Pétrole : le plongeon s'accélère, 12ème jour de baisse !

Pétrole : le plongeon s'accélère, 12ème jour de baisse !©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 13 novembre 2018 à 20h55

Les cours du pétrole se sont enfoncés encore davantage mardi, plombés notamment par un tweet de Donald Trump, mais plus fondamentalement par des craintes d'un ralentissement de la croissance mondiale, qui intervient à un moment où l'offre de pétrole est toujours très abondante. L'accélération de la baisse est aussi liée à des dénouements de positions spéculatives à la hausse, selon les opérateurs.

Le contrat à terme de décembre sur le WTI plongeait ainsi mardi soir de près de 8% à 55,24$ sur le Nyse. Il affiche désormais une perte de 27% depuis le 3 octobre dernier et évolue au plus bas depuis le mi-décembre 2017. L'échéance janvier sur le Brent de la Mer du Nord cédait elle environ 7% à 65,13$, et a désormais reculé de 24% par rapport à son pic du 3 octobre. Le baril de brut léger américain WTI a désormais enchaîné 12 séances négatives, signant sa plus longue série baissière depuis au moins 1984.

Pour Donald Trump, "les prix devraient être nettement plus bas"

Les cours de l'or noir avaient pourtant tenté un rebond, lundi, après une annonce de l'Arabie saoudite, qui va réduire sa production de 500.000 barils par jour en décembre afin de tenter d'endiguer le plongeon des prix depuis début octobre.

Cependant, cette perspective d'une baisse de l'offre a été torpillée par un tweet de Donald Trump, lundi soir, qui a dit "espérer que l'Arabie saoudite et l'Opep ne réduiront pas leur production de pétrole". Le président américain a ajouté que selon lui, "les prix du pétrole devraient être nettement plus bas si on se base sur (le niveau de) l'offre", signalant clairement qu'il souhaite maintenir un prix du pétrole bas.

Réunion de l'Opep et ses alliés le 5 décembre

Le ministre saoudien de l'Energie, Khalid al Falih, a déclaré lundi que l'Opep et ses alliés s'entendaient sur la nécessité de réduire l'offre mondiale d'environ un million de barils par jour l'an prochain par rapport à son niveau d'octobre. Le ministre a annoncé que l'Arabie saoudite allait diminuer son offre de 500.000 bj dès décembre. L'Opep et ses alliés, notamment la Russie, se rencontreront le 5 décembre prochain à Vienne.

Du côté de la demande pétrolière, celle-ci est restée élevée au 3ème trimestre, la consommation atteignant même un record absolu à 100 millions de barils/jour. Toutefois, les marchés craignent que les récents signes de ralentissement économique observés en Chine, ainsi que dans d'autres pays émergents, ne rabotent la demande en 2019. En outre, les sanctions américaines contre l'Iran, qui avaient fait craindre initialement une brutale réduction de l'offre, seront finalement moins drastiques que prévu, car Washington a annoncé des exemptions à ces sanctions au profit de huit pays clients de l'Iran, dont la Chine.

L'Opep réduit ses prévisions de demande pour 2019

Le rapport mensuel de l'Opep, publié mardi, a entretenu ces craintes sur la demande : le cartel a révisé à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale. Pour l'an prochain, la croissance est désormais attendue à 1,29 mbj, environ 70.000 barils par jour de moins que la prévision faite en octobre. La consommation mondiale atteindrait ainsi 100,08 mbj en 2019.

Du côté de l'offre, la prévision de l'Opep pour la production des pays hors cartel a été légèrement revue en hausse pour 2018 et 2019, tirée notamment par les Etats-Unis. "Bien que le marché ait atteint un équilibre pour l'instant, les prévisions pour 2019 sur la croissance de l'offre non-Opep indiquent des volumes plus élevés, dépassant la hausse de la demande mondiale et conduisant à un excès croissant de l'offre sur le marché", a ainsi souligné l'Opep dans son rapport mensuel.

De son côté, l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) a indiqué le 6 novembre dans son dernier rapport mensuel, que la production de pétrole des Etats-Unis serait en moyenne de 10,9 mbj en 2018, contre 9,4 mbj en 2017. En 2019, la production moyenne devrait encore grimper pour atteindre 12,1 mbj, sous l'effet de la hausse de la production de pétrole de schiste.

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