Pétrole : nouvelle hausse avec l'Iran, les 100$ évoqués

Pétrole : nouvelle hausse avec l'Iran, les 100$ évoqués©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 21 juin 2021 à 21h45

Les cours du pétrole ont poursuivi leur ascension lundi, soutenus par l'optimisme sur la conjoncture mondiale, mais aussi par le fait que le dernier round de négociations entre les Etats-Unis, l'Europe et l'Iran s'est achevé sans accord sur le nucléaire.

Les cours du pétrole ont poursuivi leur ascension lundi, soutenus par l'optimisme sur la conjoncture mondiale, mais aussi par le fait que le dernier round de négociations entre les Etats-Unis, l'Europe et l'Iran s'est achevé sans accord sur le nucléaire.

Le baril de pétrole brut WTI a encore gagné 2,6% à 73,12$ sur le Nymex pour le contrat à terme d'août, tandis que le Brent de même échéance a pris 1,9% à 74,90$. Les deux variétés de pétrole ont enchaîné 4 semaines de hausse consécutive, et ont bondi de plus de 50% depuis le début de l'année pour le WTI et de 45% pour le Brent. Ils pointent désormais au plus haut depuis octobre 2018.

Lundi, les cours ont été soutenus par l'absence d'accord entre l'Iran et les grandes puissances mondiales en vue de relancer l'accord sur le nucléaire iranien. Comme le souligne 'Bloomberg', c'est la troisième fois depuis le début des pourparlers en avril que les négociateurs n'ont pas respecté les délais qu'ils s'étaient imposés pour relancer l'accord. Une relance de ce dernier conduirait probablement à l'assouplissement des sanctions américaines vis-à-vis de Téhéran et à une augmentation des exportations de brut iranien, un facteur baissier pour les cours. L'information a coïncidé avec l'élection ce week-end de l'ultra-conservateur Ebrahim Raïssi comme président de l'Iran, ce qui pourrait compliquer les futures négociation et réduire les chances d'un accord.

Les 100$ n'ont pas été vus depuis 2014

La reprise économique plus vigoureuse que prévu, notamment aux Etats-Unis, grâce aux campagnes de vaccination contre le coronavirus, incite les experts à revoir en hausse leurs estimations de prix pour le pétrole, plusieurs d'entre eux évoquant désormais une possible remontée vers les 100$.

Ainsi, les experts de Bank of America ont estimé qu'un baril de Brent à 100$ était envisageable en 2022, à la faveur du rebond attendu des déplacements et des voyages, notamment internationaux. Dans une note publiée lundi, la banque américaine écrit que la consommation mondiale de pétrole continuera en 2022 à dépasser l'offre à mesure que la reprise stimulera la consommation, tandis que les investissements dans de nouvelles capacités de production de brut sont désormais bridés par les questions environnementales.

La semaine dernière, le patron du géant du négoce de pétrole Trafigura, Jeremy Weir, avait lui aussi jugé plausible ce seuil de 100$ le baril, en raison d'un manque d'offre et d'un sous-investissement dans le secteur, sur fond de transition énergétique. Il n'a cependant pas donné d'échéancier pour atteindre ce prix de 100$ le baril, qui n'a pas été vu depuis août 2014...

Malgré la transition énergétique, le patron de Trafigura a estimé que le pétrole "sera encore là pour un bon moment", soulignant que la demande mondiale de brut était encore de 80 millions de barils par jour au plus fort de la crise du Covid (contre environ 100 mbj avant la crise). "Nous voyons que les investissements pétroliers ont chuté de 400 Mds$ par an il y a 5-6 ans, à un peu plus de 100 Mds$ par an", ce qui va entraîner des problèmes d'offre et "va sans doute porter les cours plus haut", a ajouté Jeremy Weir.

Des questions demeurent sur l'offre et la demande

La banque d'affaires Goldman Sachs, qui estime que les matières premières sont entrées dans un supercycle de hausse pluriannuelle, a également évoqué l'hypothèse d'un baril à 100$.

Toutefois, la perspective d'une demande durablement excédentaire par rapport à l'offre, défendue par Bank of America, ne fait pas l'unanimité. Dans un rapport publié au début du mois, l'Agence Internationale de l'Energie (AIE) a estimé que la moitié de la hausse de la demande prévue en 2022 pourra être satisfaite par des hausses de production de pays hors Opep, à commencer par les Etats-Unis.

De leur côté, l'Opep et ses alliés au sein de l'Opep+ (dont la Russie) disposent eux aussi d'importantes capacités de production inutilisées, qu'ils ont commencé progressivement à remettre dans le circuit mondial. La prochaine réunion mensuelle de l'Opep+ pour fixer ses niveaux de production est prévue le 1er juillet prochain. Si enfin, un accord avec l'Iran était conclu, l'offre mondiale de pétrole pourrait encore s'accroître de plusieurs millions de barils par jour.

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