Plusieurs membres de la BCE tentent de calmer les attentes du marché

Plusieurs membres de la BCE tentent de calmer les attentes du marché
procès CJR décembre 2016

Boursier.com, publié le vendredi 30 août 2019 à 09h21

Les déclarations de membres de la Banque centrale européenne se multiplient à l'approche de la prochaine réunion de politique monétaire prévue le 12 septembre. Si la future présidente de la BCE, Christine Lagarde, a indiqué hier que l'Institution dispose d'une "large gamme d'outils à sa disposition et doit être prête à agir", Sabine Lautenschläger estime que le moment n'est pas venu pour la BCE d'envisager un "vaste ensemble" de mesures de soutien monétaire face aux incertitudes économiques croissantes dans la zone euro.

Le QE, "l'outil ultime"

"De mon point de vue, en me basant sur les données actuelles, il est bien trop tôt pour décider un vaste ensemble" de mesures monétaires, affirme cette membre du directoire de la BCE dans une interview publiée vendredi sur le site de la Banque. "Et je reste convaincue que le programme de rachats d'actifs (APP) est l'outil ultime", ajoute-t-elle. "Il ne devrait être utilisé que s'il y a un risque de déflation et il n'y actuellement aucun risque de déflation en vue".

Conserver des munitions

Dans le même sens, Klaas Knot, le gouverneur de la banque centrale néerlandaise, a déclaré hier qu'il n'était pas nécessaire de reprendre le QE : "si les risques de déflation reviennent à l'ordre du jour, alors je crois que le programme d'achat d'actifs est l'instrument approprié à activer mais cela n'est pas nécessaire selon ma lecture des perspectives d'inflation aujourd'hui". "Le fait de ne pas réactiver le programme d'achats d'actifs signifie aussi qu'on conserve des munitions pour le moment où les difficultés seront devenues réelles", a ajouté le membre du Conseil des gouverneurs de la BCE selon des propos tenus jeudi à Amsterdam et rapportés par 'Bloomberg'.

"Les Banques centrales doivent parfois décevoir le marché"

Hier également, Ewald Nowotny avait tenté de calmer les ardeurs du marché en indiquant que la BCE avait été trop loin dans le passé pour satisfaire les attentes des investisseurs et devrait être prête parfois à les décevoir. "Au cours des dernières années, nous avons peut-être suivi les anticipations des marchés de manière trop intensive et évité de les décevoir", a déclaré le gouverneur de la banque centrale autrichienne et membre du conseil des gouverneurs de la BCE dans un entretien accordé au 'Wiener Zeitung'. "Je pense que les banques centrales doivent être l'institution décisive et doivent en conséquence décevoir parfois les marchés", a ajouté le dirigeant.

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