Renault : pas de retraite à 765.000 euros pour Carlos Ghosn !

Renault : pas de retraite à 765.000 euros pour Carlos Ghosn !
Carlos Ghosn PDG Renault Nissan

Boursier.com, publié le jeudi 04 avril 2019 à 00h59

L'ex-PDG de Renault Carlos Ghosn ne touchera pas la retraite chapeau de 765.000 euros par an dont 'franceinfo' avait révélé l'existence mardi. Le Conseil d'administration de Renault, réuni mercredi afin de statuer sur les conditions financières de son départ, a estimé que l'ancien dirigeant ne remplissait pas les conditions pour être éligible à cette retraite chapeau.

Le Conseil d'administration a ainsi constaté, "s'agissant du régime de retraite à prestations définies, que les conditions de départ de Ghosn ne correspondent à aucun des deux cas d'ouverture de ce régime et qu'aucune rente ne pourra lui être versée à ce titre". Carlos Ghosn avait fait valoir ses droits à la retraite en envoyant sa lettre de démission le 24 janvier dernier, ce qui lui ouvrait ses droits à une retraite chapeau, a révélé mardi 'franceinfo'.

Cette affaire, qui intervient après celle de la retraite chapeau de plus de 26 ME prévue pour Tom Enders, le patron d'Airbus, pourrait faire évoluer la législation française sur ce sujet. Selon 'Les Echos' publiés ce jeudi, le gouvernement pourrait publier d'ici à l'été une ordonnance plafonnant les retraites chapeaux des dirigeants des grandes entreprises à 30% de leurs revenus.

Atteintes aux principes éthiques de Renault

Par ailleurs, concernant la rémunération de Carlos Ghosn en 2018, le Conseil va recommander à l'Assemblée générale de ne pas approuver la résolution portant sur les éléments de rémunération fixes, variables et exceptionnels dus ou attribués. Si l'AG n'approuve pas cette résolution, "M. Carlos Ghosn ne percevra pas la part payable en numéraire de sa rémunération variable pour 2018".

Renault avait déjà décidé en février de ne verser à Carlos Ghosn ni d'indemnité liée à sa clause de non-concurrence de deux ans, ni les actions qui lui avaient été attribuées de 2015 à 2018, le PDG n'ayant pu exercer ses fonctions à partir de novembre à cause de son arrestation au Japon sur des présomptions de malversations financières.

Mercredi, les administrateurs ont estimé en outre que "des dépenses engagées par l'ancien Président-Directeur Général sont source de questionnements, en raison des pratiques contestables et dissimulées dont elles procèdent et des atteintes aux principes éthiques du Groupe qu'elles impliquent, notamment dans la gestion des conflits d'intérêts et la protection des actifs du groupe'.

Le conseil a également confirmé avoir porté à la connaissance de la justice française des éléments d'alerte relatifs à des versements relatifs effectués au profit de l'un des distributeurs de Renault au Moyen-Orient.

Carlos Ghosn prêt à "dire la vérité" le 11 avril

Mercredi, l'ancien homme fort de l'alliance Nissan-Renault, accusé par la justice japonaise de malversations financières, est sorti de son silence pour annoncer la tenue d'une conférence de presse le 11 avril prochain. "Je suis prêt à dire la vérité sur ce qui se passe. Conférence de presse le jeudi 11 avril", annonce ainsi Carlos Ghosn sur un compte Twitter nouvellement créée au mois de mars, et authentifié par le réseau social.

Cette annonce tombe alors que selon la presse japonaise, le parquet de Tokyo envisage d'engager de nouvelles poursuites contre l'ex-président de Nissan pour abus de confiance aggravé, en lien avec des paiements suspects effectués à un partenaire commercial du constructeur à Oman, au Moyen-Orient.

Selon le journal 'Yomiuri', le parquet travaille sur une affaire de paiements suspects à un partenaire installé à Oman et des poursuites pourraient être engagées pour abus de confiance aggravé.

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