Renault : en berne après la forte dégradation des résultats annuels

Renault : en berne après la forte dégradation des résultats annuels
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Boursier.com, publié le vendredi 14 février 2020 à 09h51

Renault dévoile des résultats 2019 en net retrait même si le constructeur a atteint ses objectifs, revus en octobre, avec une marge opérationnelle du Groupe de 4,8% et un free cash-flow opérationnel de l'Automobile positif (153 ME). Sur l'exercice 2019, la firme enregistre une marge opérationnelle de 2,662 milliards d'euros (4,8% du chiffre d'affaires) en repli de -950 ME, pour des revenus de 55,54 MdsE, en repli de 3,3% (-2,7% à taux de change comparable). Les volumes ont reculé de 3,4% à 3,8 millions de véhicules. Le résultat d'exploitation ressort à 2,105 milliards d'euros (-30%) et le bénéfice net est limité à 19 ME contre 3,451 MdsE en 2018. Au-delà du repli du résultat d'exploitation, cette baisse s'explique principalement par la moindre contribution des entreprises associées, en baisse de -1,730 MdE, et d'une charge d'impôts différés en France pour -753 ME. Le résultat net, part du Groupe, tombe même dans le rouge à -141 ME, soit la première perte depuis la crise financière de 2007-2008.

Le consensus 'Bloomberg' attendait un bénéfice opérationnel de 2,63 milliards d'euros pour des revenus de 55,4 MdsE.

Une marge opérationnelle de 3% à 4% en 2020

Le marché automobile mondial devrait être en baisse cette année, avec un repli de l'Europe d'au moins -3%, de la Russie d'environ -3% et une hausse du marché brésilien de l'ordre de 5%. Dans ce contexte de faible visibilité, notamment liée à la réglementation CAFE en Europe, et d'une forte hausse des amortissements liés aux investissements pour préparer l'avenir, le Groupe Renault vise un chiffre d'affaires du même ordre qu'en 2019 (à taux de change constants), une marge opérationnelle du Groupe de 3% à 4%, et un free cash-flow opérationnel de l'Automobile positif avant prise en compte des coûts de restructurations. Cette guidance ne tient pas compte d'éventuels impacts liés à la crise sanitaire du Coronavirus.

Enfin, le groupe propose le versement d'un dividende de 1,10 euros par action, comparé à 3,55 euros versés en 2018. Ce dividende serait détaché le 30 avril et mis en paiement le 5 mai.

Le titre en berne

Le marché n'est logiquement pas très emballé par ce point. En dernière position du CAC40, le titre abandonne plus de 4% à 33,4 euros, portant ses pertes depuis le début de l'année à près de 20%. Les résultats sont faibles mais ne semblent pas aussi mauvais que ce que l'on craignait, affirme néanmoins Oddo BHF. Le cash-flow libre pourrait même surprendre positivement alors que la réduction du dividende n'est sans doute pas aussi forte que redoutée par les investisseurs après le warning de Nissan jeudi. Néanmoins, il est difficile de considérer ce point comme un "tournant" pour l'action avec des perspectives et une visibilité limitée, en partie parce que le nouveau PDG ne rejoindra pas la société avant l'été, souligne le courtier, 'neutre' sur le titre.

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