellement 2,6% à 38,8 dollars sur le Nymex alors que le baril de Brent de la mer du Nord de même échéance abandonne 2,5% à 40,7$ à Londres. Les deux références ont perdu environ 2,5% la semaine passée.

Les Etats-Unis ont comptabilisé samedi, pour un deuxième jour consécutif, un pic du nombre de contaminations par le coronavirus et l'épidémie a également battu un record en France dimanche avec plus de 52.000 nouveaux cas en 24 heures. Dimanche, l'Italie a avancé la fermeture des bars et des restaurants à 18 heures et ordonné la fermeture des salles de sports publiques, piscines et cinémas tandis que l'Espagne imposait un couvre-feu nocturne dans le cadre d'un nouvel état d'urgence.

La détérioration des perspectives de la demande coïncide avec la volonté de la Libye de presque doubler sa production de brut alors qu'un nouveau cycle de négociations visant à mettre fin à un conflit qui dure depuis près de dix ans se prépare. "Dans un environnement où les perspectives de la demande suscitent de nouvelles inquiétudes, la dernière chose dont le marché a besoin en ce moment est une offre supplémentaire", déclare à 'Reuters' Warren Patterson, responsable de la stratégie des matières premières chez ING.

Une information qui intervient alors que l'OPEP+ (Opep et ses alliés dont la Russie) doit théoriquement augmenter sa production de 2 millions de bpj en janvier 2021 après avoir réduit sa production d'un montant record au début de l'année. "L'OPEP+ ne doit pas être négligente et doit s'attaquer au problème des barils supplémentaires qui apparaissent sur le marché, sinon les jours de stabilité relative des prix du pétrole seront comptés", souligne Tamas Varga chez PVM. Compte tenu du contexte actuel, le président russe Vladimir Poutine a néanmoins indiqué la semaine dernière qu'il pourrait accepter de prolonger l'accord de baisse de la production.

"Les problèmes de demande liés à la résurgence des cas de coronavirus ont attiré l'attention du marché ces dernières semaines", affirme à 'Bloomberg' Daniel Hynes, stratégiste senior matières premières chez Australia & New Zealand Banking Group. "Les questions liées à l'offre ont maintenant certainement commencé à prendre un peu plus d'importance, la Libye suggérant que son offre va augmenter de manière significative au cours des deux prochains mois. Cela représente un nouveau vent contraire pour l'OPEP".

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