Pétrole : le WTI envoyé au plus bas depuis un an par le Covid-19

Pétrole : le WTI envoyé au plus bas depuis un an par le Covid-19©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 26 février 2020 à 23h16

Les cours du pétrole ont une nouvelle fois dégringolé mercredi, le baril de brut léger américain WTI tombant à son plus bas niveau depuis un an, en janvier 2019, dans un climat d'inquiétude face à la propagation du nouveau coronavirus hors de Chine.

Mercredi soir, le cours du baril de brut léger américain (WTI) a encore lâché 2,3% à 48,73$ (contrat à terme d'avril coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord a chuté de 2,8% à 53,43$ (contrat à terme d'avril). Depuis jeudi dernier, le WTI a perdu 9,4% et le Brent 9,9%. Le WTI perd désormais environ 23% depuis son plus haut annuel de début janvier à plus de 63$.

Davantage de nouveaux cas de Covid-19 hors de Chine

La propagation de l'épidémie de coronavirus hors de Chine fait craindre désormais une pandémie qui affecterait durablement la demande mondiale de pétrole, dans un marché déjà en situation chronique d'excès d'offre depuis plusieurs années, malgré les efforts de l'Opep et de ses alliés (Opep+) pour rééquilibrer le marché.

Pour la première fois, le nombre de nouveaux cas de coronavirus à l'étranger a dépassé mardi celui de ceux qui ont été diagnostiqués le même jour en Chine, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ainsi, 411 nouveaux cas ont été observés mardi en Chine et 427 dans les autres pays. Dans le monde, l'épidémie a désormais atteint plus de 81.000 personnes et en a tué 2.770, dont la quasi-totalité en Chine.

L'annonce mercredi d'une hausse moins importante que prévu des stocks pétroliers hebdomadaires aux Etats-Unis n'a pas été suffisante pour soutenir les cours de l'or noir. Les stocks US ont ainsi augmenté de 0,5 million de barils pour la semaine achevée le 21 février, contre un consensus de +2,3 millions de barils. Les stocks d'essence ont reculé en revanche de 2,7 millions de barils, alors que les stocks de distillés ont décliné de 2,1 millions de barils par rapport à la précédente semaine.

Une réunion de l'Opep+ prévue la semaine prochaine à Vienne

Les investisseurs sont désormais à l'affût de tout signe sur les intentions des membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs alliés, dont la Russie, qui se réunissent la semaine prochaine à Vienne, en Autriche, pour se mettre d'accord sur une stratégie visant à soutenir les cours. L'Arabie saoudite souhaite réduire davantage la production pétrolière du cartel et de ses alliés, mais la Russie s'est montrée jusqu'ici réticente à une telle mesure.

Début février, le comité technique conjoint (JTC) de l'Opep+ s'est ainsi réuni pendant 4 jours sans parvenir à un consensus sur les moyens de soutenir les cours sur fond de baisse de la demande chinoise. A l'issue de cette réunion extraordinaire, le JTC a recommandé une réduction additionnelle de production de 600.000 barils par jour jusqu'à la fin du deuxième trimestre 2020, mais la Russie ne s'y est pas montrée favorable et a demandé un temps de réflexion à ce sujet, selon des sources proches du dossier. Le JTC a par ailleurs recommandé de prolonger l'accord actuel de réduction de la production de pétrole jusqu'à fin 2020, alors qu'il est actuellement valable jusqu'à mars prochain.

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