Pétrole: Trump s'insurge contre des "prix horribles", Macron lui répond

Pétrole: Trump s'insurge contre des "prix horribles", Macron lui répond©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 25 septembre 2018 à 23h10

Donald Trump a relancé mardi sa croisade contre les cours élevés du pétrole... Les prix du brut ont pourtant continué de progresser, après sa nouvelle charge verbale contre l'Opep, qu'il a accusée d'être à l'origine des "prix horribles" sur le marché de l'or noir.

Le cours du Brent a ainsi grimpé mardi à un nouveau plus haut depuis novembre 2014 à 81,87$ le baril (+0,8%) pour le contrat à terme de novembre, tandis que le WTI américain pour livraison le même mois a fini à 72,28$ (+0,28%), au plus haut depuis juillet dernier, mais non loin des sommets de la fin 2014.

Devant l'Assemblée générale de l'Onu, à New York, le président américain a une nouvelle fois exhorté mardi l'Opep (et de fait son leader, l'Arabie saoudite) à accroître ses pompages, et à agir pour faire baisser les cours. Il faut arrêter "de faire monter les prix du pétrole" et "commencer à les faire baisser", a-t-il scandé.

Macron estime qu'il faut laisser l'Iran vendre son pétrole

"Nous défendons nombre de ces pays pour rien et ils en profitent pour nous imposer des prix du pétrole plus élevés, ce n'est pas bien", a aussi déploré Donald Trump. De son coté, Emmanuel Macron, présent lui aussi au siège des Nations Unies, a répondu indirectement à son homologue américain, en l'appelant à "aller au bout de son raisonnement" en autorisant de nouveau l'Iran à en vendre.

Lors d'une conférence de presse, le président français a rappelé mardi les "deux facteurs" ayant contribué à une baisse des cours ces dernières années. "L'un, c'était qu'il y avait moins de croissance et c'est aussi parce qu'on avait accru un peu l'offre en particulier parce que l'Iran le vendait", a-t-il estimé.
"Je suis sensible à la remarque du président Trump sur l'augmentation des prix du pétrole et je pense que, s'il va au bout de son raisonnement, il s'apercevra qu'il serait bon pour le prix du pétrole que l'Iran puisse le vendre", a-t-il ajouté.

Les sanctions américaines contre l'Iran en vigueur le 4 novembre

L'Opep et ses alliés, dont la Russie, se sont réunis dimanche dernier à Alger, mais n'ont pris aucune décision concernant une modification de leur production. Le ministre saoudien de l'Energie, Khaled al-Faleh, s'est contenté de déclarer que les pays producteurs interviendraient pour éviter une pénurie lorsqu'ils jugeront le moment "opportun".

Le marché pétrolier mondial fait face à un risque de déficit de l'offre alors que les sanctions américaines sur l'Iran vont entrer en vigueur le 4 novembre, empêchant le pays d'exporter son pétrole. L'Opep ne semble donc pas pressé de compenser le manque à gagner, tandis que l'industrie américaine du pétrole de schiste fait face à une pénurie d'infrastructures qui l'empêche d'accroître rapidement sa propre production.

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