Pétrole : le WTI au plus haut depuis octobre 2018, à quand les 100$ ?

Pétrole : le WTI au plus haut depuis octobre 2018, à quand les 100$ ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 15 juin 2021 à 22h42

Le pétrole a poursuivi son ascension, mardi, après des déclarations de professionnels du secteur estimant que les prix de l'or noir devraient poursuivre leur progression à la faveur de la reprise économique mondiale et du reflux de la pandémie de Covid-19 grâce à la vaccination.

Le pétrole a poursuivi son ascension, mardi, après des déclarations de professionnels du secteur estimant que les prix de l'or noir devraient poursuivre leur progression à la faveur de la reprise économique mondiale et du reflux de la pandémie de Covid-19 grâce à la vaccination.

Le baril de pétrole brut WTI a grimpé mardi de 1,8% à 72,12$ sur le Nymex (contrat à terme d'août), au plus haut depuis plus de deux ans et demi, en octobre 2018, tandis que le Brent de même échéance a avancé de 1,6% à 73,99$, au plus haut depuis avril 2019.

Le WTI affiche désormais une progression de près de 49% depuis le début de l'année, tandis que le Brent a bondi de 43%.

Des investissements pétroliers divisés par 4 depuis 5 ans

A l'occasion d'une conférence sur les matières premières organisée par le Financial Times (le "FT Commodities Global summit"), les responsables des grands négociants de pétrole Glencore et Vitol ont tous deux estimé que les prix devraient continuer à grimper. Le patron de Trafigura, Jeremy Weir, a même estimé que les cours pourraient atteindre 100$ le baril en raison d'un manque d'offre et d'un sous-investissement dans le secteur, sur fond de transition énergétique. Il n'a cependant pas donné d'échéancier pour atteindre ce prix de 100$ le baril, qui n'a pas été vu depuis août 2014...

Malgré la transition énergétique, le patron de Trafigura a estimé que le pétrole "sera encore là pour un bon moment", soulignant que la demande mondiale de brut était encore de 80 millions de barils par jour au plus fort de la crise du Covid (contre environ 100 mbj avant la crise). "Nous voyons que les investissements pétroliers ont chuté de 400 Mds$ par an il y a 5-6 ans, à un peu plus de 100 Mds$ par an", ce qui va entraîner des problèmes d'offre et "va sans doute porter les cours plus haut", a ajouté Jeremy Weir.

Le directeur général de Glencore, Alex Sanna, a estimé de son côté que la demande mondiale devrait revenir à la normale au 3e trimestre 2022 et que les cours du brut devraient monter, à mesure que la vaccination de la population mondiale contre le Covid-19 progressera. Le patron de Vitol, Russell Hardy, a souligné que la demande de diesel et de produits pétrochimiques avait déjà retrouvé ses niveaux d'avant la pandémie, mais a estimé qu'il y a avait encore "une petite marge de hausse" pour les cours du brut.

Alors que le débat fait rage au sujet du caractère durable ou non de l'inflation, les investisseurs sont nombreux à parier sur la poursuite de la hausse des cours des matières premières, qui pourraient être entrées dans un nouveau super-cycle haussier, selon certains spécialistes, dont ceux de Goldman Sachs.

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