Ready Pac Foods fait douter Bonduelle

Ready Pac Foods fait douter Bonduelle
Une salade Ready Pac.

Boursier.com, publié le jeudi 01 mars 2018 à 10h10

Au terme du premier semestre de son exercice clos le 30 juin prochain, Bonduelle a dégagé un chiffre d'affaires de 1,42 milliard d'euros, en croissance de 38,5% en données publiées et de 1,6% sur une base comparable. Le résultat opérationnel courant s'est apprécié de 8,3% dans le même temps, pour atteindre 66 ME, ce qui entraîne une érosion mécanique de la marge opérationnelle courante à 4,6%, contre 5,9% précédemment. Le bénéfice net consolidé est en très légère progression à 37,7 ME. Le groupe affichait une dette financière nette de 826,5 ME au terme du premier semestre fiscal, contre 584,2 ME un an plus tôt.

Le recul de la rentabilité est notamment à mettre au passif de Ready Pac Foods, dont la contribution est plus limitée que prévu du fait de difficultés d'approvisionnement. Sur le périmètre historique, la rentabilité opérationnelle courante progresse en Europe et hors Europe. Le management confirme viser sur l'année une croissance du chiffre d'affaires d'environ 25% à taux de changes constants, en ligne avec l'objectif annoncé en octobre. Le résultat opérationnel courant devrait ressortir en hausse d'environ 20%, soit dans la fourchette 126 à 130 ME, malgré les aléas climatiques enregistrés et le décalage temporel des mesures d'efficacité et de productivité engagées chez Bonduelle Fresh Americas. Auparavant, le groupe visait plutôt une croissance en ligne avec celle des revenus, mais il avait prévenu début février qu'il préciserait ses attentes ce 1er mars au vu des dernières évolutions. Le consensus S&P Global Markt Intelligence ressortait à 134,7 ME pour 2018 sur le résultat opérationnel.

Ready Pac Foods sous surveillance

L'action est logiquement sanctionnée en matinée, en baisse de plus de 5% à 34,05 euros. Pour l'instant, l'acquisition de Ready Pac Foods est plus dommageable que prévu sur les marges, la faute en partie aux problèmes d'approvisionnement. Au-delà de cet aspect temporaire, l'impact psychologique n'est pas négligeable : Gilbert Dupont note ce matin que cette déception risque de soulever des doutes sur la capacité de la filiale américaine à atteindre son objectif de doublement de l'Ebitda à 8% sous cinq ans. Le bureau d'études spécialisé dans les valeurs moyennes a d'ailleurs réduit de 45,30 à 40,60 euros son objectif de cours, même s'il maintient sa confiance au management, en recommandant à ses clients d'accumuler le titre. Chez Portzamparc, on attendait cet impact négatif mécanique sur les marges (Ready Pac Foods était autour de 4% de marge d'Ebitda contre 8 à 9% pour le reste du périmètre), mais pas aussi prononcé. Tous les bureaux d'études ont signalé qu'ils chercheraient à en savoir plus sur l'évolution de l'activité aux Etats-Unis lors de la conférence de présentation.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU