Renault : baptême du feu pour Luca De Meo lors de l'AG

Renault : baptême du feu pour Luca De Meo lors de l'AG©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 19 juin 2020 à 23h05

Dans quelques jours, le 1er juillet prochain, Luca de Meo prendra ses fonctions de directeur général de Renault. En attendant, l'ancien dirigeant de la marque Seat (Volkswagen) était présent vendredi à l'assemblée générale du constructeur automobile français, qui s'est tenue via internet pour cause de coronavirus.

Lors de cette première déclaration publique depuis l'annonce de sa nomination, en janvier dernier, Luca De Meo s'est dit conscient du "sentiment d'urgence" et des difficultés de l'entreprise, aggravées récemment par l'épidémie de coronavirus, ajoutant qu'il entendait préserver l'ancrage de Renault en France.

"Une des meilleures surprises de retournement"

"Je reviens au sein du groupe Renault d'abord pour le challenge, redresser un des plus grands et des plus prestigieux constructeurs d'automobile mondiaux est peut-être à ce jour un des plus beaux défis que j'ai eus", a déclaré M. De Meo, qui avait commencé sa carrière dans la firme au losange il y a trente ans.

"Je sais qu'avec l'aide de tous, nous pourrons faire de Renault une des meilleures surprises de retournement de votre portefeuille d'investissement", a déclaré Luca de Meo aux actionnaires connectés pour l'Assemblée Générale. "Je vous demande seulement de nous accorder un peu de temps pour pouvoir vous le prouver", a-t-il ajouté.

De son côté, le président de Renault, Jean-Dominique Senard, a indiqué que le groupe prévoit un quadruplement de sa production de véhicules électriques en France d'ici à 2024. Le groupe, a-t-il ajouté, n'a pas demandé de report des objectifs européens relatifs aux émissions de CO2 et ce, malgré la crise du coronavirus. Car l'électrique doit rester un levier important pour le groupe, a-t-il dit.

Des pressions multiples sur le secteur automobile

Afin de redresser sa rentabilité, Renault a annoncé le 29 mai un plan de restructuration prévoyant 2 milliards d'euros de réductions de coûts sur trois ans, et la suppression de près de 15.000 emplois dans le monde, dont 4.600 en France. Le groupe a bénéficié début juin d'un prêt bancaire de 5 MdsE garanti par l'Etat (actionnaire à 15% de la firme au losange).

Fragilisé par la chute des marchés automobiles, aggravée par la crise du Covid-19, le constructeur automobile a souffert depuis la fin 2018 de l'affaire Carlos Ghosn et des inquiétudes sur l'évolution de son alliance avec le japonais Nissan, lui-même en difficulté financière. La crise du Covid-19 pose un défi supplémentaire au secteur automobile tout entier, déjà bouleversé par les transformations technologiques entreprises sous la pression de la transition écologique.

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