Renault : le titre chahuté après la perte historique en 2020

Renault : le titre chahuté après la perte historique en 2020©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 19 février 2021 à 10h50

Pertes historiques pour Renault en 2020. Malgré une seconde partie d'exercice mieux orientée, le constructeur a essuyé un déficit net record l'an passé à 8,05 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires en repli de 21,7% à 43,5 milliards d'euros (-18,2% à taux de change comparables). La contribution des entreprises associées, longtemps une des recettes du succès passé de Renault, a pesé pour 5,14 milliards d'euros, reflet pour l'essentiel des pertes du partenaire japonais Nissan. Le consensus tablait sur une perte de 7,85 MdsE pour des revenus de 43,8 MdsE.

Pertes historiques pour Renault en 2020. Malgré une seconde partie d'exercice mieux orientée, le constructeur a essuyé un déficit net record l'an passé à 8,05 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires en repli de 21,7% à 43,5 milliards d'euros (-18,2% à taux de change comparables). La contribution des entreprises associées, longtemps une des recettes du succès passé de Renault, a pesé pour 5,14 milliards d'euros, reflet pour l'essentiel des pertes du partenaire japonais Nissan. Le consensus tablait sur une perte de 7,85 MdsE pour des revenus de 43,8 MdsE.

Redressement au second semestre

Le résultat d'exploitation ressort à -1,999 MdE, prenant en compte une hausse de près d'un milliard d'euros des charges liées au redressement de la compétitivité (restructuration et ajustements de valeur d'actifs). Le free cash-flow opérationnel de l'Automobile est négatif à hauteur de -4,55 MdE mais avec une contribution positive de 1,824 MdE au second semestre. Les ventes ont diminué de 21,3% à 2,95 millions de véhicules, mais de seulement 6,8% sur les six derniers mois de l'année tandis que le FCF de l'Automobile est positif à hauteur de 1,8 MdE sur ces six mois.

L'atteinte, dès la première année, de 60% (contre 30% annoncés) des objectifs du plan d'économies de 2 milliards d'euros et la mise en oeuvre de la nouvelle politique commerciale du plan stratégique " Renaulution ", sont à l'origine de ce redressement opéré sur la seconde partie de l'exercice.

"Après un premier semestre impacté par la Covid-19, le Groupe a fortement redressé sa performance au second semestre. Ce résultat est le fruit des efforts de tous, de l'accélération réussie du plan de réduction des coûts fixes et d'une amélioration de notre politique de prix. La priorité est donnée à la profitabilité et à la génération de cash, comme annoncé lors de notre plan stratégique Renaulution. L'année 2021 sera difficile, avec des incertitudes liées aux crises sanitaires ainsi qu'à l'approvisionnement de composants électroniques. Nous traverserons ces défis collectivement, dans la dynamique de redressement qui est la nôtre depuis l'été dernier", a déclaré Luca de Meo, CEO du Groupe Renault.

La pénurie de composants va peser

La pénurie de composants électroniques qui touche toute l'industrie automobile n'épargne pas le Groupe. Celui-ci met tout en oeuvre pour limiter au maximum l'impact sur la production. Le pic de la pénurie devrait être atteint au deuxième trimestre. "Notre estimation la plus récente, prenant en compte un rattrapage de production au second semestre, donne un risque de l'ordre de 100 000 véhicules sur l'année", souligne le groupe au losange.

Le Conseil d'administration proposera à l'Assemblée Générale des actionnaires, prévue le 23 avril 2021, de ne pas verser de dividende au titre de 2020.

Objectifs 2023 confirmés

Le Groupe confirme les objectifs 2023 communiqués dans le cadre du plan stratégique "Renaulution" : une marge opérationnelle Groupe supérieure à 3% d'ici 2023, un free cash-flow opérationnel de l'Automobile cumulé de 2021 à 2023 de l'ordre de 3 milliards d'euros, et des investissements et dépenses de R&D à environ 8% du chiffre d'affaires d'ici 2023.

Lors de la conférence de présentation des comptes, Luca de Meo a indiqué avoir choisi de ne pas donner de prévisions pour 2021 en raison du manque de visibilité et du maintien des mesures de confinement dans plusieurs pays. Le dirigeant a précisé que le groupe avait encore beaucoup de pain sur la planche avant de redresser sa performance financière de manière durable. Il a précisé que Renault avait atteint ses objectifs européens d'émissions 'relativement confortablement'.

L'action sous pression

Le titre est à la peine après cette publication, en repli marqué de 4,4% à 38 euros. Jefferies ('conserver') estime que l'impact de la pénurie de semi-conducteurs devrait culminer au deuxième trimestre avec une perte nette de production estimée à 100.000 unités pour l'année fiscale. La société a déclaré que "2021 s'annonce difficile étant donné les inconnues concernant la crise sanitaire ainsi que les pénuries d'approvisionnement en composants électroniques".

Morgan Stanley ('pondération en ligne') juge pour sa part que les résultats avaient été largement anticipés et que la stratégie de vente disciplinée commence à porter ses fruits. "Avec le doublement du titre depuis octobre, nous pensons que le marché se situe déjà dans la réalisation d'une marge d'Ebit de 3%".

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