Pétrole : les cours plongent de 6,5% après des propos de Trump

Pétrole : les cours plongent de 6,5% après des propos de Trump
pétrole brut raffinerie

Boursier.com, publié le mercredi 21 novembre 2018 à 00h20

Les cours du pétrole ont piqué du nez mardi, terminant en baisse de 6,5% après des remarques de Donald Trump au sujet de l'Arabie saoudite. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a plongé mardi soir de 6,59% à 53,43$ le baril à la clôture du Nymex (contrat à terme de décembre). Il est tombé jusqu'à 52,77$ en cours de séance, au plus bas niveau depuis octobre 2017.

Au moment de la clôture du Nyse, le baril de Brent perdait lui aussi 6,48% à 62,46$ pour le contrat à terme de janvier. Les traders ont été ébranlés par la chute de Wall Street, qui vient en écho aux craintes de ralentissement de la croissance mondiale et par conséquent de la demande de pétrole.

A Wall Street, les valeurs pétrolières ont souffert de l'effondrement des cours du brut, à l'instar d'ExxonMobil (-2,8%), Chevron (-2,7%), ConocoPhillips (-3,7%), Transocean (-8%), Halliburton (-4,7%) ou encore de Devon Energy (-7,3%).

Donald Trump presse l'Arabie saoudite de ne pas réduire sa production

La chute des cours s'est accélérée après que Donald Trump a réaffirmé que l'Arabie saoudite était un "grand allié" des Etats-Unis. Malgré l'affaire Khashoggi, les Etats-Unis n'imposeront pas de sanctions contre le prince héritier saoudien, a fait savoir le président américain. "Les Etats-Unis ont l'intention de rester un partenaire fiable pour l'Arabie saoudite, dans l'intérêt de notre pays, d'Israël et de tous nos autres partenaires dans la région", a-t-il indiqué.

L'Arabie saoudite "travaille en collaboration étroite avec nous, et a réagi très rapidement à mes demandes de maintien des prix du pétrole à des niveaux raisonnables", a-t-il ajouté. La semaine dernière, Donald Trump avait déjà exprimé, via Twitter son opposition à toute baisse de la production pétrolière de l'Arabie saoudite et de l'Opep, affirmant que "les prix du pétrole devraient être beaucoup plus bas au vu de l'offre actuelle".

Réunion de l'Opep et ses alliés le 9 décembre

Les analystes ont cependant émis des doutes sur la possibilité de voir Ryad soutenir M. Trump en maintenant sa production actuelle, les craintes liées à un excès de production n'ayant cessé ces derniers temps de peser sur les prix du pétrole.

L'Arabie saoudite a d'ailleurs annoncé la semaine dernière son intention de baisser unilatéralement sa production de 500.000 barils par jour à partir de décembre, afin de freiner la chute des cours du brut. Le leader de l'Opep espère convaincre les autres membres du cartel et ses alliés, dont la Russie, de réduire leur offre globale de 1,4 million de barils, selon des sources citées par 'Reuters'.

L'Opep et ses alliés doivent se réunir le 9 décembre prochain pour étudier le niveau de leur production pour 2019. Toutefois, le ministre russe de l'Energie Alexander Novak, s'est montré lundi réticent à baisser sa production, estimant que le marché mondial ne risquait pas de souffrir d'un excès d'offre l'an prochain. De la même façon, le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a lui aussi estimé lundi qu'une réduction de l'offre de pétrole des grands pays producteurs pourrait avoir des implications négatives pour le marché, et a appelé les acteurs du marché à faire preuve de "bon sens".

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