Pétrole : vers un marché en équilibre instable l'an prochain selon l'IEA

Pétrole : vers un marché en équilibre instable l'an prochain selon l'IEA©Boursier.com

Boursier.com, publié le mercredi 13 juin 2018 à 10h54

Le marché pétrolier devrait rester globalement équilibré l'an prochain malgré les fortes incertitudes pesant sur la production iranienne et vénézuélienne. La demande de brut augmentera à un rythme toujours soutenu en 2019, tandis que la "croissance exceptionnelle" des producteurs extérieurs à l'Opep, Etats-Unis en tête, fera plus que couvrir la croissance de la consommation, selon l'Agence internationale de l'énergie.

Une hausse de la demande identique à celle de 2018

Dans son rapport mensuel, l'agence basée à Paris estime que la consommation mondiale de pétrole augmentera de 1,4 million de barils par jour l'année prochaine (soit +1,4%), à 100,6 mbj, ce qui correspond au rythme de 2018. La croissance de l'offre, hors Opep, ralentira légèrement à 1,7 mbj par jour en 2019.

Le schiste américain continuera à doper la production mondiale

Les Etats-Unis continueront de tirer cette croissance, mais "les contraintes d'infrastructure et logistiques sont susceptibles de plafonner les gains", selon le rapport. Le rythme de production va également augmenter au Brésil, tandis que la Russie a la capacité d'accroître sa production si elle est libérée de l'accord-cadre conclu avec l'Opep pour limiter son exploitation. Compte tenu de cette progression attendue, l'Opep ne devrait avoir besoin de produire que 31,6 millions de barils par jour en 2019 (contre 31,9 mbj en 2018). Cependant, les pertes d'approvisionnement probables en Iran et au Venezuela signifient que d'autres membres du cartel pourraient devoir exploiter leurs capacités inutilisées, souligne l'IEA.

Vers un équilibre instable?

"Même si la perte d'approvisionnement en Iran et au Venezuela est comblée, le marché sera finement en équilibre instable l'année prochaine et vulnérable aux prix qui augmenteront en cas de nouvelles perturbations", précise l'IEA. "Une base économique solide et une hypothèse de prix plus stables sont des facteurs clés", affirme encore l'AIE. "Bien sûr, il y a des risques à la baisse", y compris la possibilité d'un protectionnisme commercial et un dollar plus fort.

L'Opep doit se réunir le 22 juin à Vienne pour discuter de ses quotas de production. Selon les dernières indications, le cartel ne semble pas presser d'assouplir son accord d'encadrement de l'offre en vigueur depuis janvier 2017.

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