Pétrole : vers une nouvelle baisse des quotas de l'Opep

Pétrole : vers une nouvelle baisse des quotas de l'Opep©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 05 décembre 2019 à 23h05

La réunion de l'Opep et ses alliés, qui se tient jeudi et vendredi à Vienne, devrait déboucher sur une réduction supplémentaire de 500.000 barils par jours de la production de ce groupe de pays producteurs, qui s'est uni depuis 2017 pour faire remonter les cours déprimés de l'or noir.

Un comité mené par l'Arabie saoudite et la Russie a ainsi recommandé jeudi soir une baisse supplémentaire de production de 500.000 barils par jour en 2020, en vue de soutenir les cours de l'or noir.

Les cours du pétrole (qui avaient bondi de 4% mercredi pour le WTI américain) ont peu réagi jeudi à ces informations. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) a fini stable à 58,43$ sur le Nymex (contrat à terme de janvier), tandis que le Brent de la mer du Nord a gagné de 0,6% à 63,39$ pour le contrat à terme de février.

Selon la presse, le comité réclame aussi un meilleur respect de l'accord par certains pays (Nigéria, Irak notamment) qui ont régulièrement dépassé leurs quotas cette année, obligeant l'Arabie saoudite à diminuer sa production plus fortement que prévu pour sauvegarder les objectifs de l'accord...

Les pays de l'Opep étaient réunis jeudi à Vienne, avant la tenue vendredi, d'une conférence de l'alliance dite Opep+, qui comprend d'autres pays producteurs dont la Russie.

La durée des nouvelles mesures reste en suspens

Jeudi, le ministre russe de l'Energie, Alexandre Novak, a déclaré que lui-même et plusieurs de ses homologues dont celui d'Arabie saoudite, avaient recommandé une nouvelle baisse de la production d'un demi million de bjp, ce qui porterait la réduction entamée en 2017 à 1,7 million de bjp, soit 1,7% de l'offre mondiale.

Ces réductions devraient selon lui rester en vigueur jusqu'au premier trimestre 2020. D'autres ministres de l'Opep souhaitent les prolonger jusqu'en juin ou décembre 2020.

Le cours du brut léger américain WTI était tombé en février 2016 sous les 35$ le baril, poussant les pays producteurs à agir pour soutenir les cours, à l'exception notable des Etats-Unis, qui n'ont cessé d'augmenter leur production. Le premier accord de maîtrise de production, conclu fin novembre 2016, a été prolongé régulièrement depuis, et a contribué à un rebond des cours de l'ordre de 70%.

Un cours du brut plus élevé rendrait Aramco plus appétissant en Bourse

L'Arabie saoudite, qui vient de procéder à l'introduction en Bourse de sa compagnie pétrolière d'Etat Saudi Aramco, à la Bourse de Riyad, verrait d'un bon oeil les cours du brut remonter durablement au dessus de 60$ le baril. Aramco deviendrait ainsi plus attractif en vue d'une introduction en Bourse secondaire, sur une place internationale, alors que les investisseurs étrangers ne se sont pas bousculés pour cette première étape, qui n'a concerné qu'1,5% du capital du géant pétrolier.

Saudi Aramco produit 10% du pétrole mondial et compte 76.000 employés. Malgré les cours du brut déprimés, le groupe a dégagé l'an dernier un bénéfice net de 111 milliards de dollars, soit 30% de plus que le bénéfice net cumulé des cinq "majors" ExxonMobil, Royal Dutch Shell, BP, Chevron et Total.

Le prix d'introduction en Bourse d'Aramco a été fixé jeudi à 32 riyals par action, soit le haut de la fourchette, ce qui a permis au groupe de lever 25,6 milliards de dollars, battant de justesse un record mondial, après l'IPO d'Alibaba, qui avait levé 25 Mds$ à New York en 2014. A ce cours, Aramco devient dès aujourd'hui la plus grosse capitalisation boursière du monde avec 1.700 milliards de dollars, même si son flottant est faible.

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