Pétrole : possible flambée du Brent jusqu'à 100$ en 2019?

Pétrole : possible flambée du Brent jusqu'à 100$ en 2019?
2 - Venezuela. Seul pays d'Amérique du Sud figurant dans la liste des pays les plus riches en pétrole, Caracas dispose de réserves estimées à 211,2 millions de barils. Sa production a atteint 2,50 millions de barils par jour ...

Boursier.com, publié le jeudi 10 mai 2018 à 23h11

Les cours du pétrole ont continué à progresser, jeudi, dans le sillage des tensions au Moyen-Orient après le retrait confirmé mardi des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien. Le baril de brut léger américain "light sweet crude" (ou WTI), pour livraison en juin, a progressé de 0,31%, à 71,36$ sur le marché Nymex, tandis que le baril de Brent pour livraison en juillet a gagné 0,34% à 77,47$ sur le marché ICE.

Les cours des deux variétés de pétrole ont flambé de plus de 20% depuis le début de l'année, et ils ont plus que doublé depuis deux ans, lorsqu'ils étaient tombés brièvement à moins de 30$ le baril, en février 2016... Les cours sont d'ores et déjà au plus haut depuis plus de 3 ans, en novembre 2014.

Ces dernières semaines, la remontée s'est accélérée à l'approche du retrait des Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien, retrait confirmé mardi par Donald Trump. Mais la crise iranienne n'est qu'un des facteurs à l'origine de la flambée des cours, qui pourrait se poursuivre dans les prochains mois, selon certains analystes.

La production vénézuélienne en cours d'effondrement

Ainsi, la banque américaine Bank of America a estimé dans une étude publiée jeudi que le Brent de la Mer du nord pourrait remonter jusqu'à 100$ le baril l'an prochain, un niveau qu'il n'avait plus connu depuis 2014.

Outre les tensions au Moyen-Orient, BoA s'inquiète notamment de la baisse brutale de la production du Vénézuela, en proie à une crise politique et économique sans précédent. Ainsi, entre avril 2017 et mars 2018, la production pétrolière vénézuélienne est passée de 2,8 millions de barils par jour à 1,5 million. Sur le seul mois de mars 2018, cette production a plongé de 579.000 barils par jour...

Compte-tenu de la déroute de l'économie et de l'industrie pétrolière qui pâtit d'un manque d'investissement chronique, la baisse de la production du Vénézuela devrait se poursuivre, selon les experts.

Réunion de l'Opep prévue fin mai sur le risque de pénurie

De son côté, l'Opep a décidé de se réunir rapidement pour évoquer les risques pénurie d'or noir... Le ministre irakien du Pétrole, Djabar al Louaïbi, a expliqué mercredi que l'Opep se réunirait "à la fin du mois" et que les risques de pénurie lié à la crise iranienne "seront sur la table des négociations", suite au rétablissement des sanctions américaines sur les ventes de pétrole iranien.

L'Iran est actuellement le troisième plus grand producteur de l'Opep, avec une production de l'ordre de 3,8 millions de barils par jour (mbj). Ses exportations d'or noir, essentiellement destinées à l'Asie, dépassent 2 millions de barils par jour, soit environ 2% de la production mondiale, qui frôle les 100 mbj.

Depuis janvier 2017, l'Opep et des pays producteurs alliés (dont la Russie) ont mis en oeuvre un accord de maîtrise de leur production, qui a permis de résorber en partie les excédents pétroliers mondiaux. Toutefois, la hausse continue de la production américaine de pétrole a partiellement contre-balancé leurs efforts.

Goldman Sachs voit le Brent à 82,50$ dans les prochains mois

Selon Bank of America, le cours du Brent pourrait remonter à 90$ au deuxième trimestre 2019 à mesure que les stocks mondiaux se réduisent. Ce scénario tient déjà compte d'une hausse de la production de l'Opep et d'un impact limité du retour des sanctions sur les exportations de l'Iran. En cas de dérive par rapport à ce scénario, il est donc possible que le seuil des 100$ soit à nouveau atteint, selon les analystes de la banque.

Pour l'instant, Bank of America est la première grande banque à envisager un baril à 100$. Les autres banques de Wall Street sont elles aussi haussières sur les cours du pétrole, mais dans une moindre mesure. Goldman Sachs voit ainsi le Brent atteindre 82,50$ le baril dans les prochains mois, avec une possibilité d'aller encore plus haut, mais la banque prévoit ensuite un fléchissement des cours en 2019.

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