Renault : la correction se poursuit

Renault : la correction se poursuit©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 22 février 2021 à 15h13

Les pertes historiques annoncées par Renault pour 2020 continuent d'alimenter la baisse des cours, en recul de 3,7% à 36,60 euros ce lundi en Bourse de Paris. Malgré une seconde partie d'exercice mieux orientée, le constructeur a accusé un déficit net record l'an passé à 8,05 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires en repli de 21,7% à 43,5 milliards d'euros (-18,2% à taux de change comparables). La contribution des entreprises associées, longtemps une des recettes du succès passé de Renault, a pesé pour 5,14 milliards d'euros, reflet pour l'essentiel des pertes du partenaire japonais Nissan. Le consensus tablait sur une perte de 7,85 MdsE pour des revenus de 43,8 MdsE.

Parmi les derniers avis d'analystes, Invest Securities a remonté son objectif de cours de 47,7 à 50 euros en restant à 'acheter'. Jefferies ('conserver') estime de son côté que l'impact de la pénurie de semi-conducteurs devrait culminer au deuxième trimestre avec une perte nette de production estimée à 100.000 unités pour l'année fiscale... La société a déclaré que "2021 s'annonce difficile étant donné les inconnues concernant la crise sanitaire ainsi que les pénuries d'approvisionnement en composants électroniques".
Morgan Stanley ('pondération en ligne') souligne pour sa part que les résultats avaient été largement anticipés et que la stratégie de vente disciplinée commence à porter ses fruits. "Avec le doublement du titre depuis octobre, nous pensons que le marché se situe déjà dans la réalisation d'une marge d'Ebit de 3%".

Plan à suivre

Le résultat d'exploitation est ressorti à -1,999 MdE, prenant en compte une hausse de près d'un milliard d'euros des charges liées au redressement de la compétitivité (restructuration et ajustements de valeur d'actifs). Le free cash-flow opérationnel de l'Automobile est négatif à hauteur de -4,55 MdE, mais avec une contribution positive de 1,824 MdE au second semestre. Les ventes ont diminué de 21,3% à 2,95 millions de véhicules, mais de seulement 6,8% sur les six derniers mois de l'année tandis que le FCF de l'Automobile est positif à hauteur de 1,8 MdE sur ces six mois.
L'atteinte, dès la première année, de 60% (contre 30% annoncés) des objectifs du plan d'économies de 2 milliards d'euros et la mise en oeuvre de la nouvelle politique commerciale du plan stratégique "Renaulution", sont à l'origine de ce redressement opéré sur la seconde partie de l'exercice.
Le Conseil d'administration proposera à l'Assemblée Générale des actionnaires, prévue le 23 avril 2021, de ne pas verser de dividende au titre de 2020.

Objectifs 2023 confirmés

Le groupe a confirmé les objectifs 2023 communiqués dans le cadre du plan stratégique "Renaulution", à savoir une marge opérationnelle supérieure à 3% d'ici 2023, un free cash-flow opérationnel de l'Automobile cumulé de 2021 à 2023 de l'ordre de 3 milliards d'euros, et des investissements et dépenses de R&D à environ 8% du chiffre d'affaires d'ici 2023.
Lors de la conférence de présentation des comptes, Luca de Meo a indiqué avoir choisi de ne pas donner de prévisions pour 2021 en raison du manque de visibilité et du maintien des mesures de confinement dans plusieurs pays. Le dirigeant a précisé que le groupe avait encore beaucoup de pain sur la planche avant de redresser sa performance financière de manière durable. Il a précisé que Renault avait atteint ses objectifs européens d'émissions 'relativement confortablement'.

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