Pétrole : toujours soutenu par les craintes sur l'Iran

Pétrole : toujours soutenu par les craintes sur l'Iran
4- Iran. Avec 137 millions de barils de réserves prouvées, Téhéran possède 9,31% des stocks mondiaux d'or noir. Sa production a atteint 3,58 millions de barils par jour en 2011.

Boursier.com, publié le vendredi 04 mai 2018 à 21h29

Les cours du pétrole ont terminé en nette hausse, vendredi, sur le marché new-yorkais Nymex, les investisseurs se préparant à de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran, après la sortie probable des Etats-Unis de l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien.

Le cours du baril de brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a bondi de 1,89% vendredi à 69,72$, pour le contrat à terme de juin sur le Nymex. Le Brent de la Mer du nord a progressé de 1,70%, à 74,87$ le baril. Sur l'ensemble de la semaine, le WTI a gagné 2% et le Brent a progressé plus modestement de 0,3%. Les deux types de pétrole brut évoluent près de leurs plus hauts niveaux depuis près de 3 ans et demi, en novembre 2014.

Les facteurs baissiers demeurent, mais le risque iranien l'emporte

Cette nouvelle poussée des cours du pétrole s'est produite malgré l'annonce, cette semaine, d'une hausse des stocks et de la production de pétrole aux Etats-Unis, deux facteurs susceptibles de peser sur les cours de l'or noir. En février, la production américaine de pétrole a ainsi franchi un nouveau record, à 10,26 millions de barils par jour (bpj), en hausse de 260.000 bpj par rapport à janvier, a annoncé lundi l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) dans son rapport mensuel.

En outre, vendredi, la firme parapétrolière Baker Hughes a annoncé que le nombre de forages en activité a augmenté aux Etats-Unis pour la cinquième semaine d'affilée (+9 puits à 834, au plus haut depuis mars 2015).

Quant aux stocks américains de brut, ils ont progressé plus que prévu, de 6,2 millions de barils contre +1 mb attendu, pour la semaine close au 27 avril, selon les chiffres publiés mercredi par le département américain à l'énergie.

La décision de Donald Trump sur l'Iran attendue d'ici au 12 mai

Néanmoins, ce sont les craintes géopolitiques qui l'ont emporté cette semaine sur la problématique de l'offre, Donald Trump paraissant de plus en plus décidé à retirer les Etats-Unis de l'accord nucléaire iranien. Le président américain, qui doit se prononcer sur le sujet d'ici au 12 mai, a indiqué qu'à moins que ses alliés européens ne rectifient les "terribles défauts" de l'accord international d'ici au 12 mai, il refuserait de prolonger le moratoire des sanctions américaines sur l'Iran.

De son côté, Téhéran a affirmé qu'il n'était pas question de renégocier l'accord en cas de départ des Etats-Unis, sous-entendant que l'Iran ne se sentira alors plus lié par cet accord, qui lui impose de renoncer à tout programme nucléaire militaire...

Les investisseurs craignent que de nouvelles sanctions contre l'Iran puissent perturber l'offre mondiale de pétrole. L'Iran, 3ème producteur de l'Opep, avait été autorisé reprendre ses exportations pétrolières en janvier 2016, dans le cadre de l'accord signé en 2015 par les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne.

Pour les marchés pétroliers, les risques géopolitiques viennent d'Iran mais aussi du Venezuela, où des élections présidentielles anticipées sont prévues le 20 mai, ainsi que de la Russie contre laquelle Washington pourrait adopter d'autres sanctions économiques. Selon une note de Bank of America Merrill Lynch, l'équivalent de 1,5 million de barils par jour (soit environ 1,5% de l'offre mondiale) seraient actuellement "menacés par des risques géopolitiques, surtout au Venezuela, en Iran et en Libye".

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