Renault : la piste d'une holding coiffant Renault et Nissan

Renault : la piste d'une holding coiffant Renault et Nissan©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 26 avril 2019 à 23h45

Renault veut proposer à son partenaire japonais Nissan de créer une holding qui détiendrait 100% des deux constructeurs automobiles, a rapporté vendredi le quotidien japonais 'Nikkei'. Renault contrôle actuellement 43,4% du capital de Nissan, qui lui-même possède 15% de son propre capital, mais sans droit de vote.

La nouvelle structure commune serait détenue "à parité" par les actionnaires des deux entreprises, ce qui apporterait à l'Etat français environ 7% du total, précise le "Nikkei". De son côté, le 'Wall Street Journal' indique que les actionnaires de Renault et Nikkei recevraient chacun "à peu près 50%" de la nouvelle holding.

L'idée serait de "construire un outil industriel intégré" pour faire face aux défis posés par la mutation du secteur automobile, d'autant que les performances de Nissan se détériorent. Le groupe japonais a réduit mercredi ses estimations de bénéfices annuels pour l'exercice en cours. De son côté, Renault a fait état vendredi d'un recul de près de 5% de son chiffre d'affaires au premier trimestre 2019. "La constitution d'une holding viserait à rééquilibrer l'alliance entre Renault et Nissan", a dit cette source à l'agence 'AFP'.

Intégrer certaines fonctions, mais pas question de fusion

Le site des 'Echos' a aussi évoqué le projet, vendredi, précisant qu'afin de ne frustrer aucun des deux groupes, la future holding ne serait établie ni en France, ni au Japon mais dans un pays tiers, éventuellement en Asie. Les titres de cette holding seraient rapidement introduits en Bourse, dans une procédure de double cotation, sur les places de Paris et Tokyo, pour ne pas troubler leurs actionnaires originels.

Dans ce scénario, les groupes Renault et Nissan conserveraient leurs identités, leurs équipes propres emmenées par leurs PDG respectifs, et également leurs sièges actuels. "Il ne s'agit aucunement de fusionner les entités qui restent chacune en charge de leurs opérations", a précisé un proche du dossier cité par 'Les Echos'. "Mais le holding serait en charge de la supervision et permettrait d'intégrer à son niveau certaines fonctions communes, notamment financières, et d'accélérer les synergies".

Pour l'instant, aucun commentaire officiel n'a été fait par Renault ou Nissan. Le sujet d'une intégration plus poussée entre les deux groupes est ultra-sensible... Rappelons que l'ancien patron de Renault et Nissan, Carlos Ghosn, avait expliqué en janvier avoir été exclu du jeu, car il voulait créer une société holding contrôlant Renault, Nissan et Mitsubishi Motors (le troisième partenaire de l'alliance qu'il a créée). Il en avait discuté avec le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, qui était hostile à toute fusion.

Mardi, le 'Nikkei' écrivait que Nissan s'opposerait à toute intégration managériale "poussée" et demanderait à Renault une relation capitalistique plus équilibrée.

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