Qu'attendre de la BCE jeudi?

Qu'attendre de la BCE jeudi?©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 22 octobre 2018 à 11h27

L'évènement de la semaine en Europe est programmé jeudi avec la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE. Le marché n'attend pas de grandes annonces de la Banque centrale européenne qui devrait confirmer la fin de son programme de rachats d'actifs dans moins de trois mois.

"L'essence de la stratégie de la BCE repose sur une réduction graduelle des achats nets d'actifs d'ici la fin de l'année, avec peut-être une première hausse de taux en septembre ou octobre de l'année prochaine", indique Carsten Brzeski, économiste chez ING. "Toutefois, il est actuellement bien trop tôt pour répondre à ces questions. Pourquoi la BCE s'engagerait-elle alors que ce n'est pas nécessaire ? Comme l'illustrent les turbulences actuelles des marchés financiers et les doutes sur la solidité de l'économie mondiale, beaucoup de choses peuvent arriver entre maintenant et la fin de l'été 2019".

"La BCE doit maintenant donner des détails sur le processus de réinvestissement et peut-être actualiser le pilotage des anticipations, et nous nous attendons à ce cela soit perçu comme accommodant", explique pour sa part Ebrahim Rahbari, directeur de l'équipe chargée de la macroéconomie chez Citi à New York. "Malgré les récents propos interprétés comme plus restrictifs, il semble très peu probable que la BCE envisage de relever ses taux avant septembre 2019".

Franck Dixmier, directeur des gestions obligataires d'AllianzGI, affirme de son côté: "Même si les attentes sont fortes, nous n'anticipons pas de décision particulière, ni d'indication supplémentaire en terme de forward guidance, de la prochaine réunion de la BCE. Bien que les minutes de la précédente réunion mentionnent pour la première fois des discussions au sein du Conseil à propos de l'existence de pressions domestiques sur les coûts, liées à la fois au degré élevé d'utilisation des capacités de production et à une tendance à l'augmentation des salaires en zone euro, la faiblesse et la stabilité de l'inflation sous-jacente (0,9% en septembre sur 1 an) ne plaident pas pour une quelconque inflexion de la feuille de route de la BCE dans la conduite de sa politique monétaire.

La banque centrale devrait confirmer l'arrêt de son programme d'achat de titres à la fin de l'année 2018 et rester vague sur l'échéance de la hausse de ses taux directeurs, qui serait la première depuis 2011. Face aux fortes attentes du marché, elle doit arbitrer entre transparence et flexibilité, et il est essentiel qu'elle puisse se ménager des marges de manoeuvre suffisantes dans un contexte rendu compliqué à la fois par la divergence des cycles économiques et la multiplicité des risques qui pèsent sur la croissance mondiale et menacent la stabilité financière. A ce jour, le diagnostic de la BCE est celui d'une balance des risques neutre, car la robustesse de la croissance, qui se situe au-delà de son potentiel en zone euro, permet de compenser les éléments négatifs. Mais il sera intéressant d'observer si ce diagnostic évolue lors de la réunion du 25 octobre, compte tenu notamment du risque italien, dont l'enjeu est capital car il touche aux règles qui fondent la crédibilité de la monnaie unique. Dans cet environnement, nous pensons que la forward guidance de la BCE sur les hausses de taux va évoluer au fil de l'eau de manière pragmatique au cours des prochains mois pour se faire plus précise à l'approche de l'été 2019".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.