Renault : Carlos Ghosn sur le point d'être inculpé au Japon

Renault : Carlos Ghosn sur le point d'être inculpé au Japon
Carlos Ghosn PDG de Renault Nissan

Boursier.com, publié le vendredi 07 décembre 2018 à 09h06

Carlos Ghosn serait sur le point d'être inculpé au Japon. Trois semaines après son arrestation dans un aéroport de Tokyo, celui qui est encore PDG de Renault, devrait être inculpé pour malversations financières lundi, date à laquelle doit prendre fin son incarcération, rapporte le 'Nikkei'. L'ancien conseiller de Carlos Ghosn chez Nissan, Greg Kelly, devrait aussi être inculpé, ajoute le journal, de même que le groupe Nissan pour n'avoir pas su prévenir les fraudes supposées.

Nouvelles charges?

Par ailleurs, citant des sources proches de l'affaire, Bloomberg indique que le dirigeant devrait faire face à de nouvelles accusations, qui n'ont pas encore été rendues publiques. S'il est reconnu coupable, la star déchue de l'industrie automobile risque jusqu'à 10 ans de prison.

Les premiers résultats de l'enquête interne chez Renault connus la semaine prochaine?

Évincé de ses fonctions de président de Nissan et Mitsubishi, C.Ghosn a pour l'heure était remplacé de façon intérimaire à la tête de Renault par le tandem Thierry Bolloré / Philippe Lagayette. Le constructeur au losange devrait parvenir d'ici environ une semaine à de premières conclusions dans son enquête interne sur les rémunérations de son patron et d'autres cadres dirigeants, souligne Bloomberg.

Renault attend des preuves concrètes

Désirant obtenir un meilleur équilibre des pouvoirs au sein de l'alliance, Nissan fait l'objet de suspicions de la part de son partenaire français. Selon les sources de l'agence, les dirigeants de Renault exigent que le constructeur japonais lui fournisse des preuves concernant les accusations portées contre C.Ghosn. Nissan aurait offert une présentation résumant ces prétendues transgressions, mais Renault aurait refusé, demandant la présence d'avocats et le rapport complet sur les allégations. Un porte-parole de Renault a affirmé que Nissan n'a toujours pas fourni les preuves demandées par son conseil d'administration...

Déséquilibre en question

Au-delà de leur alliance, les deux groupes détiennent des participations croisées qui rendent la situation encore un peu plus compliquée. Renault détient en effet 43% du capital de Nissan et a le droit de voter au sein du conseil d'administration, alors que le constructeur automobile japonais possède 15% du constructeur au losange mais n'a pas de droits de vote. Ce déséquilibre existe depuis la formation de l'alliance en 1999 et Nissan souhaiterait profiter de l'occasion pour y mettre fin. Une volonté guère au goût de Renault et de l'Etat français.

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